Ruth, professeur à l'unversité d'Oxford, découvre que sa mère, femme rangée et
paisible, a eu une activité d'agent secret et a joué un rôle décisif pendant la Deuxième Guerre Mondiale.
Je ne suis pas habituée aux romans d'espionnage. J'ai donc eu du mal à suivre l'intrigue, qui m'a parue compliquée, et à me passionner pour les aventures de l'espionne Eva Delectorskaya. J'ai accroché à quelques passages, mais, globalement, je me suis forcée à aller jusqu'au bout de cette lecture et je ne suis jamais vraiment "entrée dedans".
J'avais aimé Brazzaville Plage, beaucoup moins
celui-ci. Je trouve, entre autre, que l'auteur s'attache surtout aux faits et aux actions des personnages et passe un peu trop vite sur leur ressenti. On ne sait pas vraiment, par exemple,
quels sont les sentiments d'Eve lorsqu'elle découvre qu'elle a été trahie par son amant. Mon âme de midinette a trouvé qu'elle passait sans état d'âme à autre chose et s'en remettait trop
facilement.
Impression mitigée, donc pour ce livre qui, par ailleurs, est parfaitement bien écrit. Mais c'est vraiment une question de goût personnel. Un bon livre, je pense, pour les amateurs du genre.
Extrait : "Mais Eva se sentit étrangement déprimée
après son déjeuner avec Angus, et elle continua aussi de s'inquiéter d'avoir pu donner des informations en filigrane, des indications sur elle et Romer, des nuances qu'un homme au cerveau aussi
agile qu'Angus serait capable de transformer en un tableau plausible. Tandis qu'elle regagnait Transoceanic, de l'autre côté de la ville, à travers les grandes avenues, Park, Madison, la Ve, les
vastes panoramas, la précipitation, le bavardage, le bruit et l'assurance de la ville, des gens, du pays, elle songea que peut-être, elle aussi, si elle avait été une jeune Américaine, une
habitante de Manhattan, heureuse dans son travail, chérissant sa sécurité, des perspectives d'avenir et la vie devant elle, peut-être qu'elle aussi, quelles que fussent sa sympathie et sa
compassion à l'égard de l'Angleterre et de son combat pour la survie, elle se serait dit : pourquoi sacrifier tout cela, risquer les vies de nos jeunes gens et s'impliquer dans une guerre sordide
et mortelle se déroulant à cinq mille kilomètres d'ici ?"
La vie aux aguets, William Boyd, Points, 393 pages.





Kathy, la narratrice, évoque ses souvenirs du pensionnat de Hailsham où elle a passé son enfance avec Ruth et Tommy. Complètement coupés du reste du monde, ils ont étés élevés par des "gardiens", dans un cadre idyllique. Par petites touches, on apprend qui ils étaient et ce à quoi ils étaient destinés. La vérité sur Hailsham et sur ses élèves donne la chair de poule, pourtant, l'atmosphère est paisible, le ton est très posé presque serein. Kathy n'a pas de rancoeur, elle cherche juste à raconter le plus fidèlement possible, à expliquer et à comprendre. C'est ce contraste qui est effrayant.




















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