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littérature nord européenne

Dimanche 5 avril 2009
Comme Belzébuth, l'ours, tous les ans à la même période, j'ai besoin d'hiberner. Je ne me mets pas en pause complète mais  mon activité bloguesque se ralentit nettement, mon activité livresque aussi. Ces trois derniers mois, elle s'est partagée entre deux livres que j'ai lu paresseusement. Ce qui ne m'a pas empêché de les apprécier tous les deux.
J'ai commencé par l'autobiographie de Barack Obama que j'ai laissé de côté après avoir reçu Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen. Je dois remercier au passage Guillaume Teisseire de chez Babelio qui s'est donné beaucoup de mal pour que ce livre finisse par me parvenir. Je dois également lui présenter mes excuses car je crois bien que je suis hors délai pour "rendre ma copie".
Petit résumé : Oskar Huuskonen reçoit de ses paroissiens, un ourson qu'il surnomme Belzéb. Sa femme le quitte, ne supportant plus la cohabitation ni avec l'animal, ni avec son mari, dont les moeurs et les habitudes sont de plus en plus fantaisistes. Celui-ci batifole pendants quelques temps dans la tanière de l'ours avec la jolie biologiste Sonia Sammalisto. Puis prend la mer avec l'animal et se retrouve sur une île au Nord de la Russie. Là il y rencontre Tania Mikhaïlova et entame avec elle un périple qui les fait traverser la Russie et les conduit jusqu'à Southampton, en passant par la Turquie, Malte, la Crète...
Je me suis régalée à lire les aventures du pasteur et de son ours. J'ai trouvé ce voyage à travers l'Europe très réjouissant. Un roman plein de fantaisie, chargé, comme tous les romans de Paasilinna, d'un message à la fois humaniste et écologiste. Au passage, il tourne en dérision les religions, et se moque de leurs représentants et de leurs rituels. Un livre qui fait du bien, une ode à la liberté. Complètement irréaliste mais très drôle. Les personnages sont farfelus et hauts en couleurs, les situations complètements loufoques. Un petit bijou d'humour nordique. Des trois romans de Paasilinna que j'ai lus, celui-ci est mon préféré.

extrait : "Le pasteur Huuskonen s'occupait des cours de cathéchisme. L'ours savait déjà faire avec dextérité des signes de croix et joindre les pattes, s'agenouiller lever le museau vers les cieux, prendre une mine pieuse et avoir l'air de prier. Il fallait maintenant peaufiner ces gestes et en apprendre d'autres. Oskar enseigna à Belzéb la lithurgie des principales cérémonies : baptême, mariage et enterrement. L'ours ne pouvait bien sûr pas chanter de cantiques, mais il se balançait  avec ferveur au rythme des psalmodies de son maître.
En plus de ces rites chrétiens, Oskar Huuskonen apprit à Belzéb à se prosterner en direction de La Mecque à la manière des musulmans et lui montra quelques pratiques médiumniques shintoïstes dont il se trouvait se souvenir. l'ours assimilait le plus souvent avec zèle le langage gestuel des croyants. Quand Huuskonen lui ordonnait de prier, il frémissait de la truffe et mâchillait des babines. Il prenait avec aisance une Bible entre ses pattes et la feuilletait comme s'il avait su lire l'Evangile."

Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen, Arto Paasilinna, Folio, 363p





livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com
Par Clarinette
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Lundi 29 décembre 2008
Je crois que je vais laisser Millenium de côté pendant quelques temps car j'avoue que je sature un peu. Evidemment, j'ai envie de savoir ce qu'il va advenir de Lisbeth Salander -va-t-elle survivre à ses blessures ?- Mais pas suffisamment pour avoir envie d'ingurgiter tout de suite les quelques 600 pages qui constituent chaque tome. Pourtant les premières pages m'ont parue alléchantes, contrairement au premier tome, l'action démarrre très vite. On retrouve Lisbeth mêlée à une affaire de meurtre et de traffic de femmes. Mais, sans doute pour ménager le suspense, Stieg Larsson encombre son oeuvre de détails qui paraissent souvent inutiles, de dialogues interminables, de descriptions sans intérêt qui m'ont fait frôlé l'indigestion...Autre point qui m'a agacée : il cite de nombreuses marques, cigarettes, ordinateur, voiture, tout y passe...C'est à se demander s'il n'était sponsorisé par ces marques, ce qui donne, c'est vrai, un ton très actuel à ses livres. Ce qui me fait dire aussi que ceux-ci paraîtront très vite démodés. J'avoue que j'ai lu une bonne partie du livre en diagonale, lassée par les explications techniques que je ne comprenais pas. Sûrement une bonne intrigue pour un film ou une série télé, mais, à mon humble avis, pas un bon livre... Je suis peut-être un peu dure, mais je n'accroche pas à 100% au style de Stieg Larsson. Je crois aussi que je ne suis décidément pas très fan de polars...Je lirai quand même certainement la suite pour connaître le sort réservé à Lisbeth, le personnage de loin le plus fascinant de Millenium. Ce serait dommage qu'il disparaisse !

