Mercredi 11 novembre 2009
Pour une fois, je vais m'écarter du sujet des livres pour vous parler d'un projet qui me tient à coeur :
L’association Miandra est une association française de Loi 1901. Elle a été créée le 13 juin 2009. Miandra est un
nom malgache qui signifie « celui qui regarde vers le haut ». Son but est d’aider ceux qui en ont le plus besoin à relever la tête. L’Association Miandra a pour défi la réalisation de
projets relevant des besoins essentiels et quotidiens tout en respectant les coutumes et les habitudes de vie et en s’appuyant sur la participation active des populations locales.
La situation sanitaire à Madagascar :
Dans le contexte actuel à Madagascar, il est très difficile pour les hôpitaux de continuer à
prendre en charge les malades correctement. Bénéficiant de subventions très limitées de la part de l’Etat , l’hôpital ne dispose pas d’un budget suffisant pour assurer les soins de ses patients.
Lorsqu’ils sont hospitalisés ceux-ci doivent venir avec leur propres médicaments, linge et nourriture. Or ils font, pour la plupart, partie des couches les plus démunies de la population. Le
personnel du service de pédiatrie de l’hôpital Befelatanana (situé à Antananarivo, la capitale) se bat au jour le jour pour continuer à faire fonctionner le service, subvenir aux besoins vitaux des
malades, et leur dispenser les soins. Miandra a donc décidé d’accompagner cette équipe dans cette démarche et de les aider afin qu’ils puissent soigner les enfants dans les meilleures conditions
possibles.
La mission de Miandra pour le service de
pédiatrie à l’hôpital Befeletanana :
Apporter une aide financière permettant au personnel soignant de nourrir les enfants malades et
les parents qui les accompagnent. 2 Euros par jour suffisent à servir un repas par jour à tous les enfants.
Aider le service de pédiatrie par des dons en nature ou en espèce à se pourvoir en médicaments,
matériel médical et tout autre type de matériel nécessaire au bon fonctionnement du service et au confort des patients.
Financer la construction de lavabos permettant le lavage des mains du personnel soignant afin de
lutter contre les infections nosocomiales.
Pour en savoir plus, visitez le site de Miandra
Vous pouvez aider Miandra gratuitement grâce
à
(moteur de recherche solidaire)
et en cliquant sur ce lien :
Pour plus d'explications cliquez ici
Miandra et les enfants de l’hôpital Befelatanana
comptent sur vous et vous remercient !
Par Clarinette
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Publié dans : en apparté
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Dimanche 20 septembre 2009
Quand j'ai vu la bande-annonce du film de Laurent Tirard qui doit sortir le 30 septembre, j'ai eu envie de me plonger dans les
aventures du petit Nicolas que je connaissais assez mal. C'est un personnage que j'ai découvert alors que j'étais déjà adulte. Difficile de se mettre dans la peau d'un petit garçon de sept ou huit
ans quand on a largement et depuis très longtemps dépassé cet âge. J'avoue que je me sens un peu vieille pour apprécier pleinement ce genre de lecture, d'autant qu'il ne s'agit pas pour moi d'une
lecture d'enfance et qu'elle n'évoque donc aucun souvenir. Les histoires sont un peu répétitives : Nicolas fait des bêtises avec ses copains Alceste, Clotaire, Eudes, Geoffroy, Agnan...Les victimes
sont en général : les parents ou la maîtresse qui est adorée par ses élèves turbulents mais qui est très vite dépassée par les évènements et a du mal à s'imposer face à cette bande de garnements,
le directeur de l'école...Chaque aventure se termine en général par une catastrophe ou une belle bagarre entre copains. Un livre que j'aurais sans doute plus apprécié si je m'étais contenté de le
lire à petite dose en piochant un chapitre par-ci, par-là. Mais j'ai tout de même été sensible au charme poétique des dessins de Sempé, à l'écriture simple et enfantine de Gosciny
et à certaines situations vraiment comiques. On voit que les deux compères on su retrouver leur âme d'enfant pour réaliser cet ouvrage. En tous cas j'irai certainement
voir le film.
Le petit Nicolas, Sempé/Gosciny, Folio, 157p.
Par Clarinette
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Publié dans : littérature française
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Dimanche 6 septembre 2009
J'ai découvert Paul Auster il y a quelques années peu de temps avant de commencer ce blog. J'ai voulu alors ingurgiter toute son oeuvre d'un coup mais au bout de trois ou quatre livres, je me suis
lassée. J'ai adoré la Trilogie
Newyorkaise et Moon Palace, j'ai un peu moins aimé Mr Vertigo. Puis
j'ai enchaîné sur L'invention de la solitude et Le livre des illusions que je
n'ai pas lus jusqu'au bout. Ce n'est que ces jours-ci que j'ai redécouvert dans ma PAL les livres que j'avais abandonnés dont celui-ci.
Le début apparaît comme une biographie rédigée par le narrateur Peter Aaron. En apprenant sa mort,
celui-ci a décidé de prendre la plume pour raconter la vie de son meilleur ami Benjamin Sachs. On s'attend alors à un récit un peu ennuyeux. Dans un sens, cela donne un aspect plus réaliste à
l'histoire et cela permet au lecteur de mieux y croire... Mais, plus on avance dans le livre, plus il
ressemble à un roman. D'abord parce que le narrateur lui-même est impliqué et joue un rôle dans le destin de son personnage, il n'est pas un simple observateur. Et puis, on finit par être pris par
cette histoire comme par un thriller...Paul Auster a l'art de faire monter le suspense. Par un enchaînement de rencontres fortuites, de hasards, et de coïncidences, il démontre comment un Américain
moyen, brillant et cultivé, qui a tout pour réussir devient un terroriste poseur de bombes qui va s'attaquer au grand symbole préféré des américains : la statue de la Liberté. Ca pourrait paraître
tordu, pourtant on y croit parce que c'est tellement bien écrit que même les situations plus invraisemblables paraissent plausibles.
