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La vie d'une autre

 

Frédérique Deghelt

7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 19:00
A partir du tableau d'Edward  Hopper Nighthawks Philippe Besson a imaginé une histoire d'amour de séparation et de retrouvailles. Dans un bar, quatre personnages se retrouvent. Un sorte de huis-clos au centre duquel se trouve la femme en rouge, Louise Cooper. C'est elle qui se trouve au coeur de cette histoire.
Philippe Besson possède une plume incomparable pour  décrypter les liens qui se tissent entre les gens et les sentiments humains. Sur des sentiments qui pourraient nous paraître inexprimables, il met des mots justes. Non seulement les dialogues sont très justes mais aussi, analyse les pensées de chacun avec beaucoup de finesse. Philippe Besson s'attache non seulement aux paroles mais aussi à ce qu'il y a derrière, c'est ce qui fait le charme de ce roman où l'essentiel est dans les non-dits.
Une histoire simple et banale racontée dans une écriture raffinée.

extrait
: "Voilà, c'est cela, sa dernière trouvaille, ce qui s'est imposé à lui : cette menace voilée, ce chantage qui n'avouerait pas son nom, un défi qu'il lui lance. Et bien sûr, il choisit le moyen de la perversité absolue, indépassable : il la prie de décider, il lui enjoint de choisir. Il la plante devant sa responsabilité, devant son désir. C'est en cela que, parfois, les hommes sont plus forts que les femmes. Quand ils décident de jouer avec leur désir à elles, quand il leur prend l'idée de les obliger à l'assumer, ce désir, à l'énoncer, il n'y a pas plus fort qu'eux. C'est une puissance, la puissance des hommes dans ces cas-là. Ils adorent ça, les hommes : forcer les femmes à avouer leur désir d'eux, à le dévoiler. Quand ils se livrent à cet exercice, c'est parce qu'ils savent pertinemment qu'ils ne courent pas de risques, que la confession est obligatoire. Les hommes ont le don pour placer les femmes en situation d'infériorité, de dépendance. Ils ont ce savoir d'éternité que nul ne leur conteste. Ils agissent avec une ingénuité qui ne trompe personne, avec une apparence d'innocence qui dissimule mal leur culpabilité. Ils se défendent mollement, sourire en coin et regard qui frise du mauvais tour qu'ils jouent. Ils sont comme des enfants : ils ont leur méchanceté. La pureté en moins."
..."Endosser la responsabilité d'un échec, c'est le plus sûr moyen qu'on ne le vous reproche pas, qu'on n'ose pas vous le reprocher. On veut susciter la compassion, la sympathie. On en espère le pardon. On vise à atténuer les ires qui pourraient se déclencher, à décourager les foudres. L'aveu d'une faute  est un magnifique paratonnerre. Tous les enfants vous le confirmeront. Et cela irrite Louise, parce qu'elle n'ignore rien de ce mécanisme, et parce qu'en faire usage,  c'est la prendre pour une idiote. Elle préfère toujours que les gens misent sur son intelligence : elle a l'immodestie de croire qu'ils peuvent gagner en l'espèce."


L'arrière-saison, Philippe Besson, Editions Pocket, 191p.


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17 décembre 2006 7 17 /12 /décembre /2006 12:58
Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce genre de livre et qu'il m'a fallu un certain temps pour y entrer. J'ai eu du mal à m'habituer au style théâtral de Laurent Gaudé. Celui-ci est au départ un dramaturge et ça se sent dans sa manière d'écrire.
L'histoire se situe en Afrique dans une cité antique imaginaire. Mais elle pourrait tout aussi bien se dérouler en Grèce ou en Egypte. Il y est question de guerre, de haine, d'amour de trahison... Bref les grands sujets universels qui fondent l'humanité.
Je ne sais pas ce qui m'a manqué pour pouvoir apprécier ce livre à sa juste valeur...Une certaine culture peut-être ou bien ce n'était pas le bon moment ?
C'est pourtant un beau roman parfaitement bien écrit. Les personnages sont nobles les sentiment aussi.
Un livre qui m'a déconcertée, que j'ai eu du mal à lire autant que j'ai eu du mal à écrire cet article.  Et cela me gêne d'autant plus de le dire que je n'ai lu que des critiques élogieuses sur ce livre.