Millenium : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Stieg Larsson, Actes Sud, 652p.

Par Clarinette
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Vendredi 31 octobre 2008
J'ai cédé à la "milléniummania" grâce (ou à cause) à une collègue qui m'a mis le premier tome entre les mains en me disant qu'il fallait absolument que je le lise !
Dans les années 60 sur une île du Nord de la Suède, une jeune fille, Harriet Vanger, a disparu sans laisser aucune trace. Quarante années après, son grand-oncle, Henrik Vanger, embauche Mikaël Blomkvist, journaliste, inculpé pour diffamation  mis sur la touche, pour reprendre l'enquête. Celui-ci va solliciter l'aide de Lisbeth, une drôle de détective...
La première moitié du livre, qui m'a paru laborieuse, est surtout consacrée à la présentation des personnages et l'on s'y perd un peu notamment dans l'arbre généalogique de la famille Vanger ! Le personnage qui m'a paru le plus intéressant est celui de Lisbeth Salander, une jeune femme très futée mais aussi très bizarre. L'action met un certain temps à se mettre en place. Vers la deuxième moitié du livre, des indices apparaissent, l'enquête démarre enfin réellement.
Quant au style, je l'ai trouvé plutôt plat et quelconque parfois simpliste. L'auteur n'a visiblement pas cherché à faire de la grande littérature. La psychologie de ses personnages est plutôt sommaire. Mais l'intrigue est assez prenante pour qu'on ait envie d'en savoir plus.
Stieg Larsson défend au passage une certaine éthique journalistique et dénonce les excès de certains grands patrons de l'industrie...
Un peu déçue par rapport à tout ce qu'on m'en avait dit et au battage qu'il y a eu autour de cette trilogie, je suis restée sur ma faim. J'attends néanmoins de lire la suite dans les deuxième et troisième tomes...

Millenium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson, Actes Sud
Par Clarinette
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Vendredi 25 juillet 2008
Henning Mankell aborde ici un de ses sujets de prédilection : la difficulté de communication entre Blancs et Noirs, entre Européens et immigrés...Les premières pages - la description de l'arrivée de Tea-bag sur la côte espagnole après une traversée de la Méditerranée en barque - sont saisissantes. On passe ensuite directement en Suède où Jesper Humlin devient le personnage principal. Un poète, le Blanc, matérialiste, égocentrique et égoïste, dans toute sa splendeur,  plus intéressé par l'état de ses finances et de sa cote de popularité que par le sort de l'humanité et, qui plus est, lâche. Sa vie bien rangée et confortable va se trouver bouleversée par la rencontre avec trois jeunes émigrées d'origines différentes qui vont l'entraîner dans une tourmente dont il ne sortira pas indemne. D'abord par intérêt, il va tenter d'utiliser leurs histoires respectives parce qu'il pense trouver là matière à écrire un roman qui va lui permettre de renouer avec le succès qui lui fait défaut. Mais les filles se révèlent plus insaississables que prévu. Le roman est placé sous le signe de la difficulté à communiquer. Jesper Humlin est en conflit permanent avec tout son entourage : sa mère, sa fiancée, son éditeur, son médecin, il se heurte à toutes sortes de barrages et à du mal à décoder les messages que Tea-Bag et ses camarades tentent de lui transmettre...Dans ce livre  personne n'écoute personne, chacun parle à un mur. Henning Mankell joue sur le contraste entre les préoccupations futiles du poète et les horreurs vécues par les trois jeunes filles. Cela donne aussi un côté à la fois comique et désespérant à ce roman où l'on frôle parfois l'absurde et l'insolite. Vers la fin toutefois le personnage de Jesper gagne un peu en humanité.  Les passages les plus bouleversants sont les récits des jeunes filles. Henning Mankell a visiblement côtoyé des émigrés clandestins pour écrire son livre. Il s'interroge aussi sur la relation qu'il entretient avec eux : écrire sur eux, est-ce témoigner et les rendre visibles aux yeux du monde ou bien n'est-ce pas simplement leur voler leur histoire ?

