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  • : les lectures de Clarinette
  • : Journal de bord de mes lectures...avec mes petits mots à moi.
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La vie d'une autre

 

Frédérique Deghelt

2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 12:59

deferlantes.jpgLe livre idéal à emporter en vacances. Une jeune femme solitaire. Un mystérieux étranger. Des personnages et des lieux pittoresques. Des secrets de famille. Du suspense.

Le tout écrit avec une plume très agréable à lire.

Une lecture qui sent bon les embruns qui fouettent le visage.

 

Extrait : "Le lendemain, il a plu encore. J'ai déjeuné à l'auberge, en face d'une famille, un couple avec des gosses. A une autre table, ils étaient deux. Ils se touchaient les mains par dessus la nappe. Leurs pieds en dessous, qui se mélangeaient. Ce besoin qu'ils avaient de la peau de l'autre. Du regard de l'autre. Je les enviais. A un moment, la fille a parlé à son ami, ils se sont retourné et ils m'ont souri. J'avais été comme eux , avec toi, tellement désirante. Jusqu'à la fin même quand ton corps est devenu cette ombre, je te désirais encore."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLes déferlantes, Claudie Gallay, J'ai lu, 539 pages.

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 19:26

les débutants

L'histoire d'Anna est somme toute ordinaire.  Elle a quanrante-trois ans et vit depuis vingt ans avec Guillaume qu'elle aime et qui la rend heureuse. Un jour, elle croise Thomas et tombe immédiatement amoureuse de lui.

J'ai adoré la première moitié du livre.  C'est une simple et banale histoire d'amour, certes. Mais Anne Serre raconte à merveille le basculement d'une femme dans l'état amoureux et la manière dont Thomas et Anna vont se tourner autour et se chercher pendant des mois. Tout son talent réside à mon avis dans la description des sentiments et des émotions d'Anna, et de tout ce qu'implique l'entrée d'un autre homme dans sa vie : ses doutes, ses interrogations... Anna se détache peu à peu de Guillaume, bien qu'elle l'aime encore, pour se rapprocher de Thomas. Elle traverse alors en quelque sorte une nouvelle adolescence (la fameuse crise de la quarantaine ?). L'auteur analyse et décortique dans les moindres détails le ressenti d'Anna, nous ouvre l'accès à ses pensées intimes, nous montre aussi comment la rencontre avec un nouvel homme peut amener une femme à se transformer physiquement et psychologiquement.

Cependant, j'ai été moins sensible à la deuxième moitié que j'ai d'ailleurs lu en diagonale.  Les retours en arrière, les introspections, les tergiversations m'ont moins intéressée que le récit de la naissance de  l'amour entre Thomas et Anna.

Malgré tout, j'ai été très touchée par ce roman comme devraient l'être tous les amoureux ou ceux qui l'ont été un jour.

 

extrait : "Aujourd'hui, lorsqu'elle pense à ce jour-là et à tant d'autres qui suivirent, Anna reste stupéfaite de la force de son embrasement. Non pas tant que l'embrasement lui ait été inconnu : dans sa vie, deux fois déjà il s'était produit et de la même manière. C'est comme un coin obscur qui prend feu et d'autant plus violemment qu'on aurait versé dessus du pétrole ou de l'alcool. Aussi la flamme monte-t-elle aussitôt, brûlant toute la maison, léchant et noircissanr les murs, dessinant des ombres et des formes gigantesques qui dansent une gigue fascinante. Les deux histoires antérieures, pourtant avaient été malheureuses ; l'autre n'avait pas voulu d'elle, pas de cette femme si bizarrement embrasée. Après les premiers mois de joie aigûe, elle s'était retrouvée désespérée de ne pas atteindre le corps de l'autre et avait souffert bien autant qu'elle avait désiré, c'est-à-dire à un point extrème. Il semble que la vie ne nous apprenne pas grand-chose puisqu'elle recommençait, mais c'est aussi qu'on oublie la souffrance alors que le souvenir de la félicité reste vivant. Quelqu'un  vient-il à la susciter de nouveau ? Et l'on veut une fois de plus être pris dans ce désir extrème que l'on prend pour de l'amour qui le devient parfois mais n'est rien d'autre à la vérité que le désir irrépressible d'être nu contre l'autre."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLes débutants, Anne Serre, Mercure de France, 168 pages.
 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 00:01

 

larcdelalune1erePublié par une maison d'édition belge, Les Editions du Chemin , ce roman est accompagné de nombreux outils pédagogiques à l'intention des enseignants de collège et de leur élèves et entre dans la catégorie "fantasy". C'est aussi un roman d'aventure et d'initiation.

