Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : les lectures de Clarinette
  • : Journal de bord de mes lectures...avec mes petits mots à moi.
  • Contact

Association Miandra


Recherche

Je suis aussi là

Mon profil sur Babelio.com

Archives

je suis en train de lire...

 

 

la-vie-d-une-autre-frederique-deghelt

La vie d'une autre

 

Frédérique Deghelt

19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 22:18

Lle-vieux-copie-2.jpges premières pages de ce livres m'ont emballée. J'y retrouvais la fantaisie des romans de Arto Paasilina, le même air de liberté, le même type de personnages farfelus, le même esprit d'entraide et de solidarité qui anime ses personnages.


Allan, ancien artificier et spécialiste en bombes de toutes sortes,  lassé de la vie débilitante qu'il mène dans une maison de retraite, s'évade le jour de ses cent ans et part à l'aventure. En chemin, il va vivre des expériences toutes plus improbables les unes que les autres et côtoyer des personnages hauts en couleur. En alternance, le parcours de sa vie incroyable est raconté : ses pérégrinations à travers le monde, d'un continent à l'autre, ses rencontres avec les plus grands de ce monde... Au passage, l'auteur nous offre un récapitulatif très abrégé de l'histoire du XXème siècle dont Allan est un témoin privilégié.


Un roman qui a tout pour être passionnant : drôle, rythmé, bourré de trouvailles originales... Et pourtant, au bout de quelques chapitres, je me suis lassée. Trop de fantaisie tue la fantaisie. Au bout d'un moment,  les anecdotes invraisemblables s'accumulent et deviennent un brin répétitive, l'effet de surprise disparaît et on finit par comprendre les ficelles que l'auteur a semblé utiliser pour tenir son lecteur en haleine. Un roman léger et, avant tout, distrayant.

 

premières phrases : "On se dit qu'il aurait pu se décider avant et qu'il aurait du avoir au moins le courage de prévenir son entourage de sa décision. Mais Alla Karlsson n'avait jamais été du genre à réfléchir longtemps avant d'agir.

L'idée avait donc eu à peine le temps de germer dans l'esprit du vieil homme qu'il avait déjà ouvert la fenêtre de sa chambre située au premier étage de la maison de retraite de Malmköping dans le Södermanland, et qu'il s'était retrouvé debout sur la plate-bande  dans le jardin.

L'acrobatie l'avait un peu secoué, ce qui n'avait rien de très étonnant, vu que ce jour-là Allan allait avoir cent ans. La réception organisée pour son centenaire, dans le réfectoire de l'établissement, commençait dans une heure à peine. L'adjoint  au maire lui-même était invité. Et le journal local avait prévu de couvrir l'événement. Tous les vieux étaient évidemment sur leur trente et un, ainsi que le personnel au complet avec Alice la Colère en tête de peloton.

Seul le roi de la fête allait manquer à l'appel."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gif
 


Repost 0
31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 18:02

le mecDésirée et Benny se croisent régulièrement au cimetière. Elle va se recueillir sur la tombe de son défunt époux, lui, sur celle de sa maman.

A priori tout les sépare. Désirée est veuve, bibliothécaire, citadine et cultivée. Benny est agriculteur, célibataire et a toujours vécu avec sa mère. Au début, il ne peuvent pas se supporter. Pourtant, un jour ils se sourient et c'est le coup de foudre.

Avec humour, Katarina Mazetti se livre à une réflexion sur la rencontre amoureuse, sur le couple et sur le choc des cultures. La rencontre entre Désirée et Benny s'avère compliquée.

Comme dans une comédie romantique hollywoodienne, les premières pages donnent une impression de légèreté. Puis le livre s'avère plus profond et plus grave qu'il n'y paraît.

On a en alternance, les points de vue de Désirée et de Benny. Désirée s'interroge sur son mariage avec un homme qu'elle n'aimait pas vraiment. Benny, sur les raisons de son célibat.

Un roman bien rythmé, qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais sympathique.