extrait : "A compter de cet instant, j'ai couru. J'appliquais la plante de mes pieds contre la terre, fort, comme mon père me l'avait appris, mais je courais sans arrêt. J'avais tellement peur que je ne me suis même pas arrêtée au pied de la colline, là où la route passe devant ta tombe Alemwa. Je crois que personne ne comprends vraiment ce que cela signifie d'être en fuite. Être contraint à un moment donné de se lever, de tout quitter et de courir pour sa vie. Cette nuit-là, quand je suis partie, j'avais la sensation que toutes mes pensées, tous mes souvenirs pendouillaient derrière moi comme un cordon ombilical sanguinolent qui refusait de se rompre alors que j'étais déjà loin du village. Personne ne peut comprendre ces que c'est - à moins d'avoir été soi-même chassé, contraint de fuir des hommes ou des armes, ou des ombres qui menacent de tuer. La terreur nue, on ne peut pas la communiquer, on ne peut pas la décrire. Comment expliquer à quelqu'un l'effet que ça fait de courir droit devant soi, en pleine nuit, pourchassé par la mort la douleur, l'avilissement ?
[...] Pendant tous ces jours et ces nuits où j'ai erré dans Lagos, à moitié morte de faim, j'ai rencontré d'autres gens comme moi,en fuite. A croire qu'on dégageait une odeur spéciale que seuls les autres fugitifs reconnaissaient - on était comme des animaux aveugles qui se repéraient mutuellement, au flair. Tous portaient un rêve, un projet. Les uns avaient décidé de se rendre en Afrique du Sud, les autres voulaient aller vers les villes portuaires du Kenya ou de Tanzanie et, de là tenter la traversée. D'autres encore avaient renoncé. Ils étaient arrivés jusqu'à Lagos et ne pensaient pouvoir aller plus loin. Tous redoutaient les militaires, les jeunes soldats rigolards. Beaucoup avaient en réserve des histoires atroces, quelques-uns s'étaient évadés de prison, le corps et l'âme saccagés."

 
Tea-bag, Henning Mankell, Editions du Seuil,  Collection Points, 343p.

l'avis de Kathel
Par Clarinette
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Mardi 17 octobre 2006
Journaliste désabusé et revenu de tout, Vatanen trouve un jour un lièvre blessé sur le bord d'une route. Il le recueille et décide sur le champ d'abandonner, femme, boulot et toute sa vie d'avant pour partir à l'aventure sur les routes de Finlande. Son périple, au cours duquel il va faire des tas de rencontres bizarres, aussi bien humaines qu'animales,va le mener jusqu'en Laponie et en URSS.

Ecrit dans un style sans prétention, Le lièvre de Vatanen est un joli conte humaniste et écologique qui prône des valeurs telles que la solidarité, l'amitié. Publié en Finlande pour la première fois dans les années 70, il reflète bien l'esprit de cette époque : liberté, refus de l'autorité, non conformisme... On y trouve un peu la même atmosphère que dans Petits suicides entre amis écrit bien plus tard, avec des personnages hauts en couleur, des épouses aigries et grincheuses, des jeunes femmes appétissantes et faciles, des hommes très portés sur l'alcool...Sans doute un reflet de la société finlandaise.