  J'ai été touchée par le personnage principal, Léo, jeune garçon rejeté par sa mère et maltraité par son beau-père. Léo est un être hybride, un félissien, mi-humain, mi-félin qui ignore l'identité de son vrai père parce que sa mère refuse de la lui révéler. Un jour, il prend la fuite et va faire de nombreuses rencontres, vivre des expériences et traverser des épreuves qui vont l'aider à s'affirmer et à grandir. Son chemin va croiser entre autres, celui de Falgand le Sage de la forêt et sa fille Léa, de Loup-Très-Ancien, de Baka-le-shaman-gris, de Wulfina la loupine...

L'auteur délivre un message de tolérance, d'amitié et de solidarité. C'est aussi une leçon de vie qui s'adresse plutôt à des adolescents ou pré-adolescents. Mais aussi -pourquoi pas ?- à des adultes ou à toute personne en devenir.

Je l'ai donc lu avec plaisir, en m'imaginant dans la peau d'un enfant de douze ou treize ans. Je suis toutefois restée un peu sur ma faim et j'espère avoir l'occasion de lire très bientôt la suite des aventures de Léo.

 

extrait : "Il est réveillé par l'absence de son nouvel ami. Un long hurlement retentit au-dehors. Il s'habille en hâte. La porte est telle qu'il l'a laissée la veille au soir : entrouverte. La lune est pleine. La clairière est éclairée comme en plein jour. Au centre, Louveteau, la gueule renversée en arrière, jette des cris qui ont mis tous ses sens en alerte. 

Il s'approche du jeune loup et s'asseoit dans l'herbe à côté de lui. Il ne sait que faire ; alors il pose une main sur son encolure. Un coup de langue lui souhaite la bienvenue. Louveteau n'est pas en colère contre lui. Mais pourquoi hurle-t-il ainsi ?

Soudain, il perçoit un craquement. Le bruit est furtif mais il l'entend. Cela vient des sous-bois qui entourent la clairière. Puis un autre. Et encore un autre. Ceux qui provoquent ces sons ne se cachent pas. Ils sont naturellement discrets, il viennent de tous les coins de la forêt.

Un premier loup pénètre dans la clairière. Il se couche dans l'herbe à dix pas de lui. Puis un autre vient et fait de même. Et encore un autre. En quelques instants, une trentaine de loups ont fait cercle autour d'eux et les fixent en silence. Bizarrement, Léo n'a pas peur. Son coeur bat à tout rompre. Il a envie de rire et pleurer à la fois mais il n'a pas peur."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifL'arc de la lune, Pierre-François Kettler, Editions du Chemin, La plume à la Page, 300 pages.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 21:49

ballade-de-lila-KUn roman d'anticipation : l'histoire d'une jeune fille dans le Paris des années 2100 dont le centre est devenu un endroit surveillé, aseptisé, hyper-sécurisé, entouré d'un mur au delà duquel il y a la Zone, un monde de violence, de misère, de non-droit mais aussi de liberté. Lila a été arrachée à sa mère pendant sa petite enfance. Enfermée au Centre, elle y reste jusqu'à ses 18 ans. Le souvenir de sa mère s'est effacé de sa mémoire, mais elle n'a qu'une obsession : la retrouver.

Blandine Le Callet imagine ce que pourrait devenir le monde à partir de ses dérives actuelles. Dans cette société du futur, les livres sont bannis car porteurs de germes, les gardiens de prisons sont des automates, les urines sont analysées tous les jours et l'on se fait faire des injections dès l'apparition de la première ride. Ca fait froid dans le dos mais c'est aussi passionnant et très bien écrit. J'ai été scotchée dès les premières pages.

 

premières phrases : "Dans la vie, il y a toujours un avant, un après, vous avez remarqué ? Avec entre les deux une cassure franche et nette, heureuse  ou malheureuse -c'est une question de chance. Elle ne peut pas sourire à tout le monde, évidemment. je suis sûre que personne n'y échappe.

Pour moi, la rupture s'est produite le jour où des hommes casqués, tout en noir, ont défoncé la porte pour se ruer dans la chambre."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLa ballade de Lila K, Blandine Le Callet, Stock.
 

