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je suis en train de lire...

 

 

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La vie d'une autre

 

Frédérique Deghelt

22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 23:03

baiedeception.jpgIsaac Etok a été élevé par ses grands-parents. Après le suicide de sa mère, il hérite de son journal intime qu'il va se mettre à lire avec avidité, malgré la désapprobation de son grand-père. Celui-ci maintient que Maggie est folle et néfaste pour son fils. Pourtant Isaac espère en apprendre un peu plus sur cette femme dont il se sent abandonné mais dont il espère aussi trouver une preuve d'amour. Isaac a besoin de sentir ce lien de filiation avec sa mère pour pouvoir continuer à avancer, grandir, et devenir adulte.

Une très belle histoire, une quête d'identité qui se situe dans le grand Nord canadien et qui se termine joliment sous la forme d'un conte. C'est aussi un éclairage sur la société Inuit, sa culture en voie de disparition, sa violence et ses difficultés. Ne manquez pas la préface du sociologue Bernard Lamothe.

Un CD dans lequel on entend le témoignage de Maggie, accompagne le livre. Je n'avais pas trop envie de l'écouter et je me suis forcé à le faire après avoir terminé le livre. Finalement, j'ai été agréablement surprise. C'est un peu comme écouter un documentaire à  la radio. L'imagination travaille et l'on voyage...en fermant les yeux, on s'y croirait presque. Les deux récits, écrit d'Isaac et parlé de Maggie, se complètent et il faut avoir lu et entendu les deux pour apprendre la vérité sur Maggie.

J'ai pu apprécier ce livre grâce à l'opération "Masse Critique". Merci à Babelio pour cette belle découverte.


 

extrait : "Il était deux heures du matin. Le vent très violent sifflait dans la maison. Johnny et Lisa dormaient sur le divant du salon. La neige durcie par le froid crépitai sur la vitre, rappelant le son d'un vieux film qui démarre. Moi, je ne dormais pas. J'ai mis mon manteau et je suis sorti sur le balcon avec la vieille pipe de Johnny pour en tirer quelques bouffées. Je suis vite rentré, le vent et la neige éteignaient ma pipe et j'avais froid. J'ai pris le restant de la bière que Johnny avait laissé sur la table de la cuisine, et je l'ai apportée dans ma chambre. Sur mon lit, le journal de maman m'attendait ouvert à la page où j'étais rendu. il était difficle de lire dans ce cahier plein de ratures, dont la calligraphie était très négligée. j'ai repris ma lecture. Mes yeux étaient fatigués, mais je n'arrivais pas à abandonner ma lecture. Alors je luttais contre le sommeil, pour en savoir plus. Essoufflé, j'essayais de ne pas sauter de mots, de tout absorber. Je voulais atteindre quelque chose, la fin peut-être, mais je me suis endormi avant."

 

Baie déception, Julie Hétu, Planète Rebelle, 115 pages + 1 CD.


 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 22:39

sukkwan-island.jpgAu bout du rouleau, dépressif, cyclothimique, à la fois obsédé et incapable d'avoir une relation suivi avec une femme, Jim a convaincu Roy, son fils de treize ans, de le suivre sur une île déserte et sauvage de l'Alaska pour y vivre pendant un an. Ils y emportent de quoi tenir les premières semaines et ont prévu de vivre de chasse et de pêche le reste du temps.

Dans la première partie c'est le point de vue de Roy qui est exprimé. Jim s'avère instable, égocentrique, peu rassurant, ne s'intéresse  pas à ce que se son fils peu ressentir et lui confie ses problèmes d'adulte que le garçon n'est pas en âge de comprendre.

Au départ, je n'ai pu m'empêcher de penser à La route de Cormac Mac Carthy : un père tentant de survivre dans des conditions extrèmes avec son fils. La comparaison s'arrête là. Alors que dans La route il y avait amour, espoir, humanité et spiritualité, ici il n'y qu'incompréhension et impossibilité de dialoguer.

Pas de message écologique non plus. L'homme ici n'est pas en harmonie avec la nature. Il lui est étranger et elle est représentée comme un élément sur lequel il n'a aucune prise, aucun contrôle et aucun lien.

Un livre prenant que j'ai lu quasiment d'une traite. Angoissant et déprimant mais impossible de le lâcher ni de résister au suspense. Un roman glauque et désespérant, mais tellement captivant !

 

extrait : "Roy ne savait pas quoi dire, alors il ne disait rien. il ne savait pas comment les choses tourneraient.