Ce roman manque peut-être un peu de subtilité et la vision de Paasilinna est peut-être un peu simpliste mais Vatanen et son lièvre sont attachants. Je me suis surprise plusieurs fois à me préoccuper du sort du petit animal. Un livre qui donne envie de forêts et de grands espaces, d'attraper son sac à dos pour prendre la route et sortir à son tour des sentiers battus.

premières phrases : "Deux hommes accablés roulaient en voiture. Le soleil couchant agaçait leurs yeux à travers le pare-brise poussiéreux. C'était l'été de la Saint-Jean. Sur la petite route de sable, le paysage finlandais défilait sous le regard las des deux hommes ; aucun d'eux ne prêtait la moindre attention à la beauté du soir.
C'étaient un journaliste et un photographe en en service commandé, deux êtres cyniques, malheureux. Ils approchaient de la quarantaine et les espoirs qu'ils avaient nourris dans leur jeunesst étaient loin, très loin de s'êtrre réalisés. Ils s'étaient mariés, trompés, déçus, et avaient chacun un début d'ulcère à l'estomac et bien d'autres soucis quotidiens.
Ils venaient de se quereller pour savoir s'ils devaient rentrer à Helsinki ou s'il valait mieux passer la nuit à Heinola. depuis ils ne se parlaient plus.
Ils traversaient en crabe la splendeur du soir, la tête rentrée, butés, l'esprit tendu, sans même s'apercevoir de tout ce que leur course avait de misérable. Ils voyageaient blasés, fatigués."

Le lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna, Editions Denoël, 192p.


la critique d'Allie


portrait de Arto Paasilinna


Par Clarinette
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Mercredi 2 août 2006
Polar suédois

Il s'agit là de la première apparition de l'inspecteur Kurt Walander, personnage fétiche de Henning Mankell. Dans une ferme isolée, un couple de vieux paysans a été sauvagement assassiné. Juste avant de mourir la femme prononce le mot "étranger", l'attention se porte alors sur tous les réfugiés des alentours qui deviennent la cible de crimes racistes.
J'aurais bien aimé aimer ce livre, autant que j'avais aimé Comedia Infantil et surtout, Le fils du vent. On m'a dit beaucoup de bien de cet auteur et sa série policière. Mais, si j'ai réussi à aller jusqu'à la fin du roman sans difficulté et disons, sans déplaisir, je me suis un petit peu ennuyée.
En plus de l'enquête en elle même on suit l'inspecteur dans sa vie et ses tracas quotidiens, ses problèmes sentimentaux et familiaux, ses états d'âme... Henning Mankell a voulu semble-t-il humaniser au maximum son personnage et en faire un un homme tout ce qu'il y a de plus ordinaire, l'antithèse d'un héros. Mais j'ai trouvé que cela plombait l'intrigue et en ralentissait le rythme. Ses préoccupations m'ont parues parfois trop banales et terre-à-terre...Ce roman a toutefois le mérite de nous balader dans la Suède profonde loin des clichés que l'on pourrait avoir sur ce pays. Kurt Walander, policier de la vieille école, est déconcerté face aux mutations de son pays confronté à une immigration de plus en plus importante et aux problème de violence et de racisme que cela engendre...
Peut-être étais-je encore sous l'effet de mes deux lectures précédentes, qui, chacune dans son genre, m'ont fortement marquée. Et puis, je suis peut-être passée à côté de quelque chose. Alors, à l'occasion, je donnerai une seconde chance à l'inspecteur Kurt Walander et je me lancerai dans une autre de ses aventures.

premières lignes : "Il a oublié quelque chose, il le sait avec certitude en se réveillant. Il a rêvé de quelque chose au cours de la nuit. Il faut qu'il se souvienne de quelque chose.
Il tente de se rappeler. mais le sommeil ressemble à un trou noir. Un puits qui ne révèle rien de ce qu'il contient.
Je n'ai pourtant pas rêvé des taureaux, se dit-il. Dans ce cas-là, je serais en sueur, comme si j'avais eu pendant la nuit un accès de fièvre se traduisant par des douleurs. Cette nuit, les taureaux m'ont laissé en paix.
Il reste couché dans l'obscurité, sans bouger, et tend l'oreille. La respiration de sa femme est si faible, à côté de lui, qu'il la perçoit à peine.
Un matin, je la retrouverai morte près de moi sans que je m'en sois aperçu, se dit-il. Ou bien l'inverse. Il faudra bien que l'un de nous meure avant l'autre. Un jour, l'aube impliquera que l'un des deux est désormais seul."