premières phrases :"D'ordinaire, Katabolonga était le premier à se lever dans le palais. Il arpentait les couloirs vides tandis qu'au dehors la nuit pesait encore de tout son poids sur les collines. pas un bruit n'accompagnait sa marche. Il avançait sans croiser personne, de sa chambre à la salle du tabouret d'or. Sa silhouette était celle d'un être vaporeux qui glissait le long des murs. C'était ainsi. Il s'acquittait de sa tâche, en silence, avant que le jour ne se lève.
Mais ce matin-là, il n'était pas seul. Ce matin-là, une agitation fiévreuse régnait dans les couloirs. Des dizaines et des dizaines d'ouvriers et de porteurs allaient et venaient avec précaution, parlant à voix basse pour ne réveiller personne. C'était comme un grand navire de contrbandiers qui déchargeait sa cargaison das le secret de la nuit. Tout le monde s'affairait en silence. Au palais de Massaba, il n'y avait pas eu de nuit. Le travail n'avait pas cessé"

La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé, Editions Actes Sud, 205p.


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19 novembre 2006 7 19 /11 /novembre /2006 13:57
Tranches de vies françaises

Des personnages se croisent, se rencontrent, s'aiment... sur quatre années et quatre stations balnéaires différentes. 
Le livre est découpés en chapitres où chacun des personnages s'exprime par des monologues où il se raconte, se livre, livre ses sentiments sur les autres...
On se sent proche des personnages et on les lit comme s'il s'agissait de confidences d'amis ou de parents. Chaque époque est bien rendue (1972, 1982, 1992, 2002), on a l'impression d'y être.
Un livre écrit dans un style moderne, et très "français"...Un livre difficile à résumer et difficile à décrire (en ce qui me concerne !) mais plein de charme. Je l'ai lu comme on feuillette un album photo, en relisant des passages et en faisant des aller et retours.

premières phrases : "Tous les matins, je passe devant le club Mickey.
Au club Mickey, ils ont des balançoires, des toboggans, des monos bronzés en tee-shirt, et surtout ils ont une piscine.
Ma mère dit que c'est ridicule, une piscine sur le bord de mer.
Moi, je ne trouve pas.
Puis, j'entends leurs voix. Ils crient, il rient, ils s'amusent, eux.
Parfois on en voix un qui dépasse.
C'est quand ils montent tout en haut du toboggan qui se jette dans la piscine.
Quand j'aurais des enfants, ils seront tous inscrits au Club Mickey."

Accès direct à la plage, Jean-Philippe Blondel, Editions Delphine Montalant, 108p.
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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 01:03
En 1993, Jean-Claude Romand tue sa femme, ses enfants et ses parents après avoir, pendant dix-huit ans fait croire à tout son entourage qu'il était médecin à l'OMS et  escroqué une bonne partie de sa famille. En commençant la lecture de ce livre j'ai eu l'impression de retrouver Nicolas de  La classe de neige devenu adulte. Jean-Claude Romand a d'ailleurs été très touché par ce livre.
De cette histoire, je connaissais l'adaptation de Nicole Garcia avec Daniel Auteuil. Dans le film, Nicole Garcia retrace les derniers jours qui ont précédé le crime de Jean-Claude Romand. Celui-ci apparaît comme un personnage opaque et mystérieux dont le comportement reste inexplicable. Emmanuel Carrère, quant à lui, évoque le procès, décortique le parcours de l'homme, tente d'y trouver ce qui peut expliquer son geste, se demande aussi comment tout l'entourage de Jean-Claude Romand a pu ignorer la supercherie. Pour ma part, je me suis de mandée, si l'entourage n'avait pas fait preuve de de déni de la réalité, d'indifférence, en tout cas, pour ne jamais avoir cherché à en savoir plus sur leur fils, mari, ami, etc...
Il y a aussi dans le récit de Carrère une recherche personnelle car l'écrivain s'interroge sur sur sa propre démarche, ce qui l'a amené à s'intéresser à cet affaire et à ce personnage monstrueux et ce qui le lie à lui. 