 

extrait : "Juste au moment où je remettais le capuchon de mon stylo-plume, (j'ai réussi à en trouver un - la versification se fait de préférence à la plume), une maman et sa petite fille de trois, quatre ans, un arrosoir à la main, se sont arrếtées devant la tombe voisine de celle du Forestier. L'arrosoir était rose vif et brillant, il avait l'air tout neuf, et la petite le portait comme s'il s'agissait des joyaux de la couronne. Sa maman a commencé à s'affairer avec des vases et des fleurs, alors que la petite fille sautillait parmi les tombes et jouait avec son arrosoir. Soudain elle s'est plaqué la main devant la bouche, l'air effaré et les yeux ronds comme des billes :

- Oh maman ! j'ai arrosé le panneau ! Maintenant papi va encore se mettre en pétard !

J'ai senti les coins de ma bouche s'étirer vers le haut et j'ai jeté un coup d'oeil sur le Forestier. Et juste à cet instant, il m'a regardé.

Lui aussi souriait."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLe mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti, Babel, 254 pages
 

 

 


Repost 0
5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 11:18
Comme Belzébuth, l'ours, tous les ans à la même période, j'ai besoin d'hiberner. Je ne me mets pas en pause complète mais  mon activité bloguesque se ralentit nettement, mon activité livresque aussi. Ces trois derniers mois, elle s'est partagée entre deux livres que j'ai lu paresseusement. Ce qui ne m'a pas empêché de les apprécier tous les deux.
J'ai commencé par l'autobiographie de Barack Obama que j'ai laissé de côté après avoir reçu Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen. Je dois remercier au passage Guillaume Teisseire de chez Babelio qui s'est donné beaucoup de mal pour que ce livre finisse par me parvenir. Je dois également lui présenter mes excuses car je crois bien que je suis hors délai pour "rendre ma copie".
Petit résumé : Oskar Huuskonen reçoit de ses paroissiens, un ourson qu'il surnomme Belzéb. Sa femme le quitte, ne supportant plus la cohabitation ni avec l'animal, ni avec son mari, dont les moeurs et les habitudes sont de plus en plus fantaisistes. Celui-ci batifole pendants quelques temps dans la tanière de l'ours avec la jolie biologiste Sonia Sammalisto. Puis prend la mer avec l'animal et se retrouve sur une île au Nord de la Russie. Là il y rencontre Tania Mikhaïlova et entame avec elle un périple qui les fait traverser la Russie et les conduit jusqu'à Southampton, en passant par la Turquie, Malte, la Crète...
Je me suis régalée à lire les aventures du pasteur et de son ours. J'ai trouvé ce voyage à travers l'Europe très réjouissant. Un roman plein de fantaisie, chargé, comme tous les romans de Paasilinna, d'un message à la fois humaniste et écologiste. Au passage, il tourne en dérision les religions, et se moque de leurs représentants et de leurs rituels. Un livre qui fait du bien, une ode à la liberté. Complètement irréaliste mais très drôle. Les personnages sont farfelus et hauts en couleurs, les situations complètements loufoques. Un petit bijou d'humour nordique. Des trois romans de Paasilinna que j'ai lus, celui-ci est mon préféré.

extrait : "Le pasteur Huuskonen s'occupait des cours de cathéchisme. L'ours savait déjà faire avec dextérité des signes de croix et joindre les pattes, s'agenouiller lever le museau vers les cieux, prendre une mine pieuse et avoir l'air de prier. Il fallait maintenant peaufiner ces gestes et en apprendre d'autres. Oskar enseigna à Belzéb la lithurgie des principales cérémonies : baptême, mariage et enterrement. L'ours ne pouvait bien sûr pas chanter de cantiques, mais il se balançait  avec ferveur au rythme des psalmodies de son maître.
En plus de ces rites chrétiens, Oskar Huuskonen apprit à Belzéb à se prosterner en direction de La Mecque à la manière des musulmans et lui montra quelques pratiques médiumniques shintoïstes dont il se trouvait se souvenir. l'ours assimilait le plus souvent avec zèle le langage gestuel des croyants. Quand Huuskonen lui ordonnait de prier, il frémissait de la truffe et mâchillait des babines. Il prenait avec aisance une Bible entre ses pattes et la feuilletait comme s'il avait su lire l'Evangile."

Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen, Arto Paasilinna, Folio, 363p





livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com
Repost 0
29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 20:26
Je crois que je vais laisser Millenium de côté pendant quelques temps car j'avoue que je sature un peu. Evidemment, j'ai envie de savoir ce qu'il va advenir de Lisbeth Salander -va-t-elle survivre à ses blessures ?- Mais pas suffisamment pour avoir envie d'ingurgiter tout de suite les quelques 600 pages qui constituent chaque tome. Pourtant les premières pages m'ont parue alléchantes, contrairement au premier tome, l'action démarrre très vite. On retrouve Lisbeth mêlée à une affaire de meurtre et de traffic de femmes. Mais, sans doute pour ménager le suspense, Stieg Larsson encombre son oeuvre de détails qui paraissent souvent inutiles, de dialogues interminables, de descriptions sans intérêt qui m'ont fait frôlé l'indigestion...Autre point qui m'a agacée : il cite de nombreuses marques, cigarettes, ordinateur, voiture, tout y passe...C'est à se demander s'il n'était sponsorisé par ces marques, ce qui donne, c'est vrai, un ton très actuel à ses livres. Ce qui me fait dire aussi que ceux-ci paraîtront très vite démodés. J'avoue que j'ai lu une bonne partie du livre en diagonale, lassée par les explications techniques que je ne comprenais pas. Sûrement une bonne intrigue pour un film ou une série télé, mais, à mon humble avis, pas un bon livre... Je suis peut-être un peu dure, mais je n'accroche pas à 100% au style de Stieg Larsson. Je crois aussi que je ne suis décidément pas très fan de polars...Je lirai quand même certainement la suite pour connaître le sort réservé à Lisbeth, le personnage de loin le plus fascinant de Millenium. Ce serait dommage qu'il disparaisse !

Millenium : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Stieg Larsson, Actes Sud, 652p.

Repost 0
31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 00:54
J'ai cédé à la "milléniummania" grâce (ou à cause) à une collègue qui m'a mis le premier tome entre les mains en me disant qu'il fallait absolument que je le lise !
Dans les années 60 sur une île du Nord de la Suède, une jeune fille, Harriet Vanger, a disparu sans laisser aucune trace. Quarante années après, son grand-oncle, Henrik Vanger, embauche Mikaël Blomkvist, journaliste, inculpé pour diffamation  mis sur la touche, pour reprendre l'enquête. Celui-ci va solliciter l'aide de Lisbeth, une drôle de détective...
La première moitié du livre, qui m'a paru laborieuse, est surtout consacrée à la présentation des personnages et l'on s'y perd un peu notamment dans l'arbre généalogique de la famille Vanger ! Le personnage qui m'a paru le plus intéressant est celui de Lisbeth Salander, une jeune femme très futée mais aussi très bizarre. L'action met un certain temps à se mettre en place. Vers la deuxième moitié du livre, des indices apparaissent, l'enquête démarre enfin réellement.
Quant au style, je l'ai trouvé plutôt plat et quelconque parfois simpliste. L'auteur n'a visiblement pas cherché à faire de la grande littérature. La psychologie de ses personnages est plutôt sommaire. Mais l'intrigue est assez prenante pour qu'on ait envie d'en savoir plus.
Stieg Larsson défend au passage une certaine éthique journalistique et dénonce les excès de certains grands patrons de l'industrie...
Un peu déçue par rapport à tout ce qu'on m'en avait dit et au battage qu'il y a eu autour de cette trilogie, je suis restée sur ma faim. J'attends néanmoins de lire la suite dans les deuxième et troisième tomes...