Meurtriers sans visage
, Henning Mankell, Editions Seuil, Collection Points, 386p.
Par Clarinette
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Samedi 7 janvier 2006
La période des fêtes n'était pas très propice à la lecture, c'est pourquoi j'ai mis pas mal de temps à venir à bout de ce livre dont je garde une impression mitigée.
C'est l'histoire de Nelio racontée par José Antonio Maria Vaz. Nelio est un petit orphelin dont la famille a été sauvagement  massacrée par des bandits. Au terme d'un long périple, il arrive dans une grande  ville africaine au bord de l'océan Indien. Enfant des rues comme il en existe des millons dans le monde, Nelio est aussi un enfant exceptionnel doté d'une grande sagesse et d'une grande maturité, à l'instar de Daniel dans Le fils du vent. C'est aussi un enfant qui a dû tuer pour survivre.
Dans ce roman, Henning Mankell se fait le porte-parole de ces enfants abandonnés des leurs et la société. Il décrit parfaitement, sans tomber dans le misérabilisme et le pathos, leurs terribles conditions de survie : la misère, la violence, la faim... On comprend que la vraie misère réside plus dans l'absence d'identité, le fait qu'ils sont devenus invisibles au yeux d'un monde qui les ignore.
L'histoire de Nelio m'a bouleversée, c'est un personnage très attachant de même que les enfants qui l'accompagnent. Mais dès qu'on s'écartait de son récit et qu'il s'agissait du narrateur dont on ne sait pas grand'chose et qui, à mon avis est un personnage sans grand intérêt, mon attention s'est relachée et j'ai eu envie de sauter des pages.
On ne peut rester indifférent à ce que Henning Mankell décrit de la vie de ces enfants, rien que pour ça c'est un livre à lire car il en donne une vision très juste.

Premières phrases : "Moi qui porte le nom de Jose Antonio Maria Vaz, j'attends la fin du monde debout sur un toit en terre rouge brûlée par le soleil. La nuit sous le ciel étoilé des Tropiques est suffocante et humide. Je suis sale et fiévreux. Mes vêtements en lambeaux semblent vouloir se détacher de mon corps décharné. J'ai de la farine dans les poches et elle pour moi plus précieuse que l'or. Il ya un an, j'étais encore quelqu'un, j'étais boulanger, alors qu'à présent je ne suis plus personne. Je ne suis plus qu'un mendiant qui passe ses journées à errer sous le soleil brûlant, et ses nuits interminables à attendre sur le toit vide d'une maison."

Comedia Infantil, Henning Mankell, Editions Seuil, Collection Points
Par Clarinette
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Mardi 13 décembre 2005
J'ai tellement été emportée par ce roman que je l'ai lu en deux jours. J'ai été tenue en haleine du début jusqu'à la fin.
L'histoire démarre comme un polar sur la découverte d'un meurtre au fin fond de la Suède en 1878. Puis on remonte le fil pour déboucher sur un conte humaniste.
Pendant les premières pages, le personnage principal est Hans Bengler un  entomologiste suédois qui ne sachant très bien quoi faire de lui-même décide de partir dans le désert de Kalahari en Afrique australe pour y trouver un insecte qui lui permettra de faire fortune. Il tombe sur un jeune Bochiman dont les parents ont été massacrés et décide de l'adopter et de faire son éducation. C'est le petit garçon qui devient ensuite le héros du livre.
Ce roman traite de la grande difficulté de communication entre Blancs et Noirs et en donne une vision plutôt pessimiste. Les Blancs n'en sortent d'ailleurs pas grandis. La plupart sont montré comme des êtres vils, alcooliques, brutaux et égoïstes tandis que le jeune Bochiman incarne la sagesse, la pureté et l'innocence. Une vision peut-être un peu trop manichéenne. Il faut bien sûr se remettre dans le contexte de l'époque où se situe l'histoire.
Ceci dit, cela reste un livre très agréable à lire, bien écrit et au rythme bien soutenu. Je ne me suis pas ennuyée une minute.

premières lignes : "les corneilles se battaient. Elles plongeaient vers la terre détrempée pour reprendre leur envol. Leurs croassements transperçaient le vent. Il pleuvait depuis longtemps en ce mois d'août 1878. La nervosité des corneilles annonçait l'automne  et présageait un hiver long et pénible. L'un des petits fermiers du château de Kägeholm, situé au nord-ouest de Tomelilla, fut troublé par le comportement des oiseaux. Il était habitué aux volées de corneilles, mais cette fois-ci leur réaction était inhabituelle. Tard dans l'après-midi, il longea un fossé rempli d'eau pour essayer de trouver la raison de leur inquiétude. Les corneilles poursuivaient leur va-et-vient, imperturbables. Mais quand il fut tout près, elles se turent et s'éloignèrent en battant des ailes. L'homme qui s'était approché pour comprendre eut l'explication de cette agitation : dispaissant à moitié sous les branchages, le corps d'une fillete gisait là, inanimé."