Emmanuel Carrère n'a pas seulement effectué une enquête minutieuse et approfondie, il a également réalisé une étude psychologique approfondie, tissé des liens avec le meurtrier, et  avec quelques personnes de son entourage.
J'ai beaucoup aimé le ton de ce livre : sobre, réfléchi écrit à la première personne. Ce n'est pas un simple fait divers relaté par un journaliste. Emmanuel Carrère ne porte pas de jugement, il livre ses impressions, il pose des questions dont beaucoup resteront sans réponse. C'est aussi une belle oeuvre d'écrivain.
Un livre qui m'a mis mal à l'aise, tout comme le film de Nicole Garcia, mais qui m'a aussi passionnée.


au dos du livre : "Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. j'ai essayé de raconter préciséméent, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrème m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous."


N.B. J'ai lu dernièrement dans Télérama que De sang froid de Truman Capote avait servi de référence à Emmanuel Carrère pour écrire son livre. Malheureusement, je n'ai pas retrouvé l'article sur le Net.


L'Adversaire
, Emmanuel Carrère, Editions P.O.L., 222p.
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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 15:05
Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas emballé pour un auteur français, mais là, vraiment, j'ai trouvé là une sorte de "John Irving" à la française, avec des personnages moins loufoques, peut-être...
Jean-Paul Dubois brosse le portrait de français moyens avec pour personnage principal, Paul Blick, le narrateur. Des années 50 à 2002, on suit également l'évolution de la vie politique française avec son défilé de présidents, de De Gaulle à Chirac.
Paul Blick est sensé être un représentant typique de sa génération. Il passe une enfance morne entre des parents un peu éteints...connaît les joies de la "jouissance sans entrave" des années 70, épouse une femme chef d'entreprise d'un milieu plus aisé que le sien, se retrouve père au foyer. Il observe ses congénères d'un regard désorienté et désabusé, perplexe face à l'évolution du monde dans lequel il vit.
J'ai aimé les passages où Paul Blick se consacre à la photographie des arbres, où il parle de ses parents, de ses enfants... Son regard sur l'humanité est certes amer et désenchanté mais il n'est pas indifférent. Blick est simplement un humain comme les autres : impuissant, un peu lâche, il se débat comme il peut avec les tourments de la vie.
J'ai été moins touchée par les passages concernant la politique française. A vrai dire, je les ai survolés. Ceci dit, ça permet une petite révision sur les différents présidents qui ont dirigés notre pays et sur l'histoire récente de France en général.
Que dire d'autre sinon que ce livre a été pour moi un régal ? Jean-Paul Dubois possède une belle plume, il éclaire ses compatriotes d'une lumière à la fois triste, tendre et ironique.
Sans doute une de mes lectures préférées de cette année...

premières lignes : "Et ma mère tomba à genoux. Je n'avais jamais vu quelqu'un s'affaiser avec autant de soudaineté. elle n'avait même pas eu le temps de raccrocher le téléphone. J'étais à l'autre bout du culoir, mais je pouvais percevoir chacun de ses sanglots et les tremblements qui parcouraient son corps. Ses mains sur son visage ressemblaient à un pansement dérisoire. Mon père s'approcha d'elle, raccrocha le combiné et s'effondra à son tour dans le fauteuil de l'entrée. Il baissa la tête et se mit à pleurer. Silencieux, terrifié, je demeurais immobile à l'entrée du corridor. En me tenant à distance de mes parents, j'avais le sentiment de retarder l'échéance, de me préserver encore quelques instants d'une terrible nouvelle dont je devinais pourtant la teneur. Je restais donc là, debout, en lisière de la douleur, la peau brûlante et l'oeil aux aguets, observant la vitesse de propagation du malheur, attendant d'être soufflé à mon tour.
Mon frère Vincent est mort le dimanche 28 septembre 1958 à Toulouse, en début de soirée. La télévision venait d'annoncer que 17 668 790 Français avaient finalement adopté la nouvelle Constitution de la Vème République."



