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je suis en train de lire...

 

 

la-vie-d-une-autre-frederique-deghelt

La vie d'une autre

 

Frédérique Deghelt

7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 13:29

les apparences Ce thriller machiavélique m'a aspirée dès les premières lignes...

Amy a disparu. Tous les indices laissent à penser qu'elle a été kidnappée ou tuée. Nick, son mari est le premier suspecté...


Gillian Flynn manipule avec beaucoup d'habileté son lecteur et le mène de fausses pistes en fausses pistes par de multiples rebondissements tous inattendus.  Ecrit comme un journal à quatre mains, alernativement par l'homme et par la femme, son roman est parsemé ça et là de petites réflexions acides et ironiques sur le couple.

 

J'espérais un autre dénouement, mais je dois reconnaître que jusqu'à la fin j'ai été incapable de deviner comment cette histoire parfois abracadabrante allait se terminer. L'auteur nous démontre avec brio que les apparences sont trompeuses.


Un livre écrit dans un style alerte et rythmé qu'on n'a pas envie de lâcher. On ne s'y ennuie pas une seconde.

 

Ce roman a été adapté au cinéma sous le titre de Gone Girl par David Fincher avec Rosamund Pike et Ben Afleck.

 

extrait : "Ce don manquait à beaucoup de gens. : celui de savoir quand il faut se casser. Les gens adorent parler, or je n'ai jamais été très loquace. Je poursuis sans cesse un monologue intérieur, mais il arrive souvent que les mots n'atteignent pas mes lèvres. Elle est jolie aujourd'hui, je pense, mais pour une raison ou pour une autre, ça ne me viendrait pas à l'esprit de le dire à haute voix. Ma mère parlait, ma soeur parlait. J'avais été élevé pour écouter. Aussi, être assis sur le canapé, tout seul, sans parler, me faisait l'effet d'un luxe."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLes apparences, Gillian Flynn, Le Livre de Poche, 692 pages.

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 22:16

desolations.gifComme Sukkwann Island du même auteur, Désolations se situe en Alaska.

Un homme, Gary, construit une cabane sur une île au milieu d'un lac dans le but de s'y installer un jour. Il s'obstine malgré les obstacles et les difficultés qui se présentent à lui. Sa femme Irene a renoncé à l'en dissuader et l'accompagne dans ce projet.

Dans ce roman, comme dans Sukkwann Island, l'atmosphère est pesante et pessimiste. Dans son livre précédent, David Vann mettait en scène la relation d'un père avec son fils. Ici il est question des relations hommes-femmes : principalement celle de Gary et Irene, et celle de leur fille Rhoda avec son petit ami Jim. Il donne une vision amère des relations humaines faites de tromperies, de non-dits et de frustration.  Les femmes sont victimes, naïves ou manipulatrices, les hommes sont faibles, lâches ou menteurs. Tous sont atteints soit de folie soit de duplicité. Le personnage qui semble le plus sain et équilibré semble être Rhoda. C'est en quelque sorte la figure de l'innocence bafouée. Au final, tous sont englués dans une fatalité désespérante.

Autour d'eux, les paysages fascinants de l'Alaska sont parfaitement décrit par l'auteur comme un pays froid, humide et hostile. Rien n'y est authentique, la chaleur humaine y est absente. La Nature est implacable et indifférente. Le climat semble déteindre sur les personnages qui sont arrivés dans la région pleins d'idéaux et d'illusions. Tous les ont perdus au fil des années. Les éléments qui se déchainent semblent les avoir effacés petit à petit. 

Une fois de plus David Vann m'a captivée avec ce roman à la fois brillant et glaçant.

 

extrait : "Gary se détourna. C'était le genre de moment qu'il attendait, elle le savait. Si cette cabane ridicule suscitait suffisamment de disputes, il pourrait justifier son départ. Il la mettait dans une situation impossible, puis il décrétait que le mariage en lui même était impossible. Et le plus beau dans tout cela, c'est qu'il se mentait si bien à lui même qu'il était persuadé d'être le gentil, dans l'affaire. Il croyait dur comme fer avoir fait de son mieux.

Ecoute, dit-elle. Tu peux les construire à trois mêtres avec un petit couloir de communication. On mettra une porte à chaque extrémité. Et peut-être comme ça on ne sentira rien.