Le fils du vent, Henning Mankel, Editions Seuil, 329p
Par Clarinette
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Jeudi 29 septembre 2005

Après la poésie mélancolique de Murakami, j’ai été un peu déconcertée par l’humour noir de Paasilinna. Je me suis toutefois vite laissée prendre par ce petit roman caustique et loufoque.

Au fin fond de la Finlande, deux hommes décident chacun de son côté de se suicider. Le hasard fait qu’ils choisissent tous les deux le même moment et la même grange pour mettre fin à leurs jours. Ils se lient d’amitié, remettent leur projet de mort à plus tard et décident d’appeler les suicidaires du pays à se réunir. Un trentaine d’entre eux se retrouve ensuite à sillonner les routes d’Europe à bord d’un car de luxe à la recherche de l’endroit idéal pour un suicide collectif. Nos suicidaires sont alors lancés dans une épopée délirante, source de nombreux gags et quiproquos.

Il ne faut surtout pas s’arrêter au titre, ni au sujet, car ce roman n’a rien de sinistre. Il s’agit plus d’une critique acide de la société finlandaise que d’une étude sur la mort. Arto Paasilinna dresse un portrait grinçant de ses compatriotes et de leurs tares : alcoolisme, dépression violence…Il met en exergue les complexes de ce pays coincé entre la Norvège et la Russie, autrefois tiraillée entre l’ex-URSS et l’Europe occidentale.

Ce livre m’a donné un tout petit aperçu de la Finlande un pays qui m’est totalement inconnu et m’a donné envie d’en découvrir encore plus…

Premières phrases : "Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l'apathie. Une insondable lassitude plane sur ce malheureux peuple et le courbe depuis des milliers d'années sous son joug, forçant son âme à la noirceur et la gravité. Le poids du pessimisme est tel que beaucoup voient dans la mort le seul remède à leur angoisse. Le spleen est un adversaire plus impitoyable que l'Union soviétique.
Mais les Finlandais sont une nation de guerriers. Ils ne capitulent pas. Ils se rebellent, encore et toujours contre la tyrannie."


Petits suicides entre amis, Arto Paasilinna, Edition Denoël, Collection Folio, 292p.

Par Clarinette
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Je lis...

 
Pourquoi j'ai mangé mon père
Roy Lewis

J'ai lu...

A

ABE Kôbô, La femme des sables
ABOUET Marguerite, Aya de Yopougon (BD)
ALGOUD Albert, L'intégrale des jurons du capitaine Haddock
ANGOT Christine, Pourquoi le Brésil ?
AUSTER Paul, L'invention de la solitude
AUSTER Paul, Léviathan

B

BACHMAN Richard, Marche ou crève
BADHWAR Inderjit, La chambre des parfums
BANKS Russell, American darling
BENAQUISTA Tonino, Quelqu'un d'autre
BEN SADOUN Florence, La fausse veuve
BESSON Philippe, L'arrière-saison
BESSON Philippe, L'enfant d'octobre
BLONDEL Jean-Philippe, Accès direct à la plage
BOYD William,Brazzaville Plage

C

CAPOTE Truman, De sang froid
CAPOTE Truman, La traversée del'été
CARRERE Emmanuel, L'adversaire
CARRERE Emmanuel, La classe de neige
CARRERE Emmanuel, La moustache
CARRERE Emmanuel, Un roman russe
CHI Li Soleil Levant
Claudel Philippe, Les âmes grises

D

DE ROSNAY Tatiana, Spirales
DONGALA Emmanuel B. Les petits garçons naissent aussi des étoiles
DUBOIS Jean-Paul, Une vie française
Dubois Jean-Paul, Hommes entre eux
Duong Thu Huong, Terre des oublis

E

EMECHETA Buchi, Citoyen de seconde zone
ERNAUX Annie
EVERETT Percival, Désert américain