Une vie française
, Jean-Paul Dubois, Editions de l'Olivier, Collections Points, 401p.

Jean-Paul Dubois a reçu le Prix Fémina 2004 pour ce roman.
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4 août 2006 5 04 /08 /août /2006 09:43
Encore un livre lu à toute vitesse...A ce rythme-là, ma réserve de "lectures de vacances" ne suffira pas !
L'histoire : Hélène est un femme d'une cinquantaine d'année, élégante, à la vie bien rangée, épouse, mère et grand-mère idéale. Un jour, elle se donne à un inconnu rencontré au détour d'une rue. Elle découvre la jouissance dans ses bras mais l'homme meurt d'une crise cardiaque. Affolée, Hélène s'enfuit en oubliant son sac à main...Sa vie jusqu'alors sans histoire vire au cauchemar.
Un bon thriller. Idéal comme lecture de vacances. Un livre qui ne me laissera pas un souvenir impérissable mais agréable à lire et qui n'a pas trop sollicité mes neurones. Je me suis laissé emporter par l'histoire de cette femme lisse et en apparence parfaite sous tous rapports dont le "côté obscur" se réveille brutalement.
En revanche, je n'ai rien compris à la fin. Où voulait en venir Tatiana de Rosnay ? J'ai eu la fâcheuse impression que l'auteur ne trouvant pas de dénouement à son roman, avait essayé de s'en sortir avec une fin en queue de poisson.

premières lignes :
"Il n'a pas bougé. Il est toujours étendu à même le carrelage, les bras en croix, les jambes raides. Pas de bruit. Juste un robinet qui goutte. Le ronronnement du Frigidaire. Sa respiration à elle. Elle le regarde, elle ne fait que cela, le regarder.
Puis elle détache enfin les yeux du polo rouge, de la parka noire, et elle regarde la cuisine, comme si c'était la première fois qu'elle la voyait. Large. Moderne. Pratique. Ordonnée. Une grande table en chêne, lisse, lustrée, malgré les années et le passage turbulent d'enfants et de petits enfants. Elle revoit encore les siens, à cette même table. Leur adolescence lointaine  et les petits matins difficiles, muets, paupières gonflées, lèvres boudeuses. Son fils, grognon. Sa fille, avachie. Elle revoit tout cela. Elle ne sait pas pourquoi elle y pense. Elle a l'impression d'un pan de sa vie tout entier qui vient de se terminer. Quelque chose d'irrémédiable. De fini. D'envolé."


Spirales
, Tatiana de Rosnay, Edition Plon, 176p.
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3 août 2006 4 03 /08 /août /2006 10:57
Je me suis toujours un peu méfiée des livres d'un auteur aussi prolifique et populaire qu'Amélie Nothomb. Je n'ai jamais été tellement attirée par ses livres, peut-être parce qu'en les feuilletant ils ne me paraissaient pas assez épais et peut-être parce qu'on en parle un peu trop...
Jusque là je n'avais lu que Stupeur et tremblements, un livre que je n'avais pas trouvé extraordinaire mais que  j'avais lu à toute vitesse et dont j'avais trouvé le sujet fascinant.
Là c'est un peu pareil, Biographie de la faim se lit sans faim, si j'ose dire !
Amélie Nothomb commence par une théorie très personnelle sur le Vanuatu, puis enchaîne les anecdotes de son enfance vue sous un angle particulier, celui de la faim. Faim de nourriture, mais aussi de sensations, d'émotions, d'amour qui finit par la mener à l'anorexie...Fille de diplomate, elle évoque une enfance à la fois étourdissante et perturbée partagée entre des pays aussi différents que le Japon, la Chine, les Etats-Unis, le Bengladesh...J'avoue que j'ai été captivée par son parcours exceptionnel de petite fille surdouée et plutôt gâtée. Mais Amélie Nothomb survole son histoire et ne fait qu'effleurer les choses. Chaque chapitre est très court : quelques pages sur le Japon, quelques pages sur Pékin, quelques pages sur New-York, quelques pages sur son anorexie...A croire qu'Amélie était très pressée de terminer son bouquin.
Une écriture brillante qui se lit très facilement mais je suis restée sur ma faim.