Gary réfléchit. Il longea le mur arrière de la cabane, tourna sur lui-même plusieurs fois, fit les cent pas pour s'éclaircir l'esprit.. OK, dit-il enfin. Je peux faire un truc de ce genre. Mais on va être obligés de déplacer la tente à outils pour avoir de la place.

Crise évitée, et puisque c'était aussi simple que cela, elle se demanda si elle pouvait refuser le projet dans son intégralité. Dire non à la globalité et rentrer à la maison. Mais elle savait que c'était impossible. Parce tout ça était bien plus qu'une simple histoire de cabane."


smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifDésolations, David Vann, Edition Gallmeister, 326 pages.

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 11:56

woman fifthJ'avais envie de lire en anglais. J'ai donc choisi ce roman de Douglas Kennedy qui me semblait être l'auteur idéal à lire en version originale.

J'ai beaucoup aimé les trois premiers quarts du livre. Après maints déboires dans sa petite ville de l'Ohio où il enseigne dans un lycée, Harry Rick, se voit obligé de prendre la fuite et débarque dans un Paris froid, gris, glauque et complètement inhospitalier. La plupart des parisiens qu'il rencontre sont vraiment antipathiques. Il se retrouve dans une chambre de bonne du 10ème arrondissement vers le métro Strasbourg-Saint-Denis, dans un quartier essentiellement peuplé par des turcs. Lui, l'Américain de classe moyenne fait tache dans ce paysage et va devoir faire face à tout un enchaînement de situations rocambolesques et inextricables. Dans une soirée, il fait la connaissance d'une belle hongroise qui devient sa maîtresse.
Douglas Kennedy excelle dans l'art d'attirer progressivement son héros dans un piège redoutable dont il peut difficilement sortir.
J'ai été moins convaincue par la fin du roman qui bascule dans le fantastique. J'ai trouvé que c'était une solution trop facile pour expliquer la présence de la mystérieuse Margit. Et la liaison que Harry entretient avec cette femme m'a paru être la partie la moins intéressante du roman.
Toutefois, des trois livres que j'ai lus de cet auteur, celui-ci est mon préféré. Peut-être est-ce simplement dû au plaisir de lire en anglais ou bien le fait que l'intrigue se situe dans un Paris insolite loin des clichés de carte postale ?
Quoi qu'il en soit, comme le dit la quatrième de couverture : "nail-biting" -haletant, littéralement, "à se ronger les ongles"- !
smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifThe woman in the fifth, Douglas Kennedy, Arrow Books, 422 pages.

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 18:39

revesdegarcons.jpg Laura Kasischke dresse dans ce roman noir le portrait d'adolescentes américaines typiques. Probablement un de ses sujets d'observation favoris puisqu'on le retrouve très souvent dans son oeuvre. Ici, il s'agit de trois pom-pom girls dans un camp de vacances. Belles, intelligentes, sûres d'elles, un brin arrogantes. Le monde semble leur appartenir. Elles organisent une escapade pour aller se baigner dans le mystérieux et profond Lac des Amants.

  

Mais comme dans tous les romans de Laura Kasischke, L'angoisse flotte dans l'air. On sent qu'un drame va se produire. Il n'arrive qu'à la fin et de manière inattendue. Le suspense est un prétexte pour nous intéresser aux destins des jeunes filles, en particulier ceux de Kristy, la narratrice, et de son amie Desiree. De nombreux flashbacks nous ramènent à leur enfance.

 

 Ce roman n'est cependant pas mon préféré de Laura Kasischke. J'ai eu du mal à me passionner pour le parcours de ces deux jeunes filles pour lesquelles je n'ai ressenti aucune sympathie et j'ai trouvé que l'intrigue mettait du temps à "décoller". Parmi les romans de cette auteur, je place toujours en tête La couronne verte et Un oiseau blanc dans le blizzard.

 

extrait : "Le bruit de fond orchestré par les cigales avait totalement disparu. Il s'était soudain interrompu en fin d'aprè-midi, et personne, pas même Miss Vaseline ne savait si l'on devait ce répit à la tombée de la nuit ou à la mort des insectes. Toutefois, on ne pouvait pas nier le changement. Les cigales s'affaiblissaient, tombaient des arbres l'une après l'autre en une pluie écoeurante de corps fripés crachotant dans la poussière. c'était comme si on avait appuyé sur un énorme interrupteur qui les auraient fait taire d'un coup. Quelle étrange sensation que de pouvoir entendre de nouveau le chant des oiseaux et le bruit des branches d'arbres."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifRêves de garçons, Laura Kasischke, Le Livre de Poche, 250 pages.

