Association Miandra


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Mercredi 11 novembre 2009
Pour une fois, je vais m'écarter du sujet des livres pour vous parler d'un projet qui me tient à coeur :



L’association Miandra est une association française de Loi 1901. Elle a été créée le 13 juin 2009. Miandra est un nom malgache qui signifie « celui qui regarde vers le haut ». Son but est d’aider ceux qui en ont le plus besoin à relever la tête. L’Association Miandra a pour défi la réalisation de projets relevant des besoins essentiels et quotidiens tout en respectant les coutumes et les habitudes de vie et en s’appuyant sur la participation active des populations locales.

La situation sanitaire à Madagascar :

Dans le contexte actuel à Madagascar, il est très difficile pour les hôpitaux de continuer à prendre en charge les malades correctement. Bénéficiant de subventions très limitées de la part de l’Etat , l’hôpital ne dispose pas d’un budget suffisant pour assurer les soins de ses patients. Lorsqu’ils sont hospitalisés ceux-ci doivent venir avec leur propres médicaments, linge et nourriture. Or ils font, pour la plupart, partie des couches les plus démunies de la population. Le personnel du service de pédiatrie de l’hôpital Befelatanana (situé à Antananarivo, la capitale) se bat au jour le jour pour continuer à faire fonctionner le service, subvenir aux besoins vitaux des malades, et leur dispenser les soins. Miandra a donc décidé d’accompagner cette équipe dans cette démarche et de les aider afin qu’ils puissent soigner les enfants dans les meilleures conditions possibles.

La mission de Miandra pour le service de pédiatrie à l’hôpital Befeletanana :
 

- Apporter une aide financière permettant au personnel soignant de nourrir les enfants malades et les parents qui les accompagnent. 2 Euros par jour suffisent à servir un repas par jour à tous les enfants.
- Aider le service de pédiatrie par des dons en nature ou en espèce à se pourvoir en médicaments, matériel médical et tout autre type de matériel nécessaire au bon fonctionnement du service et au confort des patients.
- Financer la construction de lavabos permettant le lavage des mains du personnel soignant afin de lutter contre les infections nosocomiales.


Pour en savoir plus, visitez le site de Miandra


Vous pouvez aider Miandra gratuitement grâce à




(moteur de recherche solidaire)


et en cliquant sur ce lien :

 





Pour plus d'explications cliquez ici

Miandra et les enfants de l’hôpital Befelatanana

comptent sur vous et vous remercient !


Par Clarinette - Publié dans : en apparté
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Dimanche 8 novembre 2009
Le début m'a rappelé L'écume des jours de Boris Vian et d'ailleurs, sur la quatrième de couverture Véronique Ovaldé est comparée à cet auteur.
Lancelot est un personnage lunaire, rêveur et solitaire. Il vit dans sa bulle, à côté d'une femme qu'il n'aime plus, dans un monde merveilleux, presque féérique peuplé d'opossums et parsemé de pétales de fleurs de cerisiers, jusqu'au jour où il tombe fou amoureux d'Irina après avoir reçu un escarpin à talon aiguille sur la tête. Elle devient alors sa nouvelle femme. Mais, un jour, Irina meurt mystérieusement et Lancelot découvre qu'elle menait une vie parallèle qu'il ignorait complètement. Sa vie bascule alors...
Lancelot est plutôt attachant. C'est un homme déconcerté par la dure réalité de la vie et qui tente en vain de s'en protéger.
Véronique Ovaldé possède indéniablement une très jolie plume pleine d'images et de métaphores originales et insolites. Mélange de noirceur et de fantaisie, son écriture est un vrai délice. Une belle découverte. Pourtant, il m'a manqué juste un tout petit quelque chose -je suis incapable de dire quoi- pour que ça devienne un grand coup de coeur.