Ils redescendirent à la cabane enveloppés par le parfum doux amer d'une plante, une odeur qui rappelait à Roy son enfance à Ketchikan. En Californie, il avait beaucoup repensé à Ketchikan et à la forêt humide, il avait cultivé dans son imginaire et dans ses vantardises auprès de ses amis l'image d'un endroit sauvage et mystérieux. Mais à présent qu'il était de retour, l'air y était plus froid et la végétation certes luxuriante, mais rien qu'un simple végétation, et il se demanda à quoi ils passeraient leur temps. Les choses étaient crûment ce qu'elles étaient et rien d'autre."

 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gif

  Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, 192 pages.

 

lu aussi par : Papillon, La Lettrine, Madame Charlotte, Leiloune...

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 00:00

amoipour toujours Un roman noir assez classique basé sur une histoire plutôt banale. Sherry reçoit les lettres passionnées d'un admirateur inconnu. Elle mène une vie paisible, rangée, à la limite de l'ennui, dans une petite ville de province. Elle a passé la quarantaine, son fils a quitté le nid familial, son mari joue un jeu ambigu en l'encourageant à satisfaire son fantasme. Lorsqu'elle rencontre Bram, le fantasme semble s'incarner sous ses yeux. Elle finit par succomber au désir que cet homme lui inspire.

 

Comme dans les autres romans de Laura Kasischke, on sent ici la tension larvée, la mort tapie quelque part qui se manisfeste d'abord par des signes avant-coureurs, des présages. Mais le danger ne se trouve pas forcément là où on croit. Cette fois j'ai trouvé que les images étaient un peu trop appuyées, les métaphores un peu trop explicites et le dénouement moins inattendu que d'habitude. Mon tort est sans doute de l'avoir lu à la suite de La couronne verte que j'ai adoré et que j'ai trouvé beaucoup plus subtil et plus original. C'est donc loin d'être mon préféré de cette auteur que j'apprécie beaucoup par ailleurs.

 

extrait : "Et pourtant, lorsque je le vis, je le sus :

Bien sûr.

C'est toi mon amoureux.

Et comme s'il m'avait attendue, il sourit en me voyant approcher en voiture.

"Vous voilà, dit-il lorsque je baissai ma vitre. Notre tueuse de biches."

J'ouvris la bouche pour parler, mais je ne dis rien. Je ne pouvais que le regarder fixement.

Il avait des dents parfaitement blanches et droites, et des yeux si profonds qu'il était surprenant, presque impossible de les regarder fixement. Vous pouviez trébucher en regardant dans ses yeux-là. La mâchoire carrée, la barbe et la moustache soigneusement taillées -c'était bien ce que je lui avait inventé dans mon imagination-, mais les mains gracieuses, aux longs doigts ces mains propres, étaient tout à fait à lui.

Il portait un montre en or. Au tour du col de son tee-shirt noir, je crus voir briller une chaîne en or. Il avait une unique fossette insistante, du côté droit de son sourire.

"Garez-vous donc madame Seymour. On va vous arranger ça."

 


 

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifA moi pour toujours, Laura Kasischke, Le Livre de Poche, 377 pages.

 

lu aussi par : Kathel, Lilly, Clochette, Papillon

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 19:28

Ces dernières semaines j'ai été absente de ce blog. J'ai manqué un peu de concentration ces temps-ci autant pour me consacrer pleinement à la lecture que pour écrire mes articles. Je n'ai pas cessé de lire pour autant. Voici un petit résumé de mes dernières lectures :



livredejoe.jpg

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLe livre de Joe de Jonathan Tropper


Joe retourne dans sa ville natale au chevet de son père qui se trouve dans le coma. Il est l'auteur d'un best-seller dans lequel il réglait ses comptes avec son passé. Le voilà face aux personnes qui ont inspiré son roman : ses amis, voisins, enseignants, petite amie, frère...

J'ai trouvé dans ce livre un côté "hollywoodien" facile et un peu agaçant. Le personnage principal d'abord égoïste, cynique, haï par tous va peu à peu trouver une rédemption. Un livre qui se laisse lire tout de même parce que bien écrit.

 


 

1074826 3046236smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifIntimité de Hanif Kureishi


Un livre qui m'a surtout séduite par ses réflexions sur le couple dont le narrateur a une vision plutôt négative puisqu'il s'apprête à quitter sa femme. Amer et désabusé...