 


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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 22:40

polygame-solitaire J'attendais avec impatience ce deuxième roman de Brady Udall. Je gardais un excellent souvenir du Destin miraculeux d'Edgar Mint.


Dans Le polygame solitaire l'auteur immerge son lecteur dans une famille mormonne sous l'angle de trois personnages différents :

Le père, Golden Richards, a choisi de vivre selon le "Principe" qui veut qu'un homme ait plusieurs épouses et procrée le plus possible. Mais Golden est débordé par ses quatre femmes et ses vingt-huit enfants et rêve d'évasion.  

  Pendant ce temps, sa plus jeune femme, Trish, se sent complètement délaissée par son mari et déprime.

Rusty, un de ses fils, perturbé et en manque d'affection, fait les quatre cent coups. Sa mère, Rosa, dépressive, est internée en hôpital psychiatrique.

Berverly, la première épouse règne en tyran sur cette tribu.

 Un chantier loin de chez lui donne l'occasion à Golden de changer d'air. Il tombe amoureux de la femme de son client, Houila. Le voilà tiraillé entre ses devoirs conjugaux et familiaux et la tentation d'abandonner femmes et enfants pour s'enfuir avec Houila.


Brady Udall sait de quoi il parle puisqu'il a grandit lui-même dans une famille de Mormons. C'est un conteur hors-pair. Il fait alterner avec habileté les points de vue des différents personnages, les moments comiques et les moments dramatiques. On passe d'une époque à l'autre sans suivre d'ordre chronologique. Mais à aucun moment on ne ressent ennui ou lassitude. 

 

Ce pavé de plus de 700 pages m'a paru un peu moins passionnant, peut-être un peu moins caustique aussi, que le Destin miraculeux... mais ça reste un excellent roman et Brady Udall reste pour moi un auteur à suivre de près.

 

premières phrases : " Pour le dire le plus simplement possible, c'est l'histoire d'un polygame qui a une liaison. Mais bien sûr, c'est beaucoup plus compliqué. La vie d'un polygame, même dépourvue de mensonges, de secrets et d'infidélités est tout sauf simple. Prenez, par exemple, ce vendredi soir en début de printemps où Golden Richards rentra à la Grande Maison -l'une des trois qu'il appelait son foyer- après une semaine passée sur le chantier. On aurait dû assister à la plus charmante, la plus innocente des scènes familiales. : un père rentre chez lui accueilli avec amour par ses femmes et ses enfants. Alors qu'il s'engageait dans la longue allée gravillonée, Golden n'ignorait pas qu'en réalité, ce qui l'attendait n'aurait rien de charmant, d'innocent ou quoi que ce soit de ce genre."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gif Le polygame solitaire, Brady Udall, Albin Michel, 735 pages.

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 20:46

primal.jpg J'ai choisi ce livre, dans le cadre de l'opération "Masse Cristique" organisée par Babelio, parce que les histoires de naufragés m'ont toujours passionnée. Parmi les romans qui m'ont le plus marquée, il y a Sa Majesté des Mouches, que j'ai lu enfant et qui m'avait bouleversée, Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier et L'île de Robert Merle 

"Un groupe d'étudiants nus et hagards est retrouvé un an après avoir disparu lors d'une expédition scientifique dans le Pacifique."  Il y avait de quoi me mettre l' eau à la bouche. D'autant que  le petit mot qui accompagnait le livre disait : "Vous aimez "Lost"...vous aimerez Primal." Or il se trouve que "Lost" est ma série préférée. Comment l'attachée de presse des éditions JC Lattès l'avait-elle deviné ? Je me suis donc jetée avec avidité sur ce livre et j'en ai dévoré les premières pages.