extrait : "Mais Elisabeth revint. Elle débarqua dans l'appartement avec son sac à dos, son tapis de sol roulé, ses chaussures de montagne, son nez rose, et Lancelot se leva pour l'accueillir. A moins que ce ne fut pour l'observer tourbillonner comme il l'eût fait devant une espèce rare de coléoptère.
Dès qu'elle mit un pied dans l'appartement elle commença à parler -bien que Lancelot soupçonnât qu'elle ne s'arrêtait jamais et qu'il ne faisait que saisir des bribes d'un discours continu quand il passait près d'elle. Il pencha la tête et se dit, Ce n'est plus possible. Cette pensée était motivée bien entendu par sa récente rencontre avec Irina (il y avait de cela trois jours), rencontre qui l'avait tant bouleversé qu'il était maintenant hors de question de reprendre sa vie là où il l'avait laissée. Il se surprit à lui dire tout de go :
L'armoire a disparu (remarque accompagnée d'un haussement de sourcils et d'épaules signifiant à la fois, ce n'est pas important, je suis innocent et je m'en fous).
Elle ne lui répondit pas, elle resta plantée là, avec tout son attirail à ses pieds, elle avait les bras longs, beaucoup plus longs que la moyenne, ce qui avait pu, en des temps révolus, conférer à ses gestes une sorte de grâce étrange de danseuse indienne mais qui lui donnait à présent, en cet instant précis, parce qu'elle se tenait légèrement bossue, ayant déchargé à terre tout son barda, l'attitude d'une guenon mélancolique."
 
Et mon coeur transparent, Véronique Ovaldé, J'ai lu, 222 pages.



lu aussi par : Sassenach, Papillon, Saxaoul, Clochette, Dominique Poursin, Florinette, AnneAntigone, Clarabel

Par Clarinette - Publié dans : littérature française
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Jeudi 29 octobre 2009
Encore un roman de Douglas Kennedy très efficace et qui se lit très facilement. Mais j'ai été agacée mais son côté matérialiste : pas une page où il n'est question d'argent et de dollars (avec plusieurs zéros). Mais un roman distrayant. Avec un suspense qui monte en puissance, difficile d'en décrocher. Mais, j'ai presque été déçue par la morale de l'histoire : à Hollywood, l'on est rien si l'on n'est pas riche et célèbre. J'avoue avoir du mal à y adhérer, peut-être parce que je ne suis moi-même ni l'un ni l'autre. Le narrateur, David Armitage, scénariste, perd tout après avoir connu une ascension fulgurante : notorité, argent, biens, femme, enfant, amis, petite amie... Pourtant il s'obstine à poursuivre son rêve de fortune et de gloire, comme si sa vie en dépendait. Impossible pour moi de m'identifier à l'un ou l'autre des personnages, ni même de compatir aux déboires du personnage principal. Malgré tout, une fois de plus, j'ai été tenue en haleine. Il faut dire que Douglas Kennedy manie redoutablement bien l'art du suspense !

extrait : "Ou on est dans le coup ou on ne l'est pas. Ou on est lancé ou on n'existe pas. En ce sens, Hollywood est un archétype des théories darwiniennes. Alors que dans d'autres villes la même hantise de la réussite se dissimule sous des couches d'urbanité et d'affectation intellectuelle, le principe de base est ici sans détour : si tu as quelque chose à m'apporter, tu m'intéresses. Monstrueuse superficialité, s'indigne-t-on souvent, mais moi j'aimais la franchise bourrue de ces rapports sociaux. On sait toujours de quoi il est question. On ne peut ignorer les règles du jeu."

Rien ne va plus
, Douglas Kennedy, Pocket, 443p.



Par Clarinette - Publié dans : littérature nord américaine
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Mardi 27 octobre 2009
Je reprends l'idée de LN, voici la liste des 100 livres préférés des Français (sondage fait par le magazine Lire en 2004). En rouge, ceux que j'ai lu en entier, en noir, ceux que je n'ai jamais lu, en bleu, ceux que j'ai lu en partie :

1 La Bible (lu une version pour enfant et quelques passages)

2 Les misérables de Victor Hugo (lu une version pour enfant)
3 Le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry **** (une de mes lectures d'enfant préférées)
4 Germinal d'Emile Zola ***
5 Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien (je n'ai lu que Bilbo le Hobbit)
6 Le rouge et le noir de Stendhal (lu des extraits au Lycée)
7 Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier
8 Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne
(jamais réussi à lire un seul livre de Jules Verne en entier !)
9 Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody

10 Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas
11 La gloire de mon père de Marcel Pagnol
12 Le journal d'Anne Frank d'Anne Frank
13 La bicyclette bleue de Régine Deforges
14 La nuit des temps de René Barjavel

15 Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough

16 Dix petits nègres d'Agatha Christie

17 Sans famille d'Hector Malot
18 Les albums de Tintin de Hergé ****
19 Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell
20 L'assommoir d'Emile Zola ***
21 Jane Eyre de Charlotte Brontë ****

22 Dictionnaires Petit Robert, Larousse, etc.
23 Au nom de tous les miens de Martin Gray
24 Le comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas
25 La cité de la joie de Dominique Lapierre
26 Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley

27 La peste d'Albert Camus ****
28 Dune de Frank Herbert (découragée par les premières pages, idem pour le film)
29 L'herbe bleue Anonyme

30 L'étranger d'Albert Camus ****
31 L'écume des jours de Boris Vian ***
32 Paroles de Jacques Prévert ****

33 L'alchimiste de Paulo Coelho
34 Les fables de Jean de La Fontaine (j'en ai apprises quelques-unes à l'école comme tout le monde)
35 Le parfum de Patrick Süskind ***
36 Les fleurs du mal de Charles Baudelaire ****
37 Vipère au poing d'Hervé Bazin
38 Belle du seigneur d'Albert Cohen
39 Le lion de Joseph Kessel ***
40 Huis clos de Jean-Paul Sartre
41 Candide de Voltaire (quelques passages étudiés au lycée)
42 Antigone de Jean Anouilh ****
43 Les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet
44 Premier de cordée de Roger Frison-Roche
45 Si c'est un homme de Primo Levi

46 Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur *** (j'ai lu tous ses livres quand j'étais petite)
47 Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne
48 Les fourmis de Bernard Werber (traîne sur ma PAL depuis des années !)

49 La condition humaine d'André Malraux
50 Les Rougon-Macquart d'Emile Zola
51 Les rois maudits de Maurice Druon
52 Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand
53 Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë ****
54 Madame Bovary de Gustave Flaubert ****

55 Les raisins de la colère de John Steinbeck
56 Le château de ma mère de Marcel Pagnol
57 Voyage au centre de la Terre de Jules Verne
58 La mère de Pearl Buck
59 Le pull-over rouge de Gilles Perrault
60 Mémoires de guerre de Charles de Gaulle
61 Des grives aux loups de Claude Michelet
62 Le fléau de Stephen King
63 Nana d'Emile Zola
64 Les petites filles modèles de la comtesse de Ségur **** (mon premier vrai livre !)

65 Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway
66 Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez **** (un de mes livres cultes !)
67 Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt
68 Robinson Crusoé de Daniel Defoe
69 L'île mystérieuse de Jules Verne
70 La chartreuse de Parme de Stendhal

71 1984 de George Orwell ****
72 Croc-Blanc de Jack London
73 Regain de Jean Giono
74 Notre-Dame de Paris de Victor Hugo
75 Et si c'était vrai de Marc Levy
76 Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (étudié en classe de 1ère, jamais lu en entier !)
77 Racines d'Alex Haley
78 Le père Goriot d'Honoré de Balzac (étudié au lycée)

79 Au bonheur des dames d'Emile Zola
80 La terre d'Emile Zola

81 La nausée de Jean-Paul Sartre
82 Fondation d'Isaac Asimov
83 Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway
84 Louisiane de Maurice Denuzière

85 Bonjour tristesse de Françoise Sagan
86 Le club des cinq d'Enid Blyton ****
87 Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck
88 Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir ***
89 Les cavaliers de Joseph Kessel

90 Jalna de Mazo de la Roche
91 J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian
92 Bel-Ami de Guy de Maupassant
93 Un sac de billes de Joseph Joffo
94 Le pavillon des cancéreux d'Alexandre Soljenitsyne
95 Le désert des Tartares de Dino Buzzati
96 Les enfants de la terre de Jean M. Auel
97 La 25e heure de Virgil Gheorghiu