premières lignes
: "Il est un archipel océanien qui s'appelle Vanuatu, anciennement Nouvelles-Hébrides, et qui n'a jamais connu la faim. Au large de la Nouvelle-Calédonie et des îles Fidji, le Vanuatu a bénéficié pendant des millénaires de deux atouts dont chacun est rare et dont l'alliance est rarissime : l'abondance et l'isolement. Cette dernière vertu, s'agissant d'un archipel, est un peu de l'ordre du pléonasme, certes. Mais on a vu des îles très fréquentées, alors qu'on a jamais vu d'îles aussi peu visitées que les Nouvelles-Hébrides."

Biographie de la faim
, Amélie nothomb, Editions Albin Michel, Collection Le Livre de Poche, 190p.

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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 21:27
Pourquoi j'ai acheté ce livre ? Parce que j'ai lu "Diégo-Suarez" (Madagascar) au dos de la couverture et que Diégo-Suarez est un endroit que je connais. J'ai entendu parler de Nicolas Fargues récemment et j'ai lu un article sur  lui dans Télérama à propos de son dernier roman J'étais derrière toi que je me suis promis de lire à l'occasion.

Rade terminus est le quatrième roman de ce jeune auteur de trente-quatre ans. Nicolas Fargues vit à Madagascar et dirige l'Alliance française à Diégo-Suarez.
Dans ce roman, il fait le portrait de tous les types de "vazaha" (étranger, Blanc, par extension français) que l'on peut rencontrer là-bas. Cela va de la jeune touriste naïve et pleine de bons sentiments au vieux baroudeur désabusé, en passant par le prof coopérant qui se la coule douce sous les tropiques, avec comme personnage central, Philippe, représentant d'une ONG, en mission à Diégo-Suarez. On sent que ce qu'il y décrit est basé sur du vécu. On sent aussi qu'il en a gros sur le coeur et qu'il a beaucoup à dire ce qui fait que les personnages manquent un peu d'épaisseur et de profondeur et que chaque histoire est à mon avis traitée d'une manière assez superficicielle. J'ai eu l'impression qu'il avait écrit ce roman dans l'urgence parce qu'il avait besoin de vider son sac sur le sujet. Il ne fait aucune concession et tout le monde passe par sa moulinette.

 Le tableau qu'il fait de Madagascar est à mon avis un peu excessif voire caricatural, mais il a le mérite d'être sincère, sans concession et d'éviter les clichés que l'on peu avoir sur ce pays à mon avis mal connu. Toutefois, Madagascar n'est certes pas un endroit où il n'y a que des lémuriens qui sautent de branche en branche. Mais entre les images de carte postale de "Faut pas rêver" ou de "Thalassa" et la vision de Nicolas Fargues il existe à mon avis un intermédiaire.

Au départ, j'ai été choquée par sa vision très négative des choses. Il fait de Diégo un lieu de perdition : le "trou du cul" du monde où il n'y a "rien. Que la mer, des 4L pourries et des putes" . "Que les routes" y sont " impraticables", qu'on se déplace "avec beaucoup de difficulté, que, dans les boîtes de nuit, les filles" attendent "les touristes blancs, qu'elles leur" prennent "la main dès l'entrée, quand elle ne les" saisissent "pas directement à l'entrejambe, le tout dans l'espoir de leur soutirer leurs économies, de préférence après s'être fait épouser."

On le sent un peu moins à l'aise lorsqu'il se place du point de vue des malgaches. Mais le portrait qu'il en fait n'est pas plus tendre : " Les Malgaches sont des menteurs-nés. [...] Rien ne les atteint, aucune mauvaise conscience ne les fait reculer parce qu'ils n'ont pas d'amour-propre[...]. Ils sont sans fond, ce sont des gouffres d'inaffectivité et il faut les accepter comme ça, [...] c'est parce que la vie n'a pas tant d'importance que ça pour eux, c'est parce que la vie n'est qu'un passage ici [...]. Ils sont authentiques dans le mensonge, tout autant qu'ils sont authentiques dans leur mine contrite feinte, dans leurs larmes feintes, dans leurs éclats de rire feints dans leur amitié et leur compassion feintes, [...] c'est le règne du non-être."
Bref je pourrais recopier ici des pages et des pages de ce livres tellement il m'interpelle, mais le mieux serait pour vous de le lire...