Ce livre est écrit sous forme d'une enquête au cours de laquelle le narrateur cherche à découvrir ce qui s'est vraiment passé sur l'île. Robin Baker part du principe que l'être humain est avant tout un grand primate et que, dépouillé de tout ce qui le distingue des animaux -vêtements, habitation, outils, et tout les objets de la technologie moderne- il retourne progressivement à l'état sauvage. J'ai été un peu déçue par la manière dont il décrit ce processus. J'ai trouvé qu'il passait un peu trop vite sur la façon dont les naufragés trouvent des moyens de survie et s'adaptent à cette situation physiquement et psychologiquement. L'auteur s'attache surtout à décrire leur comportement sexuel qui se rapproche à la fin de celui des chimpanzés avec qui les naufragés cohabitent sur l'île. Tout le long de ma lecture, je me suis demandé : est-ce ainsi que l'on devient lorsqu'on est débarrassé de tous nos attributs d'êtres humains ? Est-ce que l'on perd aussi si vite nos repères sociaux et culturels ? J'ai trouvé que le ton du livre était un brin trop sensationnel et qu'il y manquait un peu de réflexion.

Ce livre m'a donc laissée sur ma faim. Mais je ne me suis pas ennuyée une minute et il a eu le mérite d'avoir suscité en moi des interrogations sur la nature humaine.

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifPrimal, Robin Baker, JC Lattès, 431 pages.

 

 

Merci à Babelio et aux éditions JC Lattès pour cette lecture.

 


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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 23:03

baiedeception.jpgIsaac Etok a été élevé par ses grands-parents. Après le suicide de sa mère, il hérite de son journal intime qu'il va se mettre à lire avec avidité, malgré la désapprobation de son grand-père. Celui-ci maintient que Maggie est folle et néfaste pour son fils. Pourtant Isaac espère en apprendre un peu plus sur cette femme dont il se sent abandonné mais dont il espère aussi trouver une preuve d'amour. Isaac a besoin de sentir ce lien de filiation avec sa mère pour pouvoir continuer à avancer, grandir, et devenir adulte.

Une très belle histoire, une quête d'identité qui se situe dans le grand Nord canadien et qui se termine joliment sous la forme d'un conte. C'est aussi un éclairage sur la société Inuit, sa culture en voie de disparition, sa violence et ses difficultés. Ne manquez pas la préface du sociologue Bernard Lamothe.

Un CD dans lequel on entend le témoignage de Maggie, accompagne le livre. Je n'avais pas trop envie de l'écouter et je me suis forcé à le faire après avoir terminé le livre. Finalement, j'ai été agréablement surprise. C'est un peu comme écouter un documentaire à  la radio. L'imagination travaille et l'on voyage...en fermant les yeux, on s'y croirait presque. Les deux récits, écrit d'Isaac et parlé de Maggie, se complètent et il faut avoir lu et entendu les deux pour apprendre la vérité sur Maggie.

J'ai pu apprécier ce livre grâce à l'opération "Masse Critique". Merci à Babelio pour cette belle découverte.


 

extrait : "Il était deux heures du matin. Le vent très violent sifflait dans la maison. Johnny et Lisa dormaient sur le divant du salon. La neige durcie par le froid crépitai sur la vitre, rappelant le son d'un vieux film qui démarre. Moi, je ne dormais pas. J'ai mis mon manteau et je suis sorti sur le balcon avec la vieille pipe de Johnny pour en tirer quelques bouffées. Je suis vite rentré, le vent et la neige éteignaient ma pipe et j'avais froid. J'ai pris le restant de la bière que Johnny avait laissé sur la table de la cuisine, et je l'ai apportée dans ma chambre. Sur mon lit, le journal de maman m'attendait ouvert à la page où j'étais rendu. il était difficle de lire dans ce cahier plein de ratures, dont la calligraphie était très négligée. j'ai repris ma lecture. Mes yeux étaient fatigués, mais je n'arrivais pas à abandonner ma lecture. Alors je luttais contre le sommeil, pour en savoir plus. Essoufflé, j'essayais de ne pas sauter de mots, de tout absorber. Je voulais atteindre quelque chose, la fin peut-être, mais je me suis endormi avant."

 

Baie déception, Julie Hétu, Planète Rebelle, 115 pages + 1 CD.


 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 22:39

sukkwan-island.jpgAu bout du rouleau, dépressif, cyclothimique, à la fois obsédé et incapable d'avoir une relation suivi avec une femme, Jim a convaincu Roy, son fils de treize ans, de le suivre sur une île déserte et sauvage de l'Alaska pour y vivre pendant un an. Ils y emportent de quoi tenir les premières semaines et ont prévu de vivre de chasse et de pêche le reste du temps.

Dans la première partie c'est le point de vue de Roy qui est exprimé. Jim s'avère instable, égocentrique, peu rassurant, ne s'intéresse  pas à ce que se son fils peu ressentir et lui confie ses problèmes d'adulte que le garçon n'est pas en âge de comprendre.

Au départ, je n'ai pu m'empêcher de penser à La route de Cormac Mac Carthy : un père tentant de survivre dans des conditions extrèmes avec son fils. La comparaison s'arrête là. Alors que dans La route il y avait amour, espoir, humanité et spiritualité, ici il n'y qu'incompréhension et impossibilité de dialoguer.

Pas de message écologique non plus. L'homme ici n'est pas en harmonie avec la nature. Il lui est étranger et elle est représentée comme un élément sur lequel il n'a aucune prise, aucun contrôle et aucun lien.

Un livre prenant que j'ai lu quasiment d'une traite. Angoissant et déprimant mais impossible de le lâcher ni de résister au suspense. Un roman glauque et désespérant, mais tellement captivant !

 

extrait : "Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. il ne savait pas comment les choses tourneraient.

Ils redescendirent à la cabane enveloppés par le parfum doux amer d'une plante, une odeur qui rappelait à Roy son enfance à Ketchikan. En Californie, il avait beaucoup repensé à Ketchikan et à la forêt humide, il avait cultivé dans son imginaire et dans ses vantardises auprès de ses amis l'image d'un endroit sauvage et mystérieux. Mais à présent qu'il était de retour, l'air y était plus froid et la végétation certes luxuriante, mais rien qu'un simple végétation, et il se demanda à quoi ils passeraient leur temps. Les choses étaient crûment ce qu'elles étaient et rien d'autre."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gif

  Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, 192 pages.

 

lu aussi par : Papillon, La Lettrine, Madame Charlotte, Leiloune...

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 00:00

amoipour toujours Un roman noir assez classique basé sur une histoire plutôt banale. Sherry reçoit les lettres passionnées d'un admirateur inconnu. Elle mène une vie paisible, rangée, à la limite de l'ennui, dans une petite ville de province. Elle a passé la quarantaine, son fils a quitté le nid familial, son mari joue un jeu ambigu en l'encourageant à satisfaire son fantasme. Lorsqu'elle rencontre Bram, le fantasme semble s'incarner sous ses yeux. Elle finit par succomber au désir que cet homme lui inspire.

 

Comme dans les autres romans de Laura Kasischke, on sent ici la tension larvée, la mort tapie quelque part qui se manisfeste d'abord par des signes avant-coureurs, des présages. Mais le danger ne se trouve pas forcément là où on croit. Cette fois j'ai trouvé que les images étaient un peu trop appuyées, les métaphores un peu trop explicites et le dénouement moins inattendu que d'habitude. Mon tort est sans doute de l'avoir lu à la suite de La couronne verte que j'ai adoré et que j'ai trouvé beaucoup plus subtil et plus original. C'est donc loin d'être mon préféré de cette auteur que j'apprécie beaucoup par ailleurs.

 

extrait : "Et pourtant, lorsque je le vis, je le sus :

Bien sûr.

C'est toi mon amoureux.

Et comme s'il m'avait attendue, il sourit en me voyant approcher en voiture.

"Vous voilà, dit-il lorsque je baissai ma vitre. Notre tueuse de biches."

J'ouvris la bouche pour parler, mais je ne dis rien. Je ne pouvais que le regarder fixement.

Il avait des dents parfaitement blanches et droites, et des yeux si profonds qu'il était surprenant, presque impossible de les regarder fixement. Vous pouviez trébucher en regardant dans ses yeux-là. La mâchoire carrée, la barbe et la moustache soigneusement taillées -c'était bien ce que je lui avait inventé dans mon imagination-, mais les mains gracieuses, aux longs doigts ces mains propres, étaient tout à fait à lui.

Il portait un montre en or. Au tour du col de son tee-shirt noir, je crus voir briller une chaîne en or. Il avait une unique fossette insistante, du côté droit de son sourire.

"Garez-vous donc madame Seymour. On va vous arranger ça."

 


 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifA moi pour toujours, Laura Kasischke, Le Livre de Poche, 377 pages.

 

lu aussi par : Kathel, Lilly, Clochette, Papillon

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 18:38

couronneverte.jpg Trois jeunes filles partent au Mexique dans un hôtel où les adolescents américains vont traditionnellement se défouler avant d'entamer leurs études unversitaires. C'est la première fois qu'elles partent seules à l'étranger sans leur enourage familial.

Anne et Michelle décident de suivre un inconnu beaucoup plus âgé qu'elles qui les emmène visiter une pyramide, un lieu sacré où l'on pratiquait des rites sacrificiels étranges.

Elles vont y vivre une aventure dont elles ne sortiront pas indemnes.

Au-delà du roman noir, il y a les pensées

des jeunes filles sur l'endroit où elles se trouvent, sur le contraste entre la futilité et la superficialité de la jeunesse qui est là pour s'étourdir par tous les moyens : soleil, alcool, drogue, sexe...Cette jeunesse est décrite comme un amas de chair dénudée et brûlée par le soleil. Et l'hôtel est un lieu constitué de couleurs criardes, de sons assourdissants, de lumières aveuglantes...Mais tout cela semble dérisoire et éphèmère face à la puissance mystérieuse de la forêt millénaire qui l'entoure. 

Le temple que les deux adolescentes vont visiter se trouve au coeur d'une jungle vierge et luxuriante qui paraît sauvage et inquiétante. Mais la sauvagerie n'est pas forcément là où on l'attend...

J'ai lu ce roman en quelques heures. La plume Laura Kasischke dégage une poésie et une magie irrésistible et envoûtante. Un roman qui m'a captivée.

 

extrait : "Les gens qui vivaient ici depuis des siècles, avant l'invention du moteur, des avions, se trouvaient au bord d'un vaste océan, isolés dans un monde étrange et ancien, où les vagues venaient mourir sur la rive de la même manière qu'elles le faisaient depuis qu'il y avait des humains pour les écouter.

Depuis plus longtemps encore. Beaucoup plus longtemps.

Ce ciel et cette mer ne servaient pas uniquement de décor à l'Hôtel del Sol. Ils ne faisaient pas qu'offrir  une plage où jouer à des bandes de jeunes Américains.

Après tout, ces gamins ne représentaient qu'un instantané, une foule d'étudiants, ivres et bronzés sur une plage. certains tenaient des bouteilles de bière ou desz gobelets en plastique dans lesquels flottait un morceau d'ananas ainsi qu'un parasol miniature. Ils riaient. d'autres arboraient un piercing au nombril qui brillait au soleil. Tout cela ne durait qu'une fraction de seconde.

PLus tard, ces clichés seraient enterrés, les hôtels seraient rayés de la carte. La jungle regagnerait l'océan et le langage serait oublié."


smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gif

La couronne verte, Laura Kasiscke, Le Livre de Poche, 219 pages.

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J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums

 BAKER Robin, Primal
BANKS Russell, American darling
BARBERY Muriel, L'élégance du hérisson
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

BOYD William La vie aux aguets


C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

 FLYNN Gillian, Les apparences
FRAPPAT Hélène, Par effraction

G

 

GALLAY Claudie, Les déferlantes
GANDER Forrest, En ami
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

 

Haddon Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul

HETU  Julie, Baie Déception
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

JONASSON Jonas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
K

KASISCHKE Laura A moi pour toujours

KASISCHKE Laura, A Suspicious River

KASISCHKE Laura, La couronne verte
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard

KASISCHKE Laura, Rêves de garçons
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac

KENNEDY Douglas, The woman in the fifth
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus

KETTLER Pierre-François, L'arc de la lune
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

LE CALLET Blandine, la ballade de Lila K
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs
LEWIS Roy, Pourquoi j'ai mangé mon père

M


MABANCKOU Alain, Black Bazar

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise

MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag

MAZETTI Katarina, Le mec de la tombe d'à côté
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit

MILLAS Juan José, Le dédordre de ton nom
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses

MURAKAMI Haruki, 1Q84
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

MURAKAMI Haruki, Sommeil

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PEJU Pierre, La diagonale du vide
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Christophe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SEN Selina, Après la mousson

SERRE Anne, Les débutants
SI JE Dai, Le complexe de Di

T

 

TANIGUCHI Jirô
TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

UDALL Brady, Le polygame Solitaire

V

 

VANN David, Désolations
VANN David, Sukkwann Island
VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

 

Z


ZWEIG Stefan, Marie-Antoinette

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