98 La case de l'oncle Tom de H. Beecher-Stowe
99 Les Thibault de Roger Martin du Gard
100 Le silence de la mer de Vercors

Parmi les 100 livres préférés des Français, j'en ai lu 53 en entier et 10 partiellement. Et j'ai ajouté des petites étoiles pour ceux qui m'ont le plus marquée...A qui le tour ?
Par Clarinette - Publié dans : en apparté
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Dimanche 25 octobre 2009
 Ecrit dans un style très familier,un roman noir qui se laisse volontiers lire tellement l'intrigue est prenante.
Nick, un petit journaliste américain moyen, anonyme et un peu looser, décide un jour sur un coup de tête de quitter sa vie solitaire et sans histoire pour aller explorer les grands espaces australiens. Son chemin croise celui d'Angie, une belle Australienne qui va l'attirer dans ses filets et le conduire dans un traquenard au fin fond du désert.
C'est loin d'être un chef d'oeuvre de littérature, j'y ai même noté quelques invraisemblances, mais on ne peut qu'être accroché à cette histoire et avoir envie de savoir comment Nick va sortir de ce pétrin. Une ambiance très cinématographique, Douglas Kennedy plonge efficacement le lecteur dans l'atmosphère torride et étouffante du bush australien. Un livre idéal pour une lecture de voyage ou de vacances et qui a le mérite de ne pas trop fatiguer les neurones.

extrait : "J'étais au centre d'un univers voué au rouge. Un rouge aride, stérile, couleur de sang séché. A perte de vue, de la latérite et une brousse maigre, poudrée de rouge. Le tout occupait un plateau d'un taille qui défiait l'imagination. Je me suis éloigné du combi et, planté au milieu de la route, j'ai contemplé les quatre horizons. Au nord, rien. Et rien non plus au sud , à l'est ou à l'ouest... Pas la moindre bicoque, pas un poteau téléphonique, pas l'ombre d'un panneau, qu'il soit routier ou publicitaire. N'était le ruban de bitume que j'avais sous les pieds, j'aurais pu être le premier homme à m'aventurer dans cette contrée. Un désert sans limites, sous un ciel d'un bleu implacable. L'infini hypnotique à force de monotonie."

Cul-de-sac
, Douglas Kennedy, Folio policier, 292 pages.

lu aussi par : Loupiotte, Laconteuse, Allie, Sassenach, Eireann, Caroline
Par Clarinette - Publié dans : littérature nord américaine
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Samedi 24 octobre 2009
Un livre qu'il m'a fallu apprivoiser et que j'ai lu lentement et par petites doses, mais qui est loin de m'avoir laissée indifférente.
L'hisoire commence dans les années cinquante et se termine à la fin des années soixante-dix. Ariah, le personnage central, est orgueilleuse et hautaine, parfois arrogante, parfois terrifiée, pas sympathique mais fascinante. Devenue veuve le lendemain même de ses noces, parce que son mari s'est jeté dans les chutes du Niagara, elle est persuadée d'être poursuivie par une malédiction. Ariah est difficile à cerner, souvent dans le déni, on ne comprend pas toujours ses motivations. Elle fait parfois preuve d'une obstination impressionnante lorsqu'il s'agit de ne pas voir la réalité en face.
Le passage sur les dégâts de la pollution dûe à l'industrialisation effrénée sur les abords du Niagara dans les années soixante et sur la tentative desespérée de Dirk Burnaby, le deuxième époux d'Ariah,  d'en défendre les victimes est passionnant.
Puis on voit les dégats des non-dits d'Ariah sur ses enfants : leurs interrogations sur leur père décédé, leurs hésitations et les erreurs où cela va les mener. Mais ils continuent pourtant à porter à leur mère un attachement viscéral.
Et enfin, il y a les Chutes, elles-mêmes, qui m'ont fait l'effet d'être un personnage à part entière. Une sorte de monstre gigantesque que l'on entend gronder tout au long du roman et dont la force d'attraction est irrésistible.
Le style de Joyce Carol Oates dont c'est le premier livre que je lis est à l'image de ses personnages : plein de doutes, de tergiversations et de contradictions et toujours en mouvement. Ca m'a perturbée au début, mais je me suis rendu compte peu à peu que c'était ce qui faisait la force et le charme de ce roman bouillonnant, dense et riche en surprises.