 

 

 

 

myrtillesyourte.jpgsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifDes myrtilles dans la yourte de Sarah Dars

 

Un polar mongol écrit par un auteur français. Ce livre m'a plus intéressé pour ce qu'on y apprend sur la Mongolie que pour l'intrigue policière assez paresseuse. Dépaysant et instructif.




 

 

 

 

 

 

Il y a eu aussi des lectures inabouties :


Je n'ai pas été jusqu'au bout de Exil intermédiaire de Céline Curiol. Trop décousu. Je n'arrivais pas à saisir les liens entre les différents personnages.


J'ai commencé à lire le quai de Ouistreham de Florence Aubenas qui m'a beaucoup intéressée mais que j'ai laissé de côté parce que j'avais envie de lectures plus légères.


Je compte reprendre bientôt la lecture du Passage de la nuit de Haruki Murakami que j'ai abandonné en cours de route. Un peu trop bavard...





 

 

 

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Published by Clarinette
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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 18:38

couronneverte.jpg Trois jeunes filles partent au Mexique dans un hôtel où les adolescents américains vont traditionnellement se défouler avant d'entamer leurs études unversitaires. C'est la première fois qu'elles partent seules à l'étranger sans leur enourage familial.

Anne et Michelle décident de suivre un inconnu beaucoup plus âgé qu'elles qui les emmène visiter une pyramide, un lieu sacré où l'on pratiquait des rites sacrificiels étranges.

Elles vont y vivre une aventure dont elles ne sortiront pas indemnes.

Au-delà du roman noir, il y a les pensées

des jeunes filles sur l'endroit où elles se trouvent, sur le contraste entre la futilité et la superficialité de la jeunesse qui est là pour s'étourdir par tous les moyens : soleil, alcool, drogue, sexe...Cette jeunesse est décrite comme un amas de chair dénudée et brûlée par le soleil. Et l'hôtel est un lieu constitué de couleurs criardes, de sons assourdissants, de lumières aveuglantes...Mais tout cela semble dérisoire et éphèmère face à la puissance mystérieuse de la forêt millénaire qui l'entoure. 

Le temple que les deux adolescentes vont visiter se trouve au coeur d'une jungle vierge et luxuriante qui paraît sauvage et inquiétante. Mais la sauvagerie n'est pas forcément là où on l'attend...

J'ai lu ce roman en quelques heures. La plume Laura Kasischke dégage une poésie et une magie irrésistible et envoûtante. Un roman qui m'a captivée.

 

extrait : "Les gens qui vivaient ici depuis des siècles, avant l'invention du moteur, des avions, se trouvaient au bord d'un vaste océan, isolés dans un monde étrange et ancien, où les vagues venaient mourir sur la rive de la même manière qu'elles le faisaient depuis qu'il y avait des humains pour les écouter.

Depuis plus longtemps encore. Beaucoup plus longtemps.

Ce ciel et cette mer ne servaient pas uniquement de décor à l'Hôtel del Sol. Ils ne faisaient pas qu'offrir  une plage où jouer à des bandes de jeunes Américains.

Après tout, ces gamins ne représentaient qu'un instantané, une foule d'étudiants, ivres et bronzés sur une plage. certains tenaient des bouteilles de bière ou desz gobelets en plastique dans lesquels flottait un morceau d'ananas ainsi qu'un parasol miniature. Ils riaient. d'autres arboraient un piercing au nombril qui brillait au soleil. Tout cela ne durait qu'une fraction de seconde.

PLus tard, ces clichés seraient enterrés, les hôtels seraient rayés de la carte. La jungle regagnerait l'océan et le langage serait oublié."


smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gif

La couronne verte, Laura Kasiscke, Le Livre de Poche, 219 pages.