Millenium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson, Actes Sud
Repost 0
25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 10:01
Henning Mankell aborde ici un de ses sujets de prédilection : la difficulté de communication entre Blancs et Noirs, entre Européens et immigrés...Les premières pages - la description de l'arrivée de Tea-bag sur la côte espagnole après une traversée de la Méditerranée en barque - sont saisissantes. On passe ensuite directement en Suède où Jesper Humlin devient le personnage principal. Un poète, le Blanc, matérialiste, égocentrique et égoïste, dans toute sa splendeur,  plus intéressé par l'état de ses finances et de sa cote de popularité que par le sort de l'humanité et, qui plus est, lâche. Sa vie bien rangée et confortable va se trouver bouleversée par la rencontre avec trois jeunes émigrées d'origines différentes qui vont l'entraîner dans une tourmente dont il ne sortira pas indemne. D'abord par intérêt, il va tenter d'utiliser leurs histoires respectives parce qu'il pense trouver là matière à écrire un roman qui va lui permettre de renouer avec le succès qui lui fait défaut. Mais les filles se révèlent plus insaississables que prévu. Le roman est placé sous le signe de la difficulté à communiquer. Jesper Humlin est en conflit permanent avec tout son entourage : sa mère, sa fiancée, son éditeur, son médecin, il se heurte à toutes sortes de barrages et à du mal à décoder les messages que Tea-Bag et ses camarades tentent de lui transmettre...Dans ce livre  personne n'écoute personne, chacun parle à un mur. Henning Mankell joue sur le contraste entre les préoccupations futiles du poète et les horreurs vécues par les trois jeunes filles. Cela donne aussi un côté à la fois comique et désespérant à ce roman où l'on frôle parfois l'absurde et l'insolite. Vers la fin toutefois le personnage de Jesper gagne un peu en humanité.  Les passages les plus bouleversants sont les récits des jeunes filles. Henning Mankell a visiblement côtoyé des émigrés clandestins pour écrire son livre. Il s'interroge aussi sur la relation qu'il entretient avec eux : écrire sur eux, est-ce témoigner et les rendre visibles aux yeux du monde ou bien n'est-ce pas simplement leur voler leur histoire ?

extrait : "A compter de cet instant, j'ai couru. J'appliquais la plante de mes pieds contre la terre, fort, comme mon père me l'avait appris, mais je courais sans arrêt. J'avais tellement peur que je ne me suis même pas arrêtée au pied de la colline, là où la route passe devant ta tombe Alemwa. Je crois que personne ne comprends vraiment ce que cela signifie d'être en fuite. Être contraint à un moment donné de se lever, de tout quitter et de courir pour sa vie. Cette nuit-là, quand je suis partie, j'avais la sensation que toutes mes pensées, tous mes souvenirs pendouillaient derrière moi comme un cordon ombilical sanguinolent qui refusait de se rompre alors que j'étais déjà loin du village. Personne ne peut comprendre ces que c'est - à moins d'avoir été soi-même chassé, contraint de fuir des hommes ou des armes, ou des ombres qui menacent de tuer. La terreur nue, on ne peut pas la communiquer, on ne peut pas la décrire. Comment expliquer à quelqu'un l'effet que ça fait de courir droit devant soi, en pleine nuit, pourchassé par la mort la douleur, l'avilissement ?
[...] Pendant tous ces jours et ces nuits où j'ai erré dans Lagos, à moitié morte de faim, j'ai rencontré d'autres gens comme moi,en fuite. A croire qu'on dégageait une odeur spéciale que seuls les autres fugitifs reconnaissaient - on était comme des animaux aveugles qui se repéraient mutuellement, au flair. Tous portaient un rêve, un projet. Les uns avaient décidé de se rendre en Afrique du Sud, les autres voulaient aller vers les villes portuaires du Kenya ou de Tanzanie et, de là tenter la traversée. D'autres encore avaient renoncé. Ils étaient arrivés jusqu'à Lagos et ne pensaient pouvoir aller plus loin. Tous redoutaient les militaires, les jeunes soldats rigolards. Beaucoup avaient en réserve des histoires atroces, quelques-uns s'étaient évadés de prison, le corps et l'âme saccagés."