extrait : "Pendant sept jours et sept nuits, elle veilla.
Pendant sept jours et sept nuits, on vit la Veuve blanche au bord des gorges du Niagara, sur Goat Island ou sur les rives du fleuve ; elle se joignit aux équipes de secours qui cherchaient le "disparu" et accompagna une équipe de garde-côtes dans sa patrouille en aval, au-delà de Lewiston et Youngstown, jusqu'au lac Ontario. Dans l'embarcation, Ariah Erskine etait la seule femme, et sa présence mettait les hommes mal à l'aise. Fiévreuse, dans un état second, elle fixait de ses yeux rougis les vagues clapoteuses, onduleuses, comme si, à tout instant, le corps d'un homme pouvait apparaître et mettre un terme à sa quête. D'une voix basse, rauque, elle répétait à qui voulait bien écouter : "Je suis la femme de Gilber Erskine et, si je suis devenu sa veuve, il faut que je sois présente lorsqu'on le retrouvera. Je dois m'occuper de mon mari." Les officiers du garde-côte échangeaient des regards peinés, ils savaient à quoi ressemblait le cadavre d'un homme tombé dans les chutes."


Les chutes, Joyce Carol Oates, Points, 552p.

lu aussi par : Caroline, La Conteuse, Agapanthe, Solsol, Choupynette

Par Clarinette - Publié dans : littérature nord américaine
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Dimanche 20 septembre 2009
Quand j'ai vu la bande-annonce du film de Laurent Tirard qui doit sortir le 30 septembre, j'ai eu envie de me plonger dans les aventures du petit Nicolas que je connaissais assez mal. C'est un personnage que j'ai découvert alors que j'étais déjà adulte. Difficile de se mettre dans la peau d'un petit garçon de sept ou huit ans quand on a largement et depuis très longtemps dépassé cet âge. J'avoue que je me sens un peu vieille pour apprécier pleinement ce genre de lecture, d'autant qu'il ne s'agit pas pour moi d'une lecture d'enfance et qu'elle n'évoque donc aucun souvenir. Les histoires sont un peu répétitives : Nicolas fait des bêtises avec ses copains Alceste, Clotaire, Eudes, Geoffroy, Agnan...Les victimes sont en général : les parents ou la maîtresse qui est adorée par ses élèves turbulents mais qui est très vite dépassée par les évènements et a du mal à s'imposer face à cette bande de garnements, le directeur de l'école...Chaque aventure se termine en général par une catastrophe ou une belle bagarre entre copains. Un livre que j'aurais sans doute plus apprécié si je m'étais contenté de le lire à petite dose en piochant un chapitre par-ci, par-là. Mais j'ai tout de même été sensible au charme poétique des dessins de Sempé, à l'écriture simple et enfantine de Gosciny et à certaines situations vraiment comiques. On voit que les deux compères on su retrouver leur âme d'enfant pour réaliser cet ouvrage. En tous cas j'irai certainement voir le film.





Le petit Nicolas, Sempé/Gosciny, Folio, 157p.   