J'ai commencé ce livre avec un sentiment de malaise mais j'ai dû finir par me rendre à l'évidence : il beaucoup de vrai dans ce  que dit Nicolas Fargues et puis certains passages sont même très drôles même si j'ai rit un peu jaune.

Son roman traite du "dialogue Nord-Sud" et son constat est amer : le dialogue Nord-Sud est un dialogue de sourds.
A lire...par ceux qui connaissent Madagascar et ceux qui voudraient la connaître.

premières lignes : " Philippe n'était pas fou. La preuve, il avait parfaitement conscience que, parmi ses comportements solitaires, dcertains pouvaient sans ambiguïté le faire passer pour un fou aux yeux des gens normaux. Et puis, comme il était le seul à le savoir et que seul compte au bout du compte ce que l'on sait, observe ou apprend de vous cela revenait à faire officiellement de lui un être normal. Et même, se plaisait-il parfois à penser, bien mieux que normal puisque tout à fait maître de ses folies passagères."

Rade Terminus
, Nicolas Fargues, Editions Gallimard, Collection Folio, 302 p.

A lire : Nicolas Fargues vu par la presse malgache
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20 mars 2006 1 20 /03 /mars /2006 11:54

classeneige.jpgNicolas part en classe de neige, au lieu de prendre le car avec les autres enfants, il va en voiture avec son père. Quelques jours plus tard, on apprend la disparition d'un enfant du village...
Comme dans La moustache, dès le début, on sent une anomalie et l'atmosphère oppressante s'installe.
La violence est d'autant plus glaçante qu'elle est plus suggérée que décrite, tout est montré du point de vue de Nicolas avec son regard d'enfant. Emmanuel Carrère a très bien rendu les peurs et les fantasmes qui peuvent tourmenter un enfant.
Un livre très court et intense que j'ai lu quasiment d'une traite.

premières lignes : "Plus tard, longtemps, jusqu'à maintenat, Nicolas essaya de se rappeler les dernières paroles que lui avait adressé son père; il lui avait dit au revoir à la porte du chalet, répété les conseils de prudence, mais Nicolas était tellement géné de sa présence,il avait tellement hâte de le voir repartir qu'il n'avait pas écouté. Il lui en voulait d'être là, d'attirer des regards qu'il devinait moqueurs et s'était dérobé, en baissant la tête, au baiser d'adieu. Dans l'intimité familiale, ce geste lui aurait valu des reproches mais il savait qu'ici, en public, son père n'oserait pas."

Ce livre a reçu le prix Femina en 1995 et a été adapté au cinéma par Claude Miller en 1998

