le lièvre de Vatanen
Journaliste désabusé et revenu de tout, Vatanen trouve un jour un lièvre blessé sur le bord d'une route. Il le recueille et décide sur le champ d'abandonner, femme, boulot et toute sa vie d'avant pour partir à l'aventure sur les routes de Finlande. Son périple, au cours duquel il va faire des tas de rencontres bizarres, aussi bien humaines qu'animales,va le mener jusqu'en Laponie et en URSS.Ecrit dans un style sans prétention, Le lièvre de Vatanen est un joli conte humaniste et écologique qui prône des valeurs telles que la solidarité, l'amitié. Publié en Finlande pour la première fois dans les années 70, il reflète bien l'esprit de cette époque : liberté, refus de l'autorité, non conformisme... On y trouve un peu la même atmosphère que dans Petits suicides entre amis écrit bien plus tard, avec des personnages hauts en couleur, des épouses aigries et grincheuses, des jeunes femmes appétissantes et faciles, des hommes très portés sur l'alcool...Sans doute un reflet de la société finlandaise.
Ce roman manque peut-être un peu de subtilité et la vision de Paasilinna est peut-être un peu simpliste mais Vatanen et son lièvre sont attachants. Je me suis surprise plusieurs fois à me préoccuper du sort du petit animal. Un livre qui donne envie de forêts et de grands espaces, d'attraper son sac à dos pour prendre la route et sortir à son tour des sentiers battus.
premières phrases : "Deux hommes accablés roulaient en voiture. Le soleil couchant agaçait leurs yeux à travers le pare-brise poussiéreux. C'était l'été de la Saint-Jean. Sur la petite route de sable, le paysage finlandais défilait sous le regard las des deux hommes ; aucun d'eux ne prêtait la moindre attention à la beauté du soir.
C'étaient un journaliste et un photographe en en service commandé, deux êtres cyniques, malheureux. Ils approchaient de la quarantaine et les espoirs qu'ils avaient nourris dans leur jeunesst étaient loin, très loin de s'êtrre réalisés. Ils s'étaient mariés, trompés, déçus, et avaient chacun un début d'ulcère à l'estomac et bien d'autres soucis quotidiens.
Ils venaient de se quereller pour savoir s'ils devaient rentrer à Helsinki ou s'il valait mieux passer la nuit à Heinola. depuis ils ne se parlaient plus.
Ils traversaient en crabe la splendeur du soir, la tête rentrée, butés, l'esprit tendu, sans même s'apercevoir de tout ce que leur course avait de misérable. Ils voyageaient blasés, fatigués."
Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna, Editions Denoël, 192p.
la critique d'Allie
portrait de Arto Paasilinna
Publicité