Par Clarinette - Publié dans : littérature française
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Dimanche 6 septembre 2009
J'ai découvert Paul Auster il y a quelques années peu de temps avant de commencer ce blog. J'ai voulu alors ingurgiter toute son oeuvre d'un coup mais au bout de trois ou quatre livres, je me suis lassée.  J'ai adoré la Trilogie Newyorkaise et Moon Palace, j'ai un peu moins aimé Mr Vertigo. Puis j'ai enchaîné sur L'invention de la solitude et Le livre des illusions que je n'ai pas lus jusqu'au bout. Ce n'est que ces jours-ci que j'ai redécouvert dans ma PAL les livres que j'avais abandonnés dont celui-ci.
Le
début apparaît comme une biographie rédigée par le narrateur Peter Aaron. En apprenant sa mort, celui-ci a décidé de prendre la plume pour raconter la vie de son meilleur ami Benjamin Sachs. On s'attend alors à un récit un peu ennuyeux. Dans un sens, cela donne un aspect plus réaliste à l'histoire et cela permet au lecteur de mieux y croire... Mais, plus on avance dans le livre, plus il ressemble à un roman. D'abord parce que le narrateur lui-même est impliqué et joue un rôle dans le destin de son personnage, il n'est pas un simple observateur. Et puis, on finit par être pris par cette histoire comme par un thriller...Paul Auster a l'art de faire monter le suspense. Par un enchaînement de rencontres fortuites, de hasards, et de coïncidences, il démontre comment un Américain moyen, brillant et cultivé, qui a tout pour réussir devient un terroriste poseur de bombes qui va s'attaquer au grand symbole préféré des américains : la statue de la Liberté. Ca pourrait paraître tordu, pourtant on y croit parce que c'est tellement bien écrit que même les situations plus invraisemblables paraissent plausibles.
Paul Auster évoque aussi assez discrètement : l'époque Reagan, la fin des années 70 et avec elle la disparition de certaines valeurs idéalistes remplacée par le matérialisme et l'individualisme des années 80, et, vers la fin du roman, la chute du mur de Berlin... Léviathan montre un homme qui se cherche dans un monde en pleine mutation.
Un livre que j'ai trouvé très intelligent et passionnant.

extrait
: "L'époque Reagan commençait. Sachs continuait de faire ce qu'il avait toujours fait, mais dans le nouvel ordre américain des années quatre-vingt, sa position tendait à se marginaliser. S'il ne manquait pas de lecteurs, leur nombre se réduisait néanmoins et les revues qui le publiaient devenaient de plus en plus obscures. De façon presque imperceptible, il en vint à être considéré comme dépassé, comme décalé par rapport à l'esprit du temps. Le momnde autour de lui avait changé, et dans le climat ambiant d'égoïsme et d'intolérance, d'américanisme débile et triomphant, ses opinions rendaient un son étrange de raideur et de moralisme. Il était déjà assez inquiétant que la droite fût partout en pleine progression ; l'écroulement de toute réelle opposition à cette droite paraissait à Sachs plus inquiétante encore. Le parti démocrate s'était effondré ; la gauche avait pratiquement disparu ; la presse était muette. L'autre bord s'était soudain approprié tout les arguments, et élever la voix contre lui passait pour de mauvaises manières. Sachs continuait à exprimer ses idées, à affirmer haut et fort ce qu'il avait toujours cru vrai, mzis de moins en moins de gens prenait la peine de l'écouter. Il prétendait que cela lui était égal, mais je voyais bien que le combat l'épuisait et qu'alors même il tentait de trouver un réconfort dans la convicton d'avoir raison, il perdait peu à peu confiance en lui."
 
Léviathan, Paul Auster, Le Livre de Poche, 318p.


lu aussi par : Lilly, Kathel, Allie, Jules
Par Clarinette - Publié dans : littérature nord américaine
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Mercredi 2 septembre 2009
  Dans un pays d'Afrique imaginaire, le Mboasu, Musango, une petite fille de neuf ans, tente de survivre après avoir été martyrisée puis chassée par sa mère qui la considérait comme une sorcière. Elle erre dans la ville puis elle est capturée et vendue comme esclave. Elle réussit à s'échapper et part à la recherche de sa mère.
 Léonora Miano montre un pays où règnent la misère, la violence, le chaos et l'obscurantisme. Où ses habitants se réfugient dans des croyances d'un autre âge ou fabriquées de toutes pièces par des gourous plus intéressés par l'argent que par la spiritualité et qui bricolent des religions de pacotille en utilisant les peurs et les frustrations des gens pour mieux les manipuler et leur extorquer leurs biens. Dans ce contexte très sombre, émergent quelques figures fortes qui luttent contre la passivité et le fatalisme ambiants, et ce sont toutes des femmes : Ayané, qui est le personnage prinicipal de L'intérieur de la nuit et qu'on aperçoit ici, Madame Mulonga l'institutrice, Kwin la marchande de plantains, Mbambè, la grand-mère...Elles apportent une lueur de sagesse et de discernement. Musango elle-même est un véritable modèle de lutte pour la vie et de foi en l'avenir. A travers le récit de Musango, Léonora Miano s'attache à décrire une Afrique traversée parle colonialisme et les guerres et qui peine à se trouver une identité. Un roman très fort où l'auteur, nous plonge, une fois de plus, dans les profondeurs de l'Afrique.