   
    

 


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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 12:00
diagonaleduvideLe début de ce roman m'a captivée. J'ai beaucoup aimé l'idée de cette diagonale du vide : une bande virtuelle qui traverse la France du Nord-Est au Sud-Ouest et qui est constituée de ses régions les moins peuplées. J'ai aimé l'idée de l'homme d'affaire blasé et désabusé qui quitte tout pour se retrouver au fin fond d'un village perdu de la France profonde. J'ai aimé la manière dont Pierre Péju décrit cet endroit et ses habitants. J'ai aussi aimé l'image cette marcheuse solitaire  et mystérieuse qui arpente cette diagonale. Elle est jeune, belle et blonde et évidemment l'homme tombe amoureux d'elle sans se l'avouer. Il la suit, elle disparaît, il enquête sur elle, retrouve une ancienne maîtresse...J'ai regretté qu'à un moment, l'histoire s'éloigne et quitte cette diagonale pour devenir une sorte roman noir et d'espionnage qui mène le lecteur en Afghanistan, à New-York, à Paris... S'ensuit une série de rebondissements rocambolesques. On change complètement de style et c'est ce qui m'a perturbée. C'est comme si on passait d'un roman à un autre. Certaines situations m'ont parues à la limite du ridicule, on se croirait presque dans une série B, avec un méchant pervers en fauteuil roulant. Seul le passage où Marc Travenne revient dans le village natal de sa mère m'a touchée.
Un roman qui, du premier abord, m'a paru très prometteur, mais qui m'a déçu par la suite. En lisant les premières pages, je m'attendais à autre chose. Dommage...

extrait : "Pays perdu. Des pierres, beaucoup de pierres, dures et sombres que la pluie rend luisantes. Des maisons basses, très éloignées les unes des autres, dont certaines ne sont plus que ruines encombrées de ronces, de fougères, et faciles à confondre avec un amoncellement de roches. Partout, des blocs de basalte surgissent dans les déchirures d'un velours vert et rapé. De loin en loin, des bêtes humides, figées dans un vieux rêve. Les crinières des chevaux sont gorgées d'eau, comme est trempée la laine des moutons aux marques rouges ou violettes. Du cul des vaches tombent régulièrement des paquets de bouse chaude et les crottes des chèvres sont autant de billes noires disséminées entre les brins d'herbe.
Même par temps clair, les ondulations infinies de cette terre ne procurent pas un sentiment d'apaisement mais d'apreté."

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLa diagonale du vide
, Pierre Péju, Gallimard, 280 pages.

lu aussi par Lily




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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 11:28
pareffraction Ce roman très court est composé de chapitres également très courts qui ne sont parfois que des paragraphes de quelques lignes. Différentes histoires et différents points de vue s'y entrecroisent.
Le 23 septembre 2004 un homme a acheté un carton dans la boutique d'un antiquaire, un carton rempli de films super 8 tournés dans les années 50. Ceux-ci sont entièrement consacrés à une jeune femme prénommée Aurore. On la voit grandir, devenir adulte et évoluer jusqu'à ce qu'elle disparaisse mystérieusement des images. Le narrateur (ou l'écrivain ?) s'adresse à l'homme qui a découvert les films et décrit les sentiments qu'éprouve celui-ci en visionnant le film comme s'il lisait dans ses pensées.

A. jeune fille "télépathe" vit en Suisse au bord du Lac Léman. Elle a accès aux pensées les plus intimes des gens qu'elle côtoie. Ce pouvoir encombrant l'oppresse.
Une femme de notre époque raconte ses rêves.
Ce livre aborde le thème de l'intrusion dans l'intimité d'autrui : voyeurisme, télépathie, rêves...et le lecteur lui-même est impliqué.
Un roman très énigmatique et dérangeant dont la fin m'a totalement échappée mais séduisant tout de même par la qualité de son écriture et par le mystère qui s'en dégage. Hélène Frappat sonde les âmes avec beaucoup de talent et de subtilité.

extrait : "Dans la cohue désordonnée et bruyante, personne, à l'exception de A. ne remarqua la silhouette qui s'était faufilée, à contre-courant des camarades qui la bousculaient sans la voir vers la sortie du lycée.
Avant d'en apercevoir son ombre furtive, seule élève desendant les marches du vieil escalier que toutes les élèves remontaient à la hâte, A.
savait. Durant le récit de Claire, elle avait écouté une jeune fille étrangement silencieuse, en retrait.
A. s'était introduite au fond de son âme, en cette zone trsansparente où ne survit aucune ombre, où la langue universelle des émotions, seule et sans miroir, sans reflets et sans masques, ne ment jamais." 
 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifPar effraction, Hélène Frappat, Allia, 127 pages.