 
Tea-bag, Henning Mankell, Editions du Seuil,  Collection Points, 343p.

l'avis de Kathel
Repost 0
17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 12:27
Journaliste désabusé et revenu de tout, Vatanen trouve un jour un lièvre blessé sur le bord d'une route. Il le recueille et décide sur le champ d'abandonner, femme, boulot et toute sa vie d'avant pour partir à l'aventure sur les routes de Finlande. Son périple, au cours duquel il va faire des tas de rencontres bizarres, aussi bien humaines qu'animales,va le mener jusqu'en Laponie et en URSS.

Ecrit dans un style sans prétention, Le lièvre de Vatanen est un joli conte humaniste et écologique qui prône des valeurs telles que la solidarité, l'amitié. Publié en Finlande pour la première fois dans les années 70, il reflète bien l'esprit de cette époque : liberté, refus de l'autorité, non conformisme... On y trouve un peu la même atmosphère que dans Petits suicides entre amis écrit bien plus tard, avec des personnages hauts en couleur, des épouses aigries et grincheuses, des jeunes femmes appétissantes et faciles, des hommes très portés sur l'alcool...Sans doute un reflet de la société finlandaise.

Ce roman manque peut-être un peu de subtilité et la vision de Paasilinna est peut-être un peu simpliste mais Vatanen et son lièvre sont attachants. Je me suis surprise plusieurs fois à me préoccuper du sort du petit animal. Un livre qui donne envie de forêts et de grands espaces, d'attraper son sac à dos pour prendre la route et sortir à son tour des sentiers battus.

premières phrases : "Deux hommes accablés roulaient en voiture. Le soleil couchant agaçait leurs yeux à travers le pare-brise poussiéreux. C'était l'été de la Saint-Jean. Sur la petite route de sable, le paysage finlandais défilait sous le regard las des deux hommes ; aucun d'eux ne prêtait la moindre attention à la beauté du soir.
C'étaient un journaliste et un photographe en en service commandé, deux êtres cyniques, malheureux. Ils approchaient de la quarantaine et les espoirs qu'ils avaient nourris dans leur jeunesst étaient loin, très loin de s'êtrre réalisés. Ils s'étaient mariés, trompés, déçus, et avaient chacun un début d'ulcère à l'estomac et bien d'autres soucis quotidiens.
Ils venaient de se quereller pour savoir s'ils devaient rentrer à Helsinki ou s'il valait mieux passer la nuit à Heinola. depuis ils ne se parlaient plus.
Ils traversaient en crabe la splendeur du soir, la tête rentrée, butés, l'esprit tendu, sans même s'apercevoir de tout ce que leur course avait de misérable. Ils voyageaient blasés, fatigués."

Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna, Editions Denoël, 192p.


la critique d'Allie


portrait de Arto Paasilinna


Repost 0
2 août 2006 3 02 /08 /août /2006 15:39
Polar suédois

Il s'agit là de la première apparition de l'inspecteur Kurt Walander, personnage fétiche de Henning Mankell. Dans une ferme isolée, un couple de vieux paysans a été sauvagement assassiné. Juste avant de mourir la femme prononce le mot "étranger", l'attention se porte alors sur tous les réfugiés des alentours qui deviennent la cible de crimes racistes.
J'aurais bien aimé aimer ce livre, autant que j'avais aimé Comedia Infantil et surtout, Le fils du vent. On m'a dit beaucoup de bien de cet auteur et sa série policière. Mais, si j'ai réussi à aller jusqu'à la fin du roman sans difficulté et disons, sans déplaisir, je me suis un petit peu ennuyée.
En plus de l'enquête en elle même on suit l'inspecteur dans sa vie et ses tracas quotidiens, ses problèmes sentimentaux et familiaux, ses états d'âme... Henning Mankell a voulu semble-t-il humaniser au maximum son personnage et en faire un un homme tout ce qu'il y a de plus ordinaire, l'antithèse d'un héros. Mais j'ai trouvé que cela plombait l'intrigue et en ralentissait le rythme. Ses préoccupations m'ont parues parfois trop banales et terre-à-terre...Ce roman a toutefois le mérite de nous balader dans la Suède profonde loin des clichés que l'on pourrait avoir sur ce pays. Kurt Walander, policier de la vieille école, est déconcerté face aux mutations de son pays confronté à une immigration de plus en plus importante et aux problème de violence et de racisme que cela engendre...
Peut-être étais-je encore sous l'effet de mes deux lectures précédentes, qui, chacune dans son genre, m'ont fortement marquée. Et puis, je suis peut-être passée à côté de quelque chose. Alors, à l'occasion, je donnerai une seconde chance à l'inspecteur Kurt Walander et je me lancerai dans une autre de ses aventures.