Paul Auster évoque aussi assez discrètement : l'époque Reagan, la fin des années 70 et avec elle la disparition de certaines valeurs idéalistes remplacée par le matérialisme et l'individualisme des
années 80, et, vers la fin du roman, la chute du mur de Berlin... Léviathan montre un homme qui se cherche dans un monde en pleine
mutation.
Un livre que j'ai trouvé très intelligent et passionnant.
extrait : "L'époque Reagan commençait. Sachs continuait de faire ce qu'il avait toujours fait, mais dans le nouvel ordre américain des années quatre-vingt, sa position tendait à se
marginaliser. S'il ne manquait pas de lecteurs, leur nombre se réduisait néanmoins et les revues qui le publiaient devenaient de plus en plus obscures. De façon presque imperceptible, il en vint à
être considéré comme dépassé, comme décalé par rapport à l'esprit du temps. Le momnde autour de lui avait changé, et dans le climat ambiant d'égoïsme et d'intolérance, d'américanisme débile et
triomphant, ses opinions rendaient un son étrange de raideur et de moralisme. Il était déjà assez inquiétant que la droite fût partout en pleine progression ; l'écroulement de toute réelle
opposition à cette droite paraissait à Sachs plus inquiétante encore. Le parti démocrate s'était effondré ; la gauche avait pratiquement disparu ; la presse était muette. L'autre bord s'était
soudain approprié tout les arguments, et élever la voix contre lui passait pour de mauvaises manières. Sachs continuait à exprimer ses idées, à affirmer haut et fort ce qu'il avait toujours cru
vrai, mzis de moins en moins de gens prenait la peine de l'écouter. Il prétendait que cela lui était égal, mais je voyais bien que le combat l'épuisait et qu'alors même il tentait de trouver un
réconfort dans la convicton d'avoir raison, il perdait peu à peu confiance en lui."
Léviathan, Paul Auster, Le Livre de Poche, 318p.
lu aussi par : Lilly, Kathel, Allie, Jules
Par Clarinette
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Publié dans : littérature nord américaine
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Mercredi 2 septembre 2009
Dans un pays d'Afrique imaginaire, le Mboasu, Musango, une petite fille de neuf ans, tente de survivre après avoir été
martyrisée puis chassée par sa mère qui la considérait comme une sorcière. Elle erre dans la ville puis elle est capturée et vendue comme esclave. Elle réussit à s'échapper et part à la recherche
de sa mère.
Léonora Miano montre un pays où règnent la misère, la violence, le chaos et l'obscurantisme. Où ses habitants se réfugient dans des croyances d'un autre âge ou fabriquées de toutes pièces par
des gourous plus intéressés par l'argent que par la spiritualité et qui bricolent des religions de pacotille en utilisant les peurs et les frustrations des gens pour mieux les manipuler et leur
extorquer leurs biens. Dans ce contexte très sombre, émergent quelques figures fortes qui luttent contre la passivité et le fatalisme ambiants, et ce sont toutes des femmes : Ayané, qui est le
personnage prinicipal de L'intérieur de la nuit et qu'on
aperçoit ici, Madame Mulonga l'institutrice, Kwin la marchande de plantains, Mbambè, la grand-mère...Elles apportent une lueur de sagesse et de discernement. Musango elle-même est un véritable
modèle de lutte pour la vie et de foi en l'avenir. A travers le récit de Musango, Léonora Miano s'attache à décrire une Afrique traversée parle colonialisme et les guerres et qui peine à se trouver
une identité. Un roman très fort où l'auteur, nous plonge, une fois de plus, dans les profondeurs de l'Afrique.
extrait : "Si notre peuple peut produire des individualités assez audacieuses pour affronter ses errances et ses lâchetés, il lui reste une
chance de prétendre à sa grandeur. Notre valeur ne réside pas dans les métaux du sous-sol auxquels d'autres ont donné une importance que nous ne comprenons toujours pas, que nous ne savons ni
cerner, ni exploiter pour le bien commun. Ils en fixent le prix et nous l'acceptons parce que cela ne signifie rien pour nous. Ils nous dupent peut-être, mais nous les laissons faire, toujours
inaptes à décider quoi que ce soit pour nous-mêmes. Notre valeur n'est pas non plus cette mystique dénuée de spiritualité, au travers de laquelle nous prétendont commander aux puissances occultes.
Sans chercher à nous conformer aux principes supérieurs et universels qui régissent la vie. Notre grandeur viendra de ce que nous saurons engendrer des êtres libres. Qu'ils se tiennent debout,
qu'ils ne récitent leur longue généalogie que pour mieux regarder devant. Qu'ils disent : je suis parce que j'existe. Je récuse l'obscur et réfute la démence comme unique horizon. Et après
qu'ils auront dit combien l'Afrique vaut mieux que ce qu'elle pense d'elle-même, des légions leur emboîteront le pas."
Contours du jour qui vient, Léonora Miano, Pocket,
248p.
lu aussi par : Kalistina, Chimère, Lo, et bien
d'autres...
Et pour accompagner cette lecture, je vous propose d'écouter :
Par Clarinette
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Publié dans : littérature africaine
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