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 15:21
blackbazar-1Je n'ai pas eu le courage de lire Verre cassé et Les mémoires d'un porc-épic (prix Renaudot 2006), un peu effrayée par le style sans ponctuation (uniquement avec des virgules) d'Alain Mabanckou. Black Bazar est, semble-t-il, le roman le plus accessible et le plus classique d'Akain Mabanckou.
Le personnage principal est un dandy congolais (du Congo-Brazzaville), adepte de vêtements de grande marque, qui possède une impressionnante garde-robe et évolue dans les quartiers "africains" de Paris entre "Château d'Eau" et "Château-Rouge". Il retrouve régulièrement ses amis, Paul du grand Congo, Roger l'Ivoirien et les autres au Jip's. On le surnomme "le Fessologue" car il est un grand spécialiste de la "face B" des femmes. Sa compagne "Couleur d'origine" le quitte pour "l'Hybride". Notre narrateur trouve refuge dans sa passion pour l'écriture et pour la littérature.  Il trouve conseil chez son ami Jean-Philippe, écrivain haïtien.
Dans ce "Black Bazar" on trouve tout un bric-à-brac qui donne envie de s'y attarder. Des Noirs qui se moquent des plus noirs qu'eux. Un Antillais qui méprise les Africains. Des pro et anti-colonialistes. Un "Arabe du coin" qui donne des leçons de morale.  De nombreuses allusions au "chanteur de Sète" ou "chanteur à moustaches". Et bien d'autres trésors encore...
Alain Mabanckou aime les mots et les fait chanter, sa langue est tellement rythmée et musicale que l'on croit entendre les accents des uns et des autres. Son personnage se moque de lui-même et de ses congénères, pointe souvent le doigt sur les incohérences et les absurdités de notre société, sur nos clichés et sur nos lieux communs.
Je classe Black Bazar parmi mes coups de coeur pour le plaisir jubilatoire que j'ai eu à le lire.

extrait : "Ecoute mon gars, sois réaliste ! Laisse tomber tes histoires de t'asseoir et d'écrire tous les jours, y a des gens plus calés pour ça, et ces gens-là on les voit à la télé, ils parlent bien et quand ils parlent y a un sujet, un verbe et un complément. Ils sont nés pour ça, ils ont été élevés dans ça, alors nous autres les nègres, c'est pas notre dada, l'écriture. Nous c'est l'oralité des ancêtres, nous c'est les contes de la brousse et et de la forêt, les aventures de Leuk-le-lièvre qu'on raconte aux enfants autour d'un feu qui crépite au rythme du tam-tam. Notre problème c'est on n'a pas inventé l'imprimerie et le bic, on qu'on sera toujours les derniers assis au fond de la classe à s'imaginer qu'on pourrait écrire l'histoire du continent noir avec nos sagaies. Est-ce que tu me comprends ? En plus on a un accent bizarre, ça se lit aussi dans ce que nous écrivons, or les gens n'aiment pas ça. D'ailleurs il faut avoir un vécu pour écrire. Et toi, qu'est-ce que tu as comme vécu, hein ? Rien ! zéro ! Moi par contre, j'aurais des choses et des choses à raconter par ce que je suis un métis, je suis plus clair que toi, c'est un avantage important. Si je n'ai pas encore écrit une seule ligne à ce jour c'est que le temps me manque. Je me rattrapperai quand je serai à la retraite dans une belle maison en pleine campagne, et le monde entier saura ce qu'est un chef- d'oeuvre !"
  
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Black Bazar, Alain Mabanckou, Points, 265 pages.

lu aussi par : Lo, A_girl_from_earth

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Published by Clarinette - dans littérature africaine
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 12:00
diagonaleduvideLe début de ce roman m'a captivée. J'ai beaucoup aimé l'idée de cette diagonale du vide : une bande virtuelle qui traverse la France du Nord-Est au Sud-Ouest et qui est constituée de ses régions les moins peuplées. J'ai aimé l'idée de l'homme d'affaire blasé et désabusé qui quitte tout pour se retrouver au fin fond d'un village perdu de la France profonde. J'ai aimé la manière dont Pierre Péju décrit cet endroit et ses habitants. J'ai aussi aimé l'image cette marcheuse solitaire  et mystérieuse qui arpente cette diagonale. Elle est jeune, belle et blonde et évidemment l'homme tombe amoureux d'elle sans se l'avouer. Il la suit, elle disparaît, il enquête sur elle, retrouve une ancienne maîtresse...J'ai regretté qu'à un moment, l'histoire s'éloigne et quitte cette diagonale pour devenir une sorte roman noir et d'espionnage qui mène le lecteur en Afghanistan, à New-York, à Paris... S'ensuit une série de rebondissements rocambolesques. On change complètement de style et c'est ce qui m'a perturbée. C'est comme si on passait d'un roman à un autre. Certaines situations m'ont parues à la limite du ridicule, on se croirait presque dans une série B, avec un méchant pervers en fauteuil roulant. Seul le passage où Marc Travenne revient dans le village natal de sa mère m'a touchée.
Un roman qui, du premier abord, m'a paru très prometteur, mais qui m'a déçu par la suite. En lisant les premières pages, je m'attendais à autre chose. Dommage...

extrait : "Pays perdu. Des pierres, beaucoup de pierres, dures et sombres que la pluie rend luisantes. Des maisons basses, très éloignées les unes des autres, dont certaines ne sont plus que ruines encombrées de ronces, de fougères, et faciles à confondre avec un amoncellement de roches. Partout, des blocs de basalte surgissent dans les déchirures d'un velours vert et rapé. De loin en loin, des bêtes humides, figées dans un vieux rêve. Les crinières des chevaux sont gorgées d'eau, comme est trempée la laine des moutons aux marques rouges ou violettes. Du cul des vaches tombent régulièrement des paquets de bouse chaude et les crottes des chèvres sont autant de billes noires disséminées entre les brins d'herbe.
Même par temps clair, les ondulations infinies de cette terre ne procurent pas un sentiment d'apaisement mais d'apreté."

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifLa diagonale du vide
, Pierre Péju, Gallimard, 280 pages.

lu aussi par Lily




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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 10:58
enamiJ'ai lu ce roman très court une première fois très vite et en diagonale, puis je l'ai repris pour le lire plus posément et m'imprégner des mots de Forrest Gander.
J'ai pu ainsi apprécier la manière dont Clay, le narrateur, décrit son ami Lester dont il est en réalité amoureux. Clay décrit très précisément les sentiments ambivalents que lui inspirent Lester -mélange d'amour, d'admiration, de haine et de jalousie- son charisme extraordinaire et le magnétisme qu'il exerce sur toutes les personnes qu'il croise. Son charme puissant paraît presque "diabolique". Car Lester est loin d'être un ange. Il mène des vies multiples : marié à Cora, il vit également avec Sarah, qu'il trompe avec d'autres femmes. Il est égoïste, cynique, toujours en représentation...Un personnage complexe qui m'a fascinée moi aussi.
Les premières pages décrivant la naissance Lester m'ont parues assez pénibles. J'ai beaucoup aimé les bribes de souvenirs de sa vie avec Lester évoquées par Sarah vers la fin. Les dernières pages consacrées aux extraits d'interviews de Lester m'ont parues un peu ardues mais donnent quelques clés pour mieux comprendre le personnage.

extrait : "Je ne l'ai jamais entendu lire un seul texte de sson cru, mais il lui arrivait parfois de citer un poème, de lui ou d'un autre, au cours d'une conversation. Cela paraît bizarre, narcissique ou prétentieux ou chiqué mais face à nous dans le box du Gibus il était capable de faufiler sans suture des vers du poème au flot de la conversation. Son visage était lesté d'une telle beauté mélancolique qu'il lui donnait l'air plus agé et plus convaincant que nous tous. Sa gravitas nous aspirait en lui comme un siphon. Il pouvait river les yeux sur vous et vous entraîner vers un royaume inconnu où vos habitudes de pensée avaient tendance à se mettre en veille. On aurait dit qu'il arrivait d'un lieu où l'enthousiasme n'était pas jugé inversement proportionnel à l'intelligence et où on trouvait normal de mêler dans la même phrase Cocteau et les barbues de rivière. Aucun de nous n'avait une telle envergure, aucun n'avait lu autant que lui. La noirceur opalescente de ses yeux était magnétique."

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifEn ami, Forrest Gander, Sabine Wespieser, 133 pages.

lu aussi par Laurent, Lily, Eireann

Cinq questions à Forrest Gander :
 



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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 12:21
davysicard.jpg
Vu en concert jeudi dernier, Davy Sicard, réunionnais, m'a charmé par sa voix, son charisme et sa présence sur scène. J'ai eu envie d'en parler ici et de partager avec vous une des chansons que j'ai préférées, car c'est, à mon avis, un chanteur à suivre !


Son dernier album :

kabar.jpg Kabar vient du mot malgache "kabary" qui signifie "discours", un art très prisé aussi bien à Madagascar qu'à la Réunion.
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Published by Clarinette - dans en apparté
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 17:19

aprèslamoussonLa chronique d'une famille indienne d'origine bengali dans les années 80.
Chhobi a vingt-cinq ans a étudié dans une école catholique et se consacre essentiellement à ses études et à son avenir professionnel, tandis que sa jeune soeur, Sonali, dix-huit ans, est intéressée par les garçons et surtout par le beau et riche Sonny. Tout oppose les deux soeurs : Sonali est jolie et frivole, Chhobi est plutôt terne et austère. Leur mère (Ma) a perdu son mari pendant la guerre et travaille dur pour entretenir toute la famille.  La grand-mère (Dida), le personnage le plus sympathique du roman, est une fervente admiratrice d'Indira Gandhi et vénère la dieu Krishna.
Le grand-père (Dadu) est un rêveur enfermé dans la nostalgie de sa vie passée dans son pays natal, le Bangladesh actuel. Une famille haute en couleur, partagée entre le respect des traditions et un désir de modernité. 
Ce roman est un tantinet longuet.  Vers la deux-centième page, se noue un peu tardivement une intrigue plus ou moins policière avec la disparition mystérieuse du mari de Sonali. C'est tout de même un livre au style assez savoureux qui fait entrer son lecteur en plein coeur de l'Inde,
ses sons, ses couleurs, ses odeurs, ses saveurs et l'espace de quelques centaines de pages, nous révèle des pans de son histoire, celle de la Partition des Indes, de la naissance du Bangladesh en 1971 et de la mort d'Indira Gandhi en 1984. Les femmes y ont un rôle prépondérant, elle prennent leur destin en main et trouvent les solutions face à des hommes, rêveurs, faibles, voire absents."

extrait :
"Sonali et Chandrayee. Chhobi était née par une nuit de pleine lune qui lui avait valu ce nom extravagant. [...] Peu de rayons de lune et encore moins de vif-argent chez elle, sinon son impression fréquente d'être le reflet liquide de Sonali la mordorée - l'ambre de sa peau rehaussé par ses grands yeux sombres aux longs cils semés de paillette d'or. Maintenant c'est sur Chhobi que Dida concentrait son ambition. Difficile de jouer les doublures d'argent pour un nuage entièrement cousu par Sonali. [...] Si seulement elle pouvait par quelque magie alchimique transformer le plomb de Chhobi en or. On ne peut pas dire que Chhobi était laide, ni même "popote", cette exigence fréquemment exprimée  dans les petites annonces matrimoniales du Times of India par des épouseurs en quête de fée du foyer diligente. Non, elle avait une jolie silhouette et de grands yeux intelligents, mais elle avait tendance a cacher ses formes sous les des kurtas de tissage et de coupe artisanaux, et à force de lectures tardives sous un éclairage médiocre ,ses yeux avait pris un regard myope un peu fatigué. Comme s'en plaignait Dida, elle faisait de son mieux pour ne pas paraître à son mieux. Le premier problème, c'est qu'en voyant Sonali, sa beauté vraiment exceptionnelle, les gens plaçaient trop haut leur attente."

smil-titcoeur.gifsmil-titcoeur.gifAprès la mousson, Selina Sen, Sabine Wespiesser, 477 pages

lu aussi par Lounima, Naina94


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J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums

 BAKER Robin, Primal
BANKS Russell, American darling
BARBERY Muriel, L'élégance du hérisson
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

BOYD William La vie aux aguets


C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

 FLYNN Gillian, Les apparences
FRAPPAT Hélène, Par effraction

G

 

GALLAY Claudie, Les déferlantes
GANDER Forrest, En ami
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

 

Haddon Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul

HETU  Julie, Baie Déception
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

JONASSON Jonas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
K

KASISCHKE Laura A moi pour toujours

KASISCHKE Laura, A Suspicious River

KASISCHKE Laura, La couronne verte
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard

KASISCHKE Laura, Rêves de garçons
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac

KENNEDY Douglas, The woman in the fifth
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus

KETTLER Pierre-François, L'arc de la lune
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

LE CALLET Blandine, la ballade de Lila K
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs
LEWIS Roy, Pourquoi j'ai mangé mon père

M


MABANCKOU Alain, Black Bazar

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise

MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag

MAZETTI Katarina, Le mec de la tombe d'à côté
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit

MILLAS Juan José, Le dédordre de ton nom
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses

MURAKAMI Haruki, 1Q84
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

MURAKAMI Haruki, Sommeil

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PEJU Pierre, La diagonale du vide
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Christophe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SEN Selina, Après la mousson

SERRE Anne, Les débutants
SI JE Dai, Le complexe de Di

T

 

TANIGUCHI Jirô
TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

UDALL Brady, Le polygame Solitaire

V

 

VANN David, Désolations
VANN David, Sukkwann Island
VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

 

Z


ZWEIG Stefan, Marie-Antoinette

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