La classe de neige, Emmanuel Carrère, Editions Gallimard, Collection Folio,

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 00:58
Au XVème siècle, l'amiral Villegagnon décide de partir au Brésil pour créer la "France Antartique". Il emmène avec lui de quoi fonder une colonie (ouvriers, artisans...) et deux enfants, Just et Colombe qui vont lui servir de truchements (interprètes). Il débarquent sur une île de la Baie de Rio qu'ils baptisent le Fort Coligny. Ce roman est inspiré d'une histoire vraie, Villegagnon a réellement existé. En revanche les deux enfants sont des personnages inventés.
Le titre et le sujet de ce roman m'ont paru au départ très alléchants.  Ce livre est plein de qualités, -peut-être un peu trop brillant justement- il est écrit dans un français impeccable qui se rapproche probablement de la langue de l'époque.
Et pourtant, j'avoue que j'ai été un peu déçue... Jean-Christophe Ruffin a, semble-t-il, voulu montrer à travers le microcosme de cette minuscule colonnie, comment s'est formée la scission entre catholiques et protestants qui a mené aux guerres de religions. Le choc de la rencontre entre les cultures européenne et indienne est à mon avis abordé de manière superficielle, mais c'est là mon goût personnel... Je me suis un peu ennuyée à la lecture des passages concernant les manoeuvres politiques et les stratégies guerrières.
Les traits de caractères des personnages m'ont parus forcés, un brin caricaturaux. Et puis, Ruffin donne l'impression d'avoir cherché à créer la recette du roman idéal : une touche d'aventure par-ci, un soupçon de sentiments par-là, un peu d'histoire par-ci, un peu d'ethnologie par-là. Il manipule habilement les changement de situation et de lieu pour ménager le suspense...Ce qui donne un roman très "cinégénique". Cela ne m'étonnerait pas qu'un jour quelqu'un envisage de l'adapter au cinéma.
Malgré tout, certains passages ont attiré mon attention : l'arrivée des français dans une baie de Rio encore vierge...Et j'ai particulièrement aimé les passages où l'on voit la jeune Colombe s'initier peu à peu aux moeurs indiennes ce qui donne lieu à quelques explications intéressantes sur le cannibalisme. Dommage que l'auteur ne s'y soit pas attardé. Jean-christophe Ruffin s'est borné à montrer une image plutôt idyllique des indiens, celle du "bon sauvage".
Un roman qui, aussi bien écrit qu'il soit, m'a un peu laissé sur ma faim. Plus j'avançais dans ma lecture et plus j'avais hâte qu'elle se termine pour pouvoir passer à autre chose. L'ensemble manque à mon avis de consistance et de profondeur.

premières phrases : "-Imaginez un instant monseigneur, ce que peut ressentir un homme qui voit bouillir devant lui l'eau où il va cuire.
Sur ces mots, le matelot jeta vers les braises un regard lugubre.
-Menteur ! Menteur, cria l'Indien en se redressant.
-Comment donc ? Menteur ! Vous ne mangez pas vos semblables, peut-être ? Ou est-ce la recette que tu contestes, malandrin ? Il est vrai, monseigneur, poursuivit le marin en s'adressant de nouveau à l'officier, que les Brésiliens ne procèdent pas tous à la manière de ceux qui m'ont capturé. Certains de ces messieurs "boucanent", voilà le fait, c'est-à-dire qu'ils rôtissent ou si vous préférez qu'ils fument. Le contesteras-tu pendard ?"

Ce livre a reçu le prix  Goncourt en 2001.

Rouge Brésil, Jean-Christophe Ruffin, Editions gallimard, Collection Folio.
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J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums

 BAKER Robin, Primal
BANKS Russell, American darling
BARBERY Muriel, L'élégance du hérisson
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

BOYD William La vie aux aguets


C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

 FLYNN Gillian, Les apparences
FRAPPAT Hélène, Par effraction

G

 

GALLAY Claudie, Les déferlantes
GANDER Forrest, En ami
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

 

Haddon Mark, Le bizarre incident du chien pendant la nuit

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul

HETU  Julie, Baie Déception
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

JONASSON Jonas, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
K

KASISCHKE Laura A moi pour toujours

KASISCHKE Laura, A Suspicious River

KASISCHKE Laura, La couronne verte
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard

KASISCHKE Laura, Rêves de garçons
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac

KENNEDY Douglas, The woman in the fifth
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus

KETTLER Pierre-François, L'arc de la lune
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

LE CALLET Blandine, la ballade de Lila K
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs
LEWIS Roy, Pourquoi j'ai mangé mon père

M


MABANCKOU Alain, Black Bazar

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise

MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag

MAZETTI Katarina, Le mec de la tombe d'à côté
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit

MILLAS Juan José, Le dédordre de ton nom
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses

MURAKAMI Haruki, 1Q84
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

MURAKAMI Haruki, Sommeil

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PEJU Pierre, La diagonale du vide
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Christophe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SEN Selina, Après la mousson

SERRE Anne, Les débutants
SI JE Dai, Le complexe de Di

T

 

TANIGUCHI Jirô
TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

UDALL Brady, Le polygame Solitaire

V

 

VANN David, Désolations
VANN David, Sukkwann Island
VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

 

Z


ZWEIG Stefan, Marie-Antoinette

Mes auteurs favoris