extrait : "Si notre peuple peut produire des individualités assez audacieuses pour affronter ses errances et ses lâchetés, il lui reste une chance de prétendre à sa grandeur. Notre valeur ne réside pas dans les métaux du sous-sol auxquels d'autres ont donné une importance que nous ne comprenons toujours pas, que nous ne savons ni cerner, ni exploiter pour le bien commun. Ils en fixent le prix et nous l'acceptons parce que cela ne signifie rien pour nous. Ils nous dupent peut-être, mais nous les laissons faire, toujours inaptes à décider quoi que ce soit pour nous-mêmes. Notre valeur n'est pas non plus cette mystique dénuée de spiritualité, au travers de laquelle nous prétendont commander aux puissances occultes. Sans chercher à nous conformer aux principes supérieurs et universels qui régissent la vie. Notre grandeur viendra de ce que nous saurons engendrer des êtres libres. Qu'ils se tiennent debout, qu'ils ne récitent leur longue généalogie que pour mieux regarder devant. Qu'ils disent : je suis parce que j'existe. Je récuse l'obscur et réfute la démence comme unique horizon. Et après qu'ils auront dit combien l'Afrique vaut mieux que ce qu'elle pense d'elle-même, des légions leur emboîteront le pas."

Contours du jour qui vient
, Léonora Miano, Pocket, 248p.

lu aussi par : Kalistina, Chimère, Lo
, et bien d'autres...

Et pour accompagner cette lecture, je vous propose d'écouter :






Par Clarinette - Publié dans : littérature africaine
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Lundi 31 août 2009
Une femme revient, après douze années d'absence passées en Australie, avec ses deux enfants dans le château de son enfance. Elle y retrouve sa mère, ainsi que son frère et sa belle-soeur qui viennent de perdre leur bébé. Dans cette grande demeure familiale, chacun est venu pour panser une blessure et faire le deuil d'un enfant, d'une vie rêvée ou d'une vie passée et chacun le fait à sa manière. La parole est plutôt rare dans cette famille régie longtemps par les codes de bienséance de la haute société et il faudra du temps pour que les plaies commencent à cicatriser. Par quelques mots, quelques gestes à peine esquissés, ils vont parvenir tout doucement à s'apporter un peu de réconfort les uns aux autres. On sort de ce très court roman comme d'un orage qui a éclaté après une journée très chaude et lourde. On ressent à la fin une impression d'apaisement.

extrait : "Grand-mère apparut en haut de l'escalier. Elle était impeccablement vêtue d'une veste de laine et d'une jupe assortie, et portait un collier de perles irréprochable. Une canne à pommeau d'argent qui ressemblait à un sceptre était posé à côté d'elle. Elle était petite et menue, mais donnait l'impression d'une digne résignation.
"Bonjour, mère.
- Bonjour Olivia."
La femme gravit l'escalier de marbre et, arrivée près de sa mère, elle prit sa main squameuse et molle et l'embrassa. Un geste formel, pas de réconciliation. Et à son tour, sa mère l'évalua du regard - ses cheveux en désordre, ses bas déchirés, son bras cassé. Avec tact, elle décida de ne faire aucun commentaire.
"J'avais besoin de revenir à la maison, dit la femme." Il y eut un long silence. "Et bien, voici les enfants."

Ailleurs
, Julia Leigh, Pocket, 105p.

lu aussi par : Lily, Sylvie, Papillon, Lilly, Florinette, Solenn, Kathel



Par Clarinette - Publié dans : littérature océanienne
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Je lis...

 
L'élégance du hérisson
Muriel Barbery

J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums
BANKS Russell, American darling
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

G

GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

K

KASISCHKE Laura, A Suspicious River
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs

M

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise
MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Philippe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SI JE Dai, Le complexe de Di


T

TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

V

VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

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