F

FAYE Eric, Le syndicat des pauvres types
FARGUES Nicolas, J'étais derrière toi
FARGUES Nicolas, Rade Terminus

G

GAUDE Laurent, La mort du roi Tsongor
GARCIA MARQUEZ Gabriel, Cent ans de solitude
GAVALDA Anna, Ensemble, c'est tout

H

HAMPATE BA Amadou, Amkoullel, l'enfant Peul
HIGHSMITH Patricia
HIRAIDE Takashi, Le chat qui venait du ciel
HOLDER Eric, La baïne
HOSSEINI Khaled, Les cerfs-volants de Kaboul
HOUELLEBECQ Michel

I

IRVING John, Je te retrouverai
IRVING John, Un mariage poids moyen
ISHIGURO Kazuo, Auprès de moi toujours
ISHIGURO Kazuo, Lumière pâle sur les collines

J

JAUFFRET Régis

K

KASISCHKE Laura, A Suspicious River
KASICHKE Laura, Un oiseau blanc dans le blizzard
KAWABATA Yasunari, Pays de neige
KENNEDY Douglas, Cul-de-sac
KENNEDY Douglas, Rien ne va  plus
KHADRA Yasmina, L'attentat
KORBJITTI Chart, La chute de Fak
KOUROUMA Ahmadou, Le soleil des indépendances
KOUROUMA Ahmadou, Allah n'est pas obligé

L

LARCENET Manu, Le combat ordinaire (BD)
LARSSON Stieg, Milenium I : les hommes qui n'aimaient pas les femmes
LARSSON Stieg, Millenium II : la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
LEE Harper, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
LEIGH Julia, Ailleurs

M

MAC CARTHY Cormac, La route
MAC CORMACK Eric, L'épouse hollandaise
MANKELL Henning, Comedia infantil
MANKELL Henning, Le fils du vent
MANKELL Henning, Meurtriers sans visage
MANKELL Henning, Tea-Bag
MIANO Léonora, Contours du jours qui vient
MIANO Léonora, L'intérieur de la nuit
MIURA Kiyohiro, Je veux devenir moine zen

MOGGACH Deborah, Ces petites choses
MURAKAMI Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil
MURAKAMI Haruki, Chroniques de l'oiseau à ressort
MURAKAMI Haruki, Danse, danse, danse
MURAKAMI Haruki, La course au mouton sauvage
MURAKAMI Haruki, La ballade de l'impossible
MURAKAMI Haruki, La fin des temps
MURAKAMI Haruki, Les amants du Spoutnik
MURAKAMI Haruki, Kafka sur le rivage

N

NGOZI ADICHIE Chimananda, L'hibiscus pourpre
NOTHOMB Amélie, Biographie de la faim

O

OATES Joyce Carol, Les chutes
OGAWA Yôkô, La formule préférée du professeur
OGAWA Yôkô, La petite pièce hexagonale
OGAWA Yôkô, L'annulaire
OGAWA Yôkô, Le musée du silence
O'FAOLAIN Nuala, On s'est déjà vu quelque part ?
O'FAOLAIN Nuala, Chimères
OVALDE Véronique, Et mon coeur transparent

P

PAASILINNA Arto, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
PAASILINNA Arto, Le lièvre de Vatanen
PAASILINNA Arto, Petits suicides entre amis
PESSL Marisha, La physique des catastrophes
PETILLON, L'affaire du voile (BD)
PINGEOT Mazarine, Le cimetière des poupées

R

RENDELL Ruth,L'analphabète
RIVIERE François, Un long et meveilleux suicide
ROTH Philip, La tache
ROY Arundhati, Le dieu des petits riens
RUFFIN Jean-Philippe, Rouge Brésil
RUIZ ZAFON Carlos, L'ombre du vent
RUSSO Richard, Le déclin de l'empire Whiting
RYU Murakami,Les bébés de la consigne automatique

S

SATRAPI Marjane, Persepolis (BD)
SCHUITEN François, La tour (BD)
SEMPE-GOSCINY, Le petit Nicolas
SI JE Dai, Le complexe de Di


T

TOURNIER Michel, Le roi des Aulnes

U

UDALL Brady, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

V

VARGAS Fred, Pars vite et reviens tard

Y

YOSHIMOTO Banana, Kitchen
YOSHIMURA Akira, La jeune fille suppliciée sur une étagère

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