l'âme indienne
Dans l’Inde contemporaine un frère et une sœur jumeaux de bonne famille se trouvent confrontés à la mort accidentelle de leur cousine. On assiste alors à la déliquescence progressive de cette famille minée par le poids de la morale, du « qu’en-dira-t-on » du cloisonnement de la société où les différentes castes ne se mélangent pas.
Au début, j’ai été un peu heurtée pas le style tantôt dur et concret, tantôt lyrique et onirique de ce livre. Mais j’ai fini par me laisser emporter par cette histoire qui m’a fait découvrir l’Inde partagée entre la culture occidentale et ses traditions encore très présentes. On comprend à quel point le poids de la famille et de la société peut étouffer tout épanouissement individuel. Le regard des autres enferme chaque personnage dans un carcan d’où il est quasiment impossible de sortir.
Arundhati Roy arrive à traiter de ces sujets graves avec des petites touches d’humour et de dérision. Un livre à lire pour mieux comprendre l’âme indienne.
Premières phrases : « Ayemenem en mai est chaud et maussade. Les journées y sont longues et humides. Le fleuve s’étrécit, les corneilles se gorgent de mangues lustrées dans l’immobilité des arbres vert olive. Les bananes rouges mûrissent. Les jaques éclatent Les grosses mouches bleues sont ivres et bourdonnent sans but dans l’air lourd et fruité. Pour finir par aller s’assommer contre les vitres transparentes et mourir, pansues et effarées dans le soleil. »

Le Dieu des petits riens, Arundhati Roy, Edition Gallimard, Collection Folio, 439p