lu aussi par : Lily, Antigone, Aurélie, Laure Limongi...
...et la critique de Télérama où j'ai trouvé cette idée de lecture.
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 12:48
J'ai eu envie de lire ce livre après avoir vu la bande-annonce du film Le hérisson. Le sujet a m'attirée : l'histoire de Renée Michel, concierge vieillissante d'un immeuble bourgeois, en apparence laide, revêche et inculte qui est en réalité une femme extrèmement cultivée et autodidacte. Renée s'efforce de coller au cliché de la concierge et cache soigneusement son érudition, parce que dans le monde où nous vivons, chacun doit rester à sa place et on ne mélange pas torchons et serviettes. Ses riches voisins la snobent et sa seule amie est Manuela, une femme de ménage portugaise. Dans son immeuble habite Paloma, douze ans, surdouée, en conflit permanent avec ses parents et sa soeur. Elle a décidé de suicider le jour de ses treize ans et en attendant écrit ses "pensées profondes". Et, un jour, un riche, séduisant et élégant Japonais emménage dans l'immeuble et va démasquer Renée...
Quand je l'ai feuilleté pour la première fois en rentrant chez moi, j'ai regretté mon achat, j'ai eu l'impression d'un style pédant et prétentieux. Puis, lorsque j'ai commencé à le lire pour de bon, j'ai admiré la qualité de l'écriture, même si le côté ampoulé, m'a agacé par moments. C'est un livre qui m'a agréablement surprise. Je ne m'attendais pas à le lire avec autant de plaisir.
En fait, il s'agit d'un roman de gare déguisé en oeuvre littéraire (ou l'inverse). Si l'on enlève toutes les références littéraires, philosophiques et artistiques -et elles sont nombreuses !- qui l'habillent, il ne reste en fin de compte qu'une histoire à l'eau de rose pour midinette.
On frôle même parfois la comédie romantique hollywoodienne. La fin est, à mon avis, un peu trop mélo. Muriel Barbery n'a peut-être pas totalement assumé le côté "fleur bleue" de son livre et a, semble-t-il, voulu éviter la "happy end".
Et puis, il y a quelque chose de désespérant dans la morale de ce livre : d'abord, l'extrème solitude de Renée. Pendant cinquante-quatre ans, son amour caché pour les arts
va rester solitaire -Comment peut-on aimer quelque chose sans jamais le partager avec qui que ce soit ?- Ensuite, Renée disparaît alors qu'elle commençait enfin à obtenir une reconnaissance de son voisinnage, comme si celle-ci était imméritée ou inconcevable et que le dialogue entre la modeste concierge et ses bourgeois de voisins était en fin de compte impossible.  Et, finalement, chacun reste à sa place, les torchons avec les torchons, les serviettes avec les serviettes et Renée reste enfermée dans son image de concierge illettrée...
Malgré toutes ces critiques, j'ai plutôt apprécié cette lecture parce que le livre est bien construit, agréable à lire et, qu'au fond, j'ai une âme de midinette.

extrait : "Je me rends soudain compte qu'il y a de la musique.
Ce n'est pas très fort et ça émane de hauts-parleurs invisibles qui diffusent le son dans toute la cuisine.

Thy hand, lovest soul, darkness shades me,
On thy bosom let me rest.
When I am laid in earth
May my wrongs create
No trouble in thy breast.
Remember me, remember me,
But ah ! Forget my fate.

C'est la mort de Didon, dans le Didon et Enée de Purcell. Si vous voulez mon avis : la plus belle oeuvre de chant au monde. Ce n'est pas seulement beau, c'est sublime et ça tient à l'enchaînement incroyablement dense des sons, comme s'ils étaient liés par une force invisible et comme si, tout en se distinguant, ils se fondaient les uns dans les autres, à la frontière de la voix humaine, presque dans le territoire de la pliante animale -mais avec une beauté que les cris de bête n'atteindront jamais, une beauté née de la subversion de l'articulation phonétique et de la transgression du soin que le langage met d'ordinaire à distinguer les sons.
Briser les pas, fondre les sons.
L'Art, c'est la vie, mais sur un autre rythme."

L'élégance du hérisson
, Muriel Barbery, Folio, 410 pages.


lu aussi par : Laurence, Lo, Papillon, Jules, Yue Yin, Solsol, Agapanthe, Tamara, Anne, Florinette, etc...


Le morceau de musique préféré de Renée :
When I am laid in earth,
extrait de Didon et Enée de Henry Purcell


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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 15:19
Le début m'a rappelé L'écume des jours de Boris Vian et d'ailleurs, sur la quatrième de couverture Véronique Ovaldé est comparée à cet auteur.
Lancelot est un personnage lunaire, rêveur et solitaire. Il vit dans sa bulle, à côté d'une femme qu'il n'aime plus, dans un monde merveilleux, presque féérique peuplé d'opossums et parsemé de pétales de fleurs de cerisiers, jusqu'au jour où il tombe fou amoureux d'Irina après avoir reçu un escarpin à talon aiguille sur la tête. Elle devient alors sa nouvelle femme. Mais, un jour, Irina meurt mystérieusement et Lancelot découvre qu'elle menait une vie parallèle qu'il ignorait complètement. Sa vie bascule alors...
Lancelot est plutôt attachant. C'est un homme déconcerté par la dure réalité de la vie et qui tente en vain de s'en protéger.
Véronique Ovaldé possède indéniablement une très jolie plume pleine d'images et de métaphores originales et insolites. Mélange de noirceur et de fantaisie, son écriture est un vrai délice. Une belle découverte. Pourtant, il m'a manqué juste un tout petit quelque chose -je suis incapable de dire quoi- pour que ça devienne un grand coup de coeur.

extrait : "Mais Elisabeth revint. Elle débarqua dans l'appartement avec son sac à dos, son tapis de sol roulé, ses chaussures de montagne, son nez rose, et Lancelot se leva pour l'accueillir. A moins que ce ne fut pour l'observer tourbillonner comme il l'eût fait devant une espèce rare de coléoptère.
Dès qu'elle mit un pied dans l'appartement elle commença à parler -bien que Lancelot soupçonnât qu'elle ne s'arrêtait jamais et qu'il ne faisait que saisir des bribes d'un discours continu quand il passait près d'elle. Il pencha la tête et se dit, Ce n'est plus possible. Cette pensée était motivée bien entendu par sa récente rencontre avec Irina (il y avait de cela trois jours), rencontre qui l'avait tant bouleversé qu'il était maintenant hors de question de reprendre sa vie là où il l'avait laissée. Il se surprit à lui dire tout de go :
L'armoire a disparu (remarque accompagnée d'un haussement de sourcils et d'épaules signifiant à la fois, ce n'est pas important, je suis innocent et je m'en fous).
Elle ne lui répondit pas, elle resta plantée là, avec tout son attirail à ses pieds, elle avait les bras longs, beaucoup plus longs que la moyenne, ce qui avait pu, en des temps révolus, conférer à ses gestes une sorte de grâce étrange de danseuse indienne mais qui lui donnait à présent, en cet instant précis, parce qu'elle se tenait légèrement bossue, ayant déchargé à terre tout son barda, l'attitude d'une guenon mélancolique."
 
Et mon coeur transparent, Véronique Ovaldé, J'ai lu, 222 pages.



lu aussi par : Sassenach, Papillon, Saxaoul, Clochette, Dominique Poursin, Florinette, AnneAntigone, Clarabel

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 17:57
Quand j'ai vu la bande-annonce du film de Laurent Tirard qui doit sortir le 30 septembre, j'ai eu envie de me plonger dans les aventures du petit Nicolas que je connaissais assez mal. C'est un personnage que j'ai découvert alors que j'étais déjà adulte. Difficile de se mettre dans la peau d'un petit garçon de sept ou huit ans quand on a largement et depuis très longtemps dépassé cet âge. J'avoue que je me sens un peu vieille pour apprécier pleinement ce genre de lecture, d'autant qu'il ne s'agit pas pour moi d'une lecture d'enfance et qu'elle n'évoque donc aucun souvenir. Les histoires sont un peu répétitives : Nicolas fait des bêtises avec ses copains Alceste, Clotaire, Eudes, Geoffroy, Agnan...Les victimes sont en général : les parents ou la maîtresse qui est adorée par ses élèves turbulents mais qui est très vite dépassée par les évènements et a du mal à s'imposer face à cette bande de garnements, le directeur de l'école...Chaque aventure se termine en général par une catastrophe ou une belle bagarre entre copains. Un livre que j'aurais sans doute plus apprécié si je m'étais contenté de le lire à petite dose en piochant un chapitre par-ci, par-là. Mais j'ai tout de même été sensible au charme poétique des dessins de Sempé, à l'écriture simple et enfantine de Gosciny et à certaines situations vraiment comiques. On voit que les deux compères on su retrouver leur âme d'enfant pour réaliser cet ouvrage. En tous cas j'irai certainement voir le film.





Le petit Nicolas, Sempé/Gosciny, Folio, 157p.   








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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 22:47
Mazarine Pingeot s'est inspirée d'un fait divers réel (l'affaire Courjault) et a imaginé une longue lettre écrite par une mère infanticide à son mari depuis la prison où elle est incarcérée. Le seul point commun avec l'affaire en question est une simple allusion à un congélateur.
L'auteure a surtout cherché à entrer dans la peau de cette femme,  et tente d'expliquer l'inexplicable (et le fait plutôt bien): qu'est-ce qui a poussé cette mère de deux petits garçons à tuer son troisième nouveau-né ? Où le mal a-t-il pris racine ? Dans son enfance auprès d'une mère froide, distante et peu affectueuse ? Dans son mariage avec un homme qu'elle admire mais qui la méprise et la tyrannise ?
Une lecture assez éprouvante : Mazarine Pingeot assène des phrases, martèle des mots, comme si la narratrice voulait enfoncer un clou dans le crâne de cet homme qu'elle adule et qu'elle déteste en même temps. De nombreuses questions en ressortent : qu'est-ce qu'être mère ? Comment le devient-on ? Quelle est la place du père dans cette maternité ?
Difficile d'éprouver de la sympathie pour cette femme, encore moins pour son mari qui est décrit comme un monstre odieux d'égoïsme, mais on finit par comprendre les raisons profondes qui l'ont conduite à ce geste. Un livre qui ne m'a pas laissée indifférente, en tout cas...

extrait : "Je t'ai sans doute un peu dépaysé, je ne te paraissais pas comme les autres, j'étais maladroite et timide, tu pensais peut-être que tu pourrais me faire, me modeler, et je n'ai rien contre cet instinct de pygmalion qui habite tant d'hommes. Au contraire, jai éprouvé du plaisir à me laisser construire, transformer et, si mes résistances ont finalement été l'obstacle à ton chef-d'oeuvre, tu étais parvenu à un résultat convaincant. J'ai tout fait échouer. Tu dirais sans doute que c'était pour te nuire, mais je ne peux l'accepter. Je ne peux accepter l'idée d'avoir fait quoi que ce soit pour te nuire. C'est par amour que je suis devenue cette femme-là, que j'ai élevé tes enfants comme tu l'entendais, que je tâchais de tenir une maison ordonnée. Mais c'était oublier mon propre poids, la passivité de ma matière, de mon corps, de mon être, cette force de gravitation qui entraîne tout vers le bas. C'était oublier qui j'étais, d'où je venais, quelle petite fille j'avais été, pesante déjà pour les autres et pour moi-même, obstacle déjà à la carrière de ma mère et à son repos. Epine dans son pied, j'avais enrayé son mécanisme à être heureuse."

Le cimetière des poupées, Mazarine Pingeot, Points, 155p.






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J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums

 BAKER Robin, Primal
BANKS Russell, American darling
BARBERY Muriel, L'élégance du hérisson
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

BOYD William La vie aux aguets


C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

 FLYNN Gillian, Les apparences
FRAPPAT Hélène, Par effraction

G

 

GALLAY Claudie, Les déferlantes
GANDER Forrest, En ami
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

 

Haddon Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul

HETU  Julie, Baie Déception
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

JONASSON Jonas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
K

KASISCHKE Laura A moi pour toujours

KASISCHKE Laura, A Suspicious River

KASISCHKE Laura, La couronne verte
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard

KASISCHKE Laura, Rêves de garçons
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac

KENNEDY Douglas, The woman in the fifth
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus

KETTLER Pierre-François, L'arc de la lune
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

LE CALLET Blandine, la ballade de Lila K
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs
LEWIS Roy, Pourquoi j'ai mangé mon père

M


MABANCKOU Alain, Black Bazar

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise

MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag

MAZETTI Katarina, Le mec de la tombe d'à côté
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit

MILLAS Juan José, Le dédordre de ton nom
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses

MURAKAMI Haruki, 1Q84
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

MURAKAMI Haruki, Sommeil

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PEJU Pierre, La diagonale du vide
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Christophe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SEN Selina, Après la mousson

SERRE Anne, Les débutants
SI JE Dai, Le complexe de Di

T

 

TANIGUCHI Jirô
TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

UDALL Brady, Le polygame Solitaire

V

 

VANN David, Désolations
VANN David, Sukkwann Island
VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

 

Z


ZWEIG Stefan, Marie-Antoinette

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