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La vie d'une autre

 

Frédérique Deghelt

3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 15:21
blackbazar-1Je n'ai pas eu le courage de lire Verre cassé et Les mémoires d'un porc-épic (prix Renaudot 2006), un peu effrayée par le style sans ponctuation (uniquement avec des virgules) d'Alain Mabanckou. Black Bazar est, semble-t-il, le roman le plus accessible et le plus classique d'Akain Mabanckou.
Le personnage principal est un dandy congolais (du Congo-Brazzaville), adepte de vêtements de grande marque, qui possède une impressionnante garde-robe et évolue dans les quartiers "africains" de Paris entre "Château d'Eau" et "Château-Rouge". Il retrouve régulièrement ses amis, Paul du grand Congo, Roger l'Ivoirien et les autres au Jip's. On le surnomme "le Fessologue" car il est un grand spécialiste de la "face B" des femmes. Sa compagne "Couleur d'origine" le quitte pour "l'Hybride". Notre narrateur trouve refuge dans sa passion pour l'écriture et pour la littérature.  Il trouve conseil chez son ami Jean-Philippe, écrivain haïtien.
Dans ce "Black Bazar" on trouve tout un bric-à-brac qui donne envie de s'y attarder. Des Noirs qui se moquent des plus noirs qu'eux. Un Antillais qui méprise les Africains. Des pro et anti-colonialistes. Un "Arabe du coin" qui donne des leçons de morale.  De nombreuses allusions au "chanteur de Sète" ou "chanteur à moustaches". Et bien d'autres trésors encore...
Alain Mabanckou aime les mots et les fait chanter, sa langue est tellement rythmée et musicale que l'on croit entendre les accents des uns et des autres. Son personnage se moque de lui-même et de ses congénères, pointe souvent le doigt sur les incohérences et les absurdités de notre société, sur nos clichés et sur nos lieux communs.
Je classe Black Bazar parmi mes coups de coeur pour le plaisir jubilatoire que j'ai eu à le lire.

extrait : "Ecoute mon gars, sois réaliste ! Laisse tomber tes histoires de t'asseoir et d'écrire tous les jours, y a des gens plus calés pour ça, et ces gens-là on les voit à la télé, ils parlent bien et quand ils parlent y a un sujet, un verbe et un complément. Ils sont nés pour ça, ils ont été élevés dans ça, alors nous autres les nègres, c'est pas notre dada, l'écriture. Nous c'est l'oralité des ancêtres, nous c'est les contes de la brousse et et de la forêt, les aventures de Leuk-le-lièvre qu'on raconte aux enfants autour d'un feu qui crépite au rythme du tam-tam. Notre problème c'est on n'a pas inventé l'imprimerie et le bic, on qu'on sera toujours les derniers assis au fond de la classe à s'imaginer qu'on pourrait écrire l'histoire du continent noir avec nos sagaies. Est-ce que tu me comprends ? En plus on a un accent bizarre, ça se lit aussi dans ce que nous écrivons, or les gens n'aiment pas ça. D'ailleurs il faut avoir un vécu pour écrire. Et toi, qu'est-ce que tu as comme vécu, hein ? Rien ! zéro ! Moi par contre, j'aurais des choses et des choses à raconter par ce que je suis un métis, je suis plus clair que toi, c'est un avantage important. Si je n'ai pas encore écrit une seule ligne à ce jour c'est que le temps me manque. Je me rattrapperai quand je serai à la retraite dans une belle maison en pleine campagne, et le monde entier saura ce qu'est un chef- d'oeuvre !"
  
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Black Bazar, Alain Mabanckou, Points, 265 pages.

lu aussi par : Lo, A_girl_from_earth

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 16:16
  Dans un pays d'Afrique imaginaire, le Mboasu, Musango, une petite fille de neuf ans, tente de survivre après avoir été martyrisée puis chassée par sa mère qui la considérait comme une sorcière. Elle erre dans la ville puis elle est capturée et vendue comme esclave. Elle réussit à s'échapper et part à la recherche de sa mère.
 Léonora Miano montre un pays où règnent la misère, la violence, le chaos et l'obscurantisme. Où ses habitants se réfugient dans des croyances d'un autre âge ou fabriquées de toutes pièces par des gourous plus intéressés par l'argent que par la spiritualité et qui bricolent des religions de pacotille en utilisant les peurs et les frustrations des gens pour mieux les manipuler et leur extorquer leurs biens. Dans ce contexte très sombre, émergent quelques figures fortes qui luttent contre la passivité et le fatalisme ambiants, et ce sont toutes des femmes : Ayané, qui est le personnage prinicipal de L'intérieur de la nuit et qu'on aperçoit ici, Madame Mulonga l'institutrice, Kwin la marchande de plantains, Mbambè, la grand-mère...Elles apportent une lueur de sagesse et de discernement. Musango elle-même est un véritable modèle de lutte pour la vie et de foi en l'avenir. A travers le récit de Musango, Léonora Miano s'attache à décrire une Afrique traversée parle colonialisme et les guerres et qui peine à se trouver une identité. Un roman très fort où l'auteur, nous plonge, une fois de plus, dans les profondeurs de l'Afrique.

extrait : "Si notre peuple peut produire des individualités assez audacieuses pour affronter ses errances et ses lâchetés, il lui reste une chance de prétendre à sa grandeur. Notre valeur ne réside pas dans les métaux du sous-sol auxquels d'autres ont donné une importance que nous ne comprenons toujours pas, que nous ne savons ni cerner, ni exploiter pour le bien commun. Ils en fixent le prix et nous l'acceptons parce que cela ne signifie rien pour nous. Ils nous dupent peut-être, mais nous les laissons faire, toujours inaptes à décider quoi que ce soit pour nous-mêmes. Notre valeur n'est pas non plus cette mystique dénuée de spiritualité, au travers de laquelle nous prétendont commander aux puissances occultes. Sans chercher à nous conformer aux principes supérieurs et universels qui régissent la vie. Notre grandeur viendra de ce que nous saurons engendrer des êtres libres. Qu'ils se tiennent debout, qu'ils ne récitent leur longue généalogie que pour mieux regarder devant. Qu'ils disent : je suis parce que j'existe. Je récuse l'obscur et réfute la démence comme unique horizon. Et après qu'ils auront dit combien l'Afrique vaut mieux que ce qu'elle pense d'elle-même, des légions leur emboîteront le pas."

Contours du jour qui vient
, Léonora Miano, Pocket, 248p.

lu aussi par : Kalistina, Chimère, Lo
, et bien d'autres...

Et pour accompagner cette lecture, je vous propose d'écouter :






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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 23:20
Ayané a quitté son village pendant trois ans pour aller étudier en France. Elle y retourne pour revoir sa mère qui agonise. Mais elle y est reçue comme un étrangère, le pays est en guerre et, une nuit, le village est envahi par des miliciens. Ceux-ci demande au villageois d'offrir un de leurs jeunes garçon en sacrifice.
Léonora Miano s'est inspirée d'un documentaire sur un garçon tué par des miliciens et offert à manger aux villageois. Dans un style plutôt sec et sans états d'âme, elle relate des faits horribles, parfois insoutenables. Elle ne porte aucun jugement, elle pose des questions et cherche un début d'explication à travers les dialogues entre Ayané et sa tante Wengisané qui essaient de comprendre et décrypter ce qui s'est passé cette nuit-là. Ayané est plus révolté par la passivité des villageois que par la violence des miliciens. Elle refuse d'admettre que les habitants d'Eku aient pu se soumettre uniquement pour sauver leur peau. Sa tante Wengisané tente de lui expliquer les raisons de l'inertie et du fatalisme africain.
Ayané a été élevée en dehors des rites et des traditions ancestrales. Ses années passées en France l'on coupée de sa culture d'origine. Ce retour au village sera pour elle l'occasion d'être confrontée à ses racines.
Après cette nuit, le village se retrouve déserté par ses hommes et aux mains des femmes dont la hiératique et irrascible Ié. Léonora Miano aborde ainsi le rôle et des femmes dans la société africaine.
Un livre pas toujours évident pour son contenu et la fin m'a un peu échappé, mais je l'ai lu presque d'une traite, et il m'a permis d'entrer un peu plus dans "l'âme africaine", ses démons, ses blessures, son "côté obscur"...J'ai eu envie d'en recopier des tas de passages...
Encore une auteure africaine à suivre après Chimananda Ngozie Adichie et Buchi Emecheta.

extrait : "Ils savaient. Tous en avaient mangé. D'un enfant qui compte tenu de leurs valeurs, de leur conception des liens entre  les êtres, était le leur. A tous. Leur fils. Leur petit frère. Ils avaient mâché et avlé sans se poser plus de question que ça, parce qu'on braquait une arme sur eux. Parce qu'ils risquaient de mourir. Pas du tout parce qu'ils croyaient à cette connerie de communion, que le gosse vivraient eux et tout ça. Pas du tout parce qu'ils gobaient ces fadaises comme quoi la chair ingérée était comme des graines de lendemains flamboyants semés dans leurs esprits. Les gens d'Eku ne pensaient pas au futur. Ils ne savaient même pas qu'une telle chose existait. Le temps pour eux, c'était le passé qu'on se racontait un peu comme des fables au coin du feu. C'était surtout le présent. Pas le jour, mais la minute présente, celle où il fallait ramasser des brindilles pour le foyer, aller chercher l'eau à la source, couper les feuilles de bananier, déterrer les ignames... Une succession d'actes machinaux à accomplir dans l'unique objectif d'atteindre la fin de la journée. Le crépuscule et le repas du soir, le seul véritable repas de la journée, puisque le matin, on s'envoyait juste quelques restes de la veille au fond l'estomac pour l'empêcher de gargouiller trop fort. Et encore, s'il y avait des restes. Après le repas du soir, on pouvait  se parler un peu, à propos de pas grand-chose. Et puis, on se couchait. Lorsque le lendemain arrivait, il n'était plus le futur, mais le présent qu'il fallait se coltiner jusqu'au coucher du soleil. La vie n'était qu'une chose qu'on portait en soi et qu'il fallait affronter chaque jour. On ne faisait jamais de projets d'envergure et, parce que le temps ignorait l'avenir, on pouvait ouvrir la bouche pour croquer du petit homme en imaginant que telle était la volonté de Dieu."

L'intérieur de la nuit, Léonora Miano, Editions Plon, 209p.

Une interview de Léonora Miano
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31 décembre 2006 7 31 /12 /décembre /2006 00:27
Adah n'a qu'un rêve : aller à l'école le plus longtemps possible, étudier et partir au Royaume-Uni. Avec acharnement, elle va tout faire pour le réaliser et ce n'est pas une chose aisé pour une fille, considérée comme tout juste bonne à rapporter de l'argent à sa famille grâce à sa dot. Malgré les pressions familiales elle arrive à poursuivre ses études et  rejoint un jour son mari Francis en Angleterre. Là elle découvre la vie d'une "citoyenne de deuxième classe", que les Blancs qu'on lui avait appris à considérer comme des êtres supérieurs sont "aussi faillibles que les autres", qu'elle ne peut plus compter sur l'aide du clan familial pour élever ses enfants... Mais aussi, petit à petit, elle découvre qu'en Angleterre, elle peut s'assumer entièrement et fait le dur apprentissage de la liberté.
Adah subit tous les malheurs du monde : la pauvreté, la faim, son mari la bat et vit à ses crochets. On pourrait être rebuté par tant de misère. Buchi Emecheta s'est probablement inspiré de sa propre expérience pour écrire ce roman mais, heureusement, Buchi Emecheta sait manier l'humour et l'ironie. Même si parfois Adah fait preuve d'une grande naïveté, on ne peut qu'être séduit par l'intelligence, la ténacité, l'énergie qu'elle déploie pour s'en sortir et s'adapter à sa nouvelle vie.
Un livre à l'écriture simple mais j'y ai souligné de nombreux passages qui m'ont touchée.

extrait : "suppose qu'il n'y ait jamais d'hiver, cette période où toute créature vivante semble disparaître de la surface de la terre, les oiseaux seraient toujours là, ils feraient partie du paysage quotidien et elle n'aurait pas remarqué celui-là ni écouté sa chanson timide. N'est-ce pas cela ce qu'il nous faudrait en Afrique, d'avoir un long hiver où il n'y aurait ni soleil, ni oiseaux, ni fleurs sauvages ni chaleur ? Cela ferait de nous une nation d'introvertis, peut-être, et quand le printemps finirait par arriver, nous saurions tous apprécier le chant des oiseaux. Qu'est-ce que cela veut dire ? La nature n'a-t-elle pas été trop clémente envers nous, en nous privant de la capacité de nous réveiller de notre sommeil tropical pour savoir qu'une chose simple comme le chant d'un oiseau gris, par un lundi matin humide de printemps, était une source d'inspiration ? Était-ce pour cela que les premiers Européens arrivés en Afrique, pensaient que les Noirs étaient paresseux à cause de leur environnement trop luxuriant qui les privait de la capacité de penser par eux-mêmes ?"



Citoyen de seconde zone
, Editions Gaïa, 267p.

Merci à Sylvie grâce à qui j'ai découvert ce livre et cet auteur.

pour en savoir plus sur Buchi Emecheta
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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 17:39
Kambili est une adolescente nigérianne silencieuse et renfermée qui n'est jamais sortie du cocon familial. Son père est un homme puissant et riche. Catholique intégriste et austère, il élève ses enfants d'une main de fer et fait régner la terreur dans sa famille. Lors d'un séjour chez sa tante Ifeoma, Kambili découvre un monde plein de vie, de rires et de liberté...
Chimananda Ngozi Adichie parle de choses terribles, d'un père qui bat sa femme et ses enfants et qui impose une loi totalement injuste et arbitraire, mais sa plume reste légère, jamais elle ne s'appesantit. Le ton est toujours juste. Son écriture est parsemé de termes issus des dialectes ibo, ce qui donne une note particulièrement vivant à ce roman plein de saveurs, de sons et de couleurs africaines. Elle exprime à merveille les tourments qui déchirent Kambili partagée entre son amour pour son père et son désir de s'émanciper. Elle montre aussi une Afrique déchirée entre sa culture et ses rites traditionnels et la loi imposée par les missionnaires européens venus la coloniser. De même que la révolte gronde dans le coeur de Kambili, la révolution explose dans un pays ravagé par la misère et la corruption.

Chimananda Ngozi Adichie n'avait que 25 ans lorsqu'elle a écrit ce livre.
Merci à
Lorraine pour cette belle idée de lecture ! Un livre que j'ai lu avec passion et que je m'empresse d'ajouter à mes coups de coeur 2006.

premières phrases : "A la maison la débâcle a commencé lorsque Jaja, mon frère, n'est pas allé communier et que Papa a lancé son gros missel en travers de la pièce et cassé les figurines des étagères en verre. Nous venions de rentrer de l'église. Mama plaça les palmes  fraîches, mouillées d'eau bénite, sur la table à manger. Plus tard, elle les tresserait pour en faire des croix, un peu avachies, qu'elle accrocgerait au mur, à côté de notre  photo de famille dans son cadre doré. Elles y resteraient jusqu'au mercredi des Cendres, où nous les emporterions à l'église pour les donner à brûler et réduire en cendres. Papa, vêtu d'une longue robe grise comme les autres oblats, aidait tous les ans à distribuer les cendres. Sa file était la plus lente car il appuyait son pouce couvert de cendres bien fort sur chaque front pour tracer une croix parfaite et prononçait posément et avec conviction, en articulant chaque mot, le "Tu es poussière et tu retourneras à la poussière"."

L'hibiscus pourpre, Chimananda Ngozi Adichie, Editions Anne Carrière, 410p.


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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 19:36
Le conflit israélo-palestinien raconté du point de vue d'Amine, chirurgien israélien d'origine arabe et bien intégré dans la bonne société israélienne. Il mène une vie rangée et aisée avec son épouse jusqu'au jour où l'impensable arrive : celle-ci se fait sauter dans un attentat-suicide, dans un bus, non loin de l'hôpital où il travaille. Il décide alors de chercher par tous les moyens les raisons qui ont conduit sa femme à commettre cet acte inimaginable. Il se trouve confronté à la misère et aux souffrances du peuple palestinien.
Dans un style simple, direct et sans trop de fioritures Yasmina Khadra, nous plonge au coeur du conflit israélo palestinien. Il ne porte aucun jugement politique. Il montre la colère et le désarroi d'un homme dont la femme s'est fait kamikaze.
Amine incarne la complexité des rapports entre Arabes et Israéliens, ce qui les rapproche, ce qui les sépare. Le conflit est montré essentiellement du point de vue palestinien, mais les israéliens ont aussi la parole, il n'y a pas de parti pris et le ton n'est pas revanchard. Il ya de la colère de chaque côté et quelque soit le point de vue, on le comprend.
L'auteur essaie d'expliquer sans excuser ni porter de jugement ce qui peut pousser des hommes et des femmes à sacrifier leur vie pour la cause palestinienne.
Un livre qui a réveillé mon intérêt pour ce sujet diffcile et compliqué...et c'est déjà beaucoup !

premières phrases : "Je ne me souviens pas d'avoir entendu de déflagration. Un sifflement, peut-être, comme le crissement d'un tissu que l'on déchire, mais je n'en suis pas sûr. Mon attention était détournée par cette sorte de divininité autour de laquelle essaimait une meute d'ouailles alors que sa garde prétorienne tentait de lui frayer un passage jusqu'àson véhicule. "Laissez passer, s'il vous plaît. S'il vous plaît, écartez-vous." Les fidèles se donnaient du coude pour voir le cheikh de plus près, effleurer un pan de son kamis. Le viellard révéré se retournait de temps à autre, saluant une connaissance ou remerciant un disciple. Son visage ascétique brillait d'un regard tranchant comme la  lame d'un cimeterre. J'ai essayé de me dégager des corps en transe qui me broyaient, sans succès. Le cheikh s'est engouffré dans son véhicule, a agité une main derrière la vitre blindée tandis que ses deux gardes du corps prenaient place à ses côtés...Puis plus rien."

L'attentat, Yasmina Khadra, Editions Julliard, Collection Pocket, 246p.

A propos de l'auteur : Yasmina est en réalité un homme. Il est algérien et s'appelle Mohamed Moulessehoul.
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18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 00:00
Je n'ai pas réussi à lire Le soleil des indépendances. Je n'ai à aucun moment accroché au style heurté d'Ahmadou Kourouma qui m'avait pourtant énormément impressionnée dans Allah n'est pas obligé. Peut-être ai-je fait preuve de paresse ? Peut-être aurai-je dû faire preuve de davantage de perséverance ? Ou bien tout simplement n'avais-je pas la tête à lire ce genre de livre ? Toujours est-il que j'ai décroché au bout d'une vingtaine de pages.
Il y raconte le parcours de Fama, prince Malinke déchu au temps de l'indépendance d'un pays africain. On y retrouve le thème favori de Kourouma : les absurdités et les contradictions de la vie politique africaine, tout cela raconté dans son "parler africain" coloré habituel.
S'il y en a parmi vous qui ont lu ce livre, je serai curieuse d'avoir votre avis. Un jour, peut-être, dans un moment plus propice, je reprendrai la lecture de ce livre.

premières phrases : "Il y avait une semaine qu'avait fini dans la capitale Koné Ibrahima, de race malinké, ou disons-le en malinké : il n'avait pas souitenu un petit rhume...
Comme tout Malinké, quand la vie s'échappa de ses restes, son ombre se releva, graillonna, s'habilla et partit par le le long chemin pour le lointain pays malinké natal pour y faire éclater la funeste nouvelle des obsèques. "

Le soleil des indépendances
, Ahmadou Kourouma, Editions du Seuil, collection Points, 196p.

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18 septembre 2005 7 18 /09 /septembre /2005 00:00

Dans ce roman autobiographique, Amadou Hampâté Bâ raconte son enfance au Mali. Dans une langue savoureuse et avec tendresse et humour, il décrit son apprentissage de la vie dans l’Afrique de l’époque coloniale avec ses contrastes et ses contradictions. A la fois élève dans une école coranique et dans une école française, il doit également composer avec les traditions imposées par son ethnie.

Ce livre est plein de charme, très agréable à lire et nous plonge en plein cœur de l’Afrique profonde.

L’ayant lu il y a déjà  plusieurs années, je ne peux vous en dire plus, car les détails m’ont échappés. Je tenais toutefois à en parler dans ce blog car j’avais beaucoup aimé ce livre et  il me semble qu’il s’agit là, d’une œuvre essentielle de la littérature africaine.

 

Premières phrases : « En Afrique traditionnelle, l’individu est inséparable de sa lignée, qui continue de vivre à travers lui et dont il n’est que le prolongement. C’est pourquoi, lorsqu’on veut honorer quelqu’un, on le salue en lançant plusieurs fois non pas son nom personnel (ce que l’on appellerait en Europe le prénom) mais le nom de son clan : « Bâ ! Bâ ! » ou « Diallo ! Diallo ! » ou « Cissé ! Cissé ! » car ce n’est pas un individu isolé que l’on salue, mais, à travers lui, toute la lignée de ses ancêtres. »

 

Amkoullel, l’enfant Peul, Amadou Hampâté Bâ, Edition Actes Sud, Collection Babel, 535p.

Du même auteur : Oui, mon commandant ! Edition Actes Sud, Collection Balbel.
La suite d''"Amkoullel" ou les aventures de l'auteur devenu adulte. J'ai commencé à le lire et je me suis arrêté au bout de quelques pages. J'avais été charmée par "Amkoullel", mais là, je ne sais pas pourquoi, le charme n'a pas opéré. Un livre que je reprendrai peut-être à l'occasion...

 

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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00
J'ai lu peu de littérature africaine, mais je tiens à en faire la promotion à chaque fois que l'occasion se présentera.
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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00

 

C’est l’histoire de Matapari, le dernier-né de triplés. A travers son regard faussement naïf, nous voyons l’évolution politique de son pays.

Emmanuel B. Dongala est congolais et enseigne la littérature francophone et la chimie aux Etats-Unis. Loin des clichés et des images pittoresques de l’Afrique traditionnelle, il nous dresse ici sans misérabilisme et avec beaucoup d’humour, le portrait d’un pays, comme on en voit beaucoup, laminé par les luttes de pouvoir et la corruption.

Ce n’est certes pas mon préféré en matière de littérature africaine, mais c’est un livre édifiant et instructif qui a le mérite d’en dire long sur les maux dont souffre l’Afrique d’aujourd’hui. Ecrit dans une langue imagée, avec des personnages hauts en couleur, notamment l’oncle Boula Boula, représentant typique de l’homme politique africain, magouilleur et opportuniste.

 

Premières phrases : « J’ai failli ne pas être né.

J’ai failli ne jamais galoper derrière un rayon de lumière pour essayer de le rattraper, j’ai failli ne pas découvrir les contrées où les rêves s’amusent à s’inventer avant de filer vers le sommeil de leur destinataires, j’ai failli ne jamais connaître le bonheur de tâter les seins d’Alédia derrière les buissons de lantanaqui nous griffaient au passage. Je vous assure vraiment que je ne mens pas, j’ai failli ne pas être né. Maman avait quitté l’hôpital en m’oubliant dans son ventre. »

 

Les petits garçons naissent aussi des étoiles, Emmanuel B. Dongala, Edition Le Serpent à Plumes, Collection Motifs, 396p.


 

 

 

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J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums

 BAKER Robin, Primal
BANKS Russell, American darling
BARBERY Muriel, L'élégance du hérisson
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

BOYD William La vie aux aguets


C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

 FLYNN Gillian, Les apparences
FRAPPAT Hélène, Par effraction

G

 

GALLAY Claudie, Les déferlantes
GANDER Forrest, En ami
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

 

Haddon Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul

HETU  Julie, Baie Déception
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

JONASSON Jonas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
K

KASISCHKE Laura A moi pour toujours

KASISCHKE Laura, A Suspicious River

KASISCHKE Laura, La couronne verte
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard

KASISCHKE Laura, Rêves de garçons
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac

KENNEDY Douglas, The woman in the fifth
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus

KETTLER Pierre-François, L'arc de la lune
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

LE CALLET Blandine, la ballade de Lila K
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs
LEWIS Roy, Pourquoi j'ai mangé mon père

M


MABANCKOU Alain, Black Bazar

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise

MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag

MAZETTI Katarina, Le mec de la tombe d'à côté
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit

MILLAS Juan José, Le dédordre de ton nom
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses

MURAKAMI Haruki, 1Q84
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

MURAKAMI Haruki, Sommeil

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PEJU Pierre, La diagonale du vide
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Christophe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SEN Selina, Après la mousson

SERRE Anne, Les débutants
SI JE Dai, Le complexe de Di

T

 

TANIGUCHI Jirô
TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

UDALL Brady, Le polygame Solitaire

V

 

VANN David, Désolations
VANN David, Sukkwann Island
VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

 

Z


ZWEIG Stefan, Marie-Antoinette

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