premières lignes : "Il a oublié quelque chose, il le sait avec certitude en se réveillant. Il a rêvé de quelque chose au cours de la nuit. Il faut qu'il se souvienne de quelque chose.
Il tente de se rappeler. mais le sommeil ressemble à un trou noir. Un puits qui ne révèle rien de ce qu'il contient.
Je n'ai pourtant pas rêvé des taureaux, se dit-il. Dans ce cas-là, je serais en sueur, comme si j'avais eu pendant la nuit un accès de fièvre se traduisant par des douleurs. Cette nuit, les taureaux m'ont laissé en paix.
Il reste couché dans l'obscurité, sans bouger, et tend l'oreille. La respiration de sa femme est si faible, à côté de lui, qu'il la perçoit à peine.
Un matin, je la retrouverai morte près de moi sans que je m'en sois aperçu, se dit-il. Ou bien l'inverse. Il faudra bien que l'un de nous meure avant l'autre. Un jour, l'aube impliquera que l'un des deux est désormais seul."

Meurtriers sans visage
, Henning Mankell, Editions Seuil, Collection Points, 386p.
Repost 0
7 janvier 2006 6 07 /01 /janvier /2006 00:00
La période des fêtes n'était pas très propice à la lecture, c'est pourquoi j'ai mis pas mal de temps à venir à bout de ce livre dont je garde une impression mitigée.
C'est l'histoire de Nelio racontée par José Antonio Maria Vaz. Nelio est un petit orphelin dont la famille a été sauvagement  massacrée par des bandits. Au terme d'un long périple, il arrive dans une grande  ville africaine au bord de l'océan Indien. Enfant des rues comme il en existe des millons dans le monde, Nelio est aussi un enfant exceptionnel doté d'une grande sagesse et d'une grande maturité, à l'instar de Daniel dans Le fils du vent. C'est aussi un enfant qui a dû tuer pour survivre.
Dans ce roman, Henning Mankell se fait le porte-parole de ces enfants abandonnés des leurs et la société. Il décrit parfaitement, sans tomber dans le misérabilisme et le pathos, leurs terribles conditions de survie : la misère, la violence, la faim... On comprend que la vraie misère réside plus dans l'absence d'identité, le fait qu'ils sont devenus invisibles au yeux d'un monde qui les ignore.
L'histoire de Nelio m'a bouleversée, c'est un personnage très attachant de même que les enfants qui l'accompagnent. Mais dès qu'on s'écartait de son récit et qu'il s'agissait du narrateur dont on ne sait pas grand'chose et qui, à mon avis est un personnage sans grand intérêt, mon attention s'est relachée et j'ai eu envie de sauter des pages.
On ne peut rester indifférent à ce que Henning Mankell décrit de la vie de ces enfants, rien que pour ça c'est un livre à lire car il en donne une vision très juste.

Premières phrases : "Moi qui porte le nom de Jose Antonio Maria Vaz, j'attends la fin du monde debout sur un toit en terre rouge brûlée par le soleil. La nuit sous le ciel étoilé des Tropiques est suffocante et humide. Je suis sale et fiévreux. Mes vêtements en lambeaux semblent vouloir se détacher de mon corps décharné. J'ai de la farine dans les poches et elle pour moi plus précieuse que l'or. Il ya un an, j'étais encore quelqu'un, j'étais boulanger, alors qu'à présent je ne suis plus personne. Je ne suis plus qu'un mendiant qui passe ses journées à errer sous le soleil brûlant, et ses nuits interminables à attendre sur le toit vide d'une maison."

Comedia Infantil, Henning Mankell, Editions Seuil, Collection Points
Repost 0
13 décembre 2005 2 13 /12 /décembre /2005 00:00
J'ai tellement été emportée par ce roman que je l'ai lu en deux jours. J'ai été tenue en haleine du début jusqu'à la fin.
L'histoire démarre comme un polar sur la découverte d'un meurtre au fin fond de la Suède en 1878. Puis on remonte le fil pour déboucher sur un conte humaniste.
Pendant les premières pages, le personnage principal est Hans Bengler un  entomologiste suédois qui ne sachant très bien quoi faire de lui-même décide de partir dans le désert de Kalahari en Afrique australe pour y trouver un insecte qui lui permettra de faire fortune. Il tombe sur un jeune Bochiman dont les parents ont été massacrés et décide de l'adopter et de faire son éducation. C'est le petit garçon qui devient ensuite le héros du livre.
Ce roman traite de la grande difficulté de communication entre Blancs et Noirs et en donne une vision plutôt pessimiste. Les Blancs n'en sortent d'ailleurs pas grandis. La plupart sont montré comme des êtres vils, alcooliques, brutaux et égoïstes tandis que le jeune Bochiman incarne la sagesse, la pureté et l'innocence. Une vision peut-être un peu trop manichéenne. Il faut bien sûr se remettre dans le contexte de l'époque où se situe l'histoire.
Ceci dit, cela reste un livre très agréable à lire, bien écrit et au rythme bien soutenu. Je ne me suis pas ennuyée une minute.

premières lignes : "les corneilles se battaient. Elles plongeaient vers la terre détrempée pour reprendre leur envol. Leurs croassements transperçaient le vent. Il pleuvait depuis longtemps en ce mois d'août 1878. La nervosité des corneilles annonçait l'automne  et présageait un hiver long et pénible. L'un des petits fermiers du château de Kägeholm, situé au nord-ouest de Tomelilla, fut troublé par le comportement des oiseaux. Il était habitué aux volées de corneilles, mais cette fois-ci leur réaction était inhabituelle. Tard dans l'après-midi, il longea un fossé rempli d'eau pour essayer de trouver la raison de leur inquiétude. Les corneilles poursuivaient leur va-et-vient, imperturbables. Mais quand il fut tout près, elles se turent et s'éloignèrent en battant des ailes. L'homme qui s'était approché pour comprendre eut l'explication de cette agitation : dispaissant à moitié sous les branchages, le corps d'une fillete gisait là, inanimé."

Le fils du vent, Henning Mankel, Editions Seuil, 329p
Repost 0

J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums

 BAKER Robin, Primal
BANKS Russell, American darling
BARBERY Muriel, L'élégance du hérisson
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

BOYD William La vie aux aguets


C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

 FLYNN Gillian, Les apparences
FRAPPAT Hélène, Par effraction

G

 

GALLAY Claudie, Les déferlantes
GANDER Forrest, En ami
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

 

Haddon Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul

HETU  Julie, Baie Déception
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

JONASSON Jonas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
K

KASISCHKE Laura A moi pour toujours

KASISCHKE Laura, A Suspicious River

KASISCHKE Laura, La couronne verte
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard

KASISCHKE Laura, Rêves de garçons
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac

KENNEDY Douglas, The woman in the fifth
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus

KETTLER Pierre-François, L'arc de la lune
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

LE CALLET Blandine, la ballade de Lila K
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs
LEWIS Roy, Pourquoi j'ai mangé mon père

M


MABANCKOU Alain, Black Bazar

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise

MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag

MAZETTI Katarina, Le mec de la tombe d'à côté
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit

MILLAS Juan José, Le dédordre de ton nom
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses

MURAKAMI Haruki, 1Q84
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

MURAKAMI Haruki, Sommeil

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PEJU Pierre, La diagonale du vide
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Christophe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SEN Selina, Après la mousson

SERRE Anne, Les débutants
SI JE Dai, Le complexe de Di

T

 

TANIGUCHI Jirô
TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

UDALL Brady, Le polygame Solitaire

V

 

VANN David, Désolations
VANN David, Sukkwann Island
VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

 

Z


ZWEIG Stefan, Marie-Antoinette

Mes auteurs favoris