humour noir finlandais
Après la poésie mélancolique de Murakami, j’ai été un peu déconcertée par l’humour noir de Paasilinna. Je me suis toutefois vite laissée prendre par ce petit roman caustique et loufoque.
Au fin fond de la Finlande, deux hommes décident chacun de son côté de se suicider. Le hasard fait qu’ils choisissent tous les deux le même moment et la même grange pour mettre fin à leurs jours. Ils se lient d’amitié, remettent leur projet de mort à plus tard et décident d’appeler les suicidaires du pays à se réunir. Un trentaine d’entre eux se retrouve ensuite à sillonner les routes d’Europe à bord d’un car de luxe à la recherche de l’endroit idéal pour un suicide collectif. Nos suicidaires sont alors lancés dans une épopée délirante, source de nombreux gags et quiproquos.
Il ne faut surtout pas s’arrêter au titre, ni au sujet, car ce roman n’a rien de sinistre. Il s’agit plus d’une critique acide de la société finlandaise que d’une étude sur la mort. Arto Paasilinna dresse un portrait grinçant de ses compatriotes et de leurs tares : alcoolisme, dépression violence…Il met en exergue les complexes de ce pays coincé entre la Norvège et la Russie, autrefois tiraillée entre l’ex-URSS et l’Europe occidentale.
Ce livre m’a donné un tout petit aperçu de la Finlande un pays qui m’est totalement inconnu et m’a donné envie d’en découvrir encore plus…
Premières phrases : "Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l'apathie. Une insondable lassitude plane sur ce malheureux peuple et le courbe depuis des milliers d'années sous son joug, forçant son âme à la noirceur et la gravité. Le poids du pessimisme est tel que beaucoup voient dans la mort le seul remède à leur angoisse. Le spleen est un adversaire plus impitoyable que l'Union soviétique.
Mais les Finlandais sont une nation de guerriers. Ils ne capitulent pas. Ils se rebellent, encore et toujours contre la tyrannie."

Petits suicides entre amis, Arto Paasilinna, Edition Denoël, Collection